De la Rationalité

La rationalité est la grande conquête de la modernité.

Avant les Lumières, nous disent les manuels, point de salut.

 L’Humanité était plongée dans les ténèbres de l’ignorance et de la superstition.

Par les travaux de philosophes et via l’action de groupes influents et organisés comme les Francs-Maçons, la Raison est devenue, à partir du XVIIIème siècle, la pierre angulaire de l’ordre social, économique et politique moderne et la société née de la Révolution Française, sa vitrine.

Face au poids des dogmes et aux excès de l’Ancien Régime, il est tout à fait logique que la Raison soit apparue à l’époque comme un progrès et il s’agissait là sans doute d’une étape nécessaire dans l’évolution de la pensée humaine.

Néanmoins, grâce aux progrès de la science, notamment dans les domaines de la psychologie, de la neurologie et de la biologie évolutive, nous savons désormais que c’est une grave erreur que de compter uniquement sur la Raison et de rejeter avec mépris des croyances et des comportements en apparence irrationnels.

En effet, comme l’a expliqué Nassim Nicholas Taleb en s’appuyant sur les travaux de Herb Simon, Gerd Gigerenzer et Ken Binmore, l’être humain possède une rationalité dite limitée (bounded rationality). Contrairement à un ordinateur, un individu ne peut pas tout mesurer et tout analyser. Par conséquent, sous l’effet de la pression évolutive, l’être humain a dû trouver des solutions cognitives sous la forme de raccourcis mentaux et de distorsions pour prendre des décisions de manière rapide et efficace.

De leur côté, les psychologues Daniel Kahneman et Amos Tversky, prix “Nobel” d’économie,  sont arrivés à des conclusions similaires dans leurs travaux sur la rationalité et les heuristiques. Selon eux, le cerveau humain est gouverné par deux systèmes : le Système 1,  intuitif et émotionnel permettant la prise de décision rapide et le Système 2, logique et analytique mais plus lent à fournir des résultats. Les deux systèmes ont évolué en parallèle pour répondre le plus efficacement possible à la nécessité d’une prise de décision, chacun d’entre eux possédant ses forces mais aussi ses faiblesses sous la forme de biais cognitifs.

Ces découvertes nous invitent donc à relativiser l’importance considérable donnée dans le monde moderne au système 2 que nous appelons non sans orgueil, la Rationalité.

Comme l’a magistralement expliqué Taleb, nous sommes en réalité bien en peine d’expliquer ce que constitue véritablement la rationalité et de définir de façon rigoureuse ce qui est rationnel par rapport à ce qui ne l’est pas. En effet, certains comportements, croyances ou superstitions semblent être irrationnels jusqu’au moment où nous découvrons qu’ils possèdent une véritable raison d’être et permettent la prise en compte d’externalités, négatives ou positives, qui échappent totalement à l’analyse rationnelle.

C’est le cas par exemple d’une superstition de Nouvelle-Guinée qui interdit de s’endormir au pied d’un arbre. En réalité, cette superstition protège les papous du danger de se faire écraser par un arbre mort pendant leur sommeil, véritable risque dans cet environnement.

Il en va de même pour les interdits alimentaires religieux comme le casher ou le halal. En apparence absurdes et irrationnels, ces pratiques permettent de renforcer l’identité du groupe, de souder ce dernier autour de pratiques et de rituels communs et donc de renforcer la confiance et la coopération entre ses membres, conditions essentielles à la survie de la communauté et à son succès.

En appliquant cette grille de lecture, la religion et les dogmes, de même que certaines croyances et superstitions populaires, se révèlent comme tout sauf irrationnels car ils permettent, via le Système 1, de palier aux limites de notre rationalité limitée et révèlent souvent leur véritable raison d’être qu’après un long et complexe processus d’analyse.

Cette idée a conduit Taleb à proposer une définition capitale de la rationalité et à formuler l’une des idées le plus importantes de notre siècle :

« Juger les gens sur leurs croyances n’est pas scientifique »

« La « rationalité d’une croyance ne compte pas, seule compte la rationalité d’une action »

« La rationalité d’une action ne peut être jugée que d’un point de vue évolutif »

Pour dire les choses autrement :

  1. Il faut juger les gens non pas sur ce qu’ils pensent ou sur ce qu’ils disent mais sur leurs actions car elles seules révèlent leurs véritables préférences
  2. Doit être considéré comme rationnel tout ce qui permet la survie et irrationnel tout ce qui nuit à cette dernière

Pour terminer :

« Il ne faut jamais évaluer les croyances par rapport à d’autres croyances mais par rapport à la survie des groupes qui les adoptent » 

C’est donc à l’aune de ce critère que nous devons évaluer la croyance moderne en la rationalité.

Au nom de la rationalité, nous avons détruit la religion.

En faisant cela, nous avons détruit un référentiel culturel commun, des valeurs et des principes testés par des millénaires de vie en société et un cadre moral et éthique qui structurait l’ensemble de la vie humaine. Sans ce cadre mental collectif, la vie en société n’est plus possible et les individus se retrouvent isolés, atomisés et menacés par l’anarchie, sans parler du fait que le vide laissé par la religion chrétienne risque aujourd’hui d’être rempli par une religion qui, elle, refuse radicalement la modernité, l’islam.

Au nom de la rationalité, nous avons chassé les rois de leurs trônes pour fonder un système sur le contrat social entre des individus théoriquement libres et rationnels.

En faisant cela, nous avons permis la manipulation de l’opinion publique par les médias de masse, garanti le gouvernement à court terme au gré des rapports de force électoraux et confié le pouvoir à une caste de technocrates protégés des conséquences de leurs erreurs et par conséquent suscité un rejet et une défiance sans précédent vis-à-vis de la chose publique.

Au nom de la rationalité, nous avons créé une organisation économique d’une redoutable efficacité assurant aux êtres humains un niveau de confort sans précédent dans l’histoire.

En faisant cela, nous avons permis la concentration de la richesse entre les mains d’une élite apatride ; nous avons fait disparaître un grand nombre de savoir-faire et vidé le travail de son sens ; nous avons épuisé les ressources naturelles de la planète, dégradé et détruit un ensemble considérables d’écosystèmes naturels et entraîné une augmentation de la population telle qu’elle menace à moyen terme la survie de l’espèce.

Enfin, au nom de la rationalité, nous avons chassé Dieu de l’esprit des hommes.

En faisant cela, nous avons fait de l’Homme et ses caprices la mesure de toute chose ; nous nous sommes privés de la seule limite capable de poser une borne à nos passions et à notre violence et surtout nous avons privé la Nature et le Vivant de leur caractère inviolable et sacré.

En réalité, après plus de deux cent ans, nous ne pouvons que constater que le règne sans partage de la rationalité a été un désastre complet et que ceux qui aujourd’hui encore élèvent des temples à la déesse Raison sont en réalité en train de construire le tombeau de l’espèce humaine.

Face à ce désastre, tout l’enjeu philosophique et spirituel du XXIème siècle est, dans un premier temps, de limiter les dégâts considérables causés par la fausse rationalité et dans un deuxième temps, de préserver les réels acquis de la science et l’intelligence analytique tout en réintroduisant l’idée de Dieu et de la croyance, là où il est  désormais vital de le faire afin de réconcilier les deux formes formes de pensée nécessaires à la survie que sont la logique et l’intuition, le Système 1 et le Système 2.

Si l’Occident échoue dans cette tâche, il connaîtra un retour au plus terrible des obscurantismes, un monde barbare et brutal où il n‘y aura plus de place ni pour la pitié, ni pour la nuance.

Pour aller plus loin:

The Master and his emissary, Ian McGilchrist

Money, Gods and Taboos : resacralizing the commons (Ugo Bardi)

The Haunted Mind: The Stubborn Persistence of the Supernatural (Bo & Ben Winegard)

The Master and his Emissary (livre)

Nietzche raconte l’histoire suivante[1] :

“Il était une fois un maître aussi puissant que sage qui gouvernait une province modeste mais florissante. Avec le temps et suite à sa bonne gestion, son peuple se mit à prospérer et son domaine à s’étendre, imposant au maître de s’en remettre de plus en plus à des émissaires pour faire connaître ses ordres et sa volonté dans les provinces de plus en plus lointaines de son domaine. Or, le plus brillant et le plus ambitieux de ses émissaires, le grand vizir, celui dans lequel le maître avait placé toute sa confiance, finit par se considérer comme le véritable maître, à voir la tempérance et la modération de ce dernier comme de la faiblesse et enfin à utiliser sa position pour accroître sa propre fortune et son influence. Ainsi, le maître fut trahi par son émissaire, le peuple dupé et le royaume autrefois si prospère finit par subir le joug de la tyrannie avant de s’effondrer.”

Pour Iain McGilchrist, psychiatre britannique diplômé d’Oxford, le maître représente l’hémisphère droit de notre cerveau ; l’émissaire, le gauche et cette parabole représente l’évolution de la relation entre ces deux parties au cours de l’histoire de l’Occident.  

Dans son livre, « Le Maître et son émissaire »,  somme de plus de vingt années de recherche en psychiatrie, en philosophie et en neurobiologie, McGilchrist a choisi de s’intéresser à la question de l’asymétrie cérébrale et de la latéralisation, un sujet trop souvent réduit à des clichés du type « le cerveau gauche est masculin, le cerveau droit féminin » ou «le cerveau gauche représente la raison, le cerveau droit l’intuition ».

Ce que montre en premier lieu McGilchrist, c’est que notre approche du fonctionnement du cerveau a longtemps été dominée par la question « que font  les hémisphères ? » (what they do) plutôt que : « comment le font-ils? » (How they do it). Cette nouvelle approche du fonctionnement cérébral a permis de révéler que nos deux hémisphères fonctionnent à la fois dans une logique complémentaire mais également antagoniste : l’hémisphère gauche, majoritairement chargé du verbal et de l’analytique, cherche à se concentrer sur la partie tandis que l’hémisphère droit cherche à voir le tout, à remettre les éléments dans leur contexte et à se concentrer principalement sur ce qui est autre (Other), hors de nous, nous permettant notamment l’empathie et l’imitation ( les psychopathes, incapables , entre autres, de ressentir les remords se caractérisent par un défaut dans le fonctionnement de leur cortex préfrontal droit).

Dans la première partie d’un livre, McGilchrist propose un état de l’art des connaissances sur le fonctionnement des deux hémisphères. Il s’attache notamment à montrer comment les tâches sont distribuées entre ces derniers et comment dans certains cas, chaque hémisphère sert à neutraliser l’autre pour éviter la domination d’un seul mode de fonctionnement et maintenir ainsi l’équilibre du système. Rompant avec la vision traditionnelle qui présentait l’hémisphère gauche comme l’hémisphère dominant, l’auteur montre qu’il s’agit là justement d’une pensée marquée par l’influence d’un hémisphère gauche refusant de se soumettre à la médiation de l’hémisphère droit !

En réalité, la fonction première de l’hémisphère gauche consiste à collecter de l’information précise, circonstanciée, parcellaire  qui se trouve ensuite recontextualisée par l’hémisphère droit pour fournir une vision d’ensemble. Malheureusement pour ce dernier, l’hémisphère gauche est le seul capable de parole et de se justifier « logiquement » ce qui peut le conduire, comme l’émissaire de la fable, à croire qu’il possède toute l’information nécessaire pour gérer le royaume et à ce titre, à se détacher de plus en plus de l’influence de l’hémisphère droit, le véritable maître car seule capable de replacer l’information fournie par l’hémisphère gauche dans un contexte plus large.

Dans la deuxième partie, plus spéculative mais aussi plus accessible pour un profane, Iain McGilchrist s’engage dans une vertigineuse remise en perspective historique à partir des premiers âges de l’Humanité jusqu’à la période moderne dans laquelle il cherche à montrer que l’histoire de l’Occident est, avec une accélération lors de certaines périodes bien particulières, l’histoire d’une domination progressive de l’hémisphère gauche, l’émissaire, sur le maître, l’hémisphère droit.

Pour McGilchrist, une véritable rupture s’est produite aux alentours du VIème siècle avant Jésus Christ manifestée par le début de la philosophie, de la logique, de l’évolution du langage  et de l’alphabet ainsi que des premiers systèmes monétaires. Cette évolution franchira un nouveau cap avec la pensée de  Socrate et Platon, ces derniers rejetant les mythes et l’expérience issue des sens (l’hémisphère droit) pour valoriser les formes abstraites et la logique du raisonnement (l’hémisphère gauche).

L’analyse de McGilchrist rejoint ici la critique de Nietzche qui considérait Socrate comme la pire chose jamais arrivée à la pensée occidentale car l’ayant conduite à s’éloigner des forces primitives et vitales du dionysiaque pour se concentrer sur les formes abstraites et dévitalisées de l’apollinien.

Une fois ce processus enclenché, notre cerveau serait entré dans une boucle de renforcement néfaste pour le cerveau droit : le langage, la pensée analytique et la logique créent un monde, des sociétés et des cultures de plus en plus dominés par le mode de fonctionnement de l’hémisphère gauche (administrations, lois, primat de l’écrit sur l’oral, de la raison sur le mythe) tandis que les modes de pensée issus du cerveau droit sont de plus en plus associées, au pire, à des formes de maladies mentales (voix, vision) et au mieux ne sont plus considérées comme des modes de fonctionnement « valables » (intuitions, instincts, traditions, coutumes).

Pour McGilchrist, l’hémisphère gauche crée ainsi un monde virtuel de miroirs autoréflexifs où toutes les issues vers une réalité pouvant être comprise par l’hémisphère droit se trouvent désormais bouchées. De tout temps, l’art, la religion et le monde naturel ont été des chemins que notre pensée pouvait emprunter pour échapper à la domination de l’hémisphère gauche mais le monde moderne nous  barre de de plus en plus l’accès à ces issues de secours, contribuant ainsi à la domination sans partage de cet hémisphère. Commencée à l’époque antique, cette évolution s’est poursuivie avec la Réforme et les Lumières pour arriver à sa phase terminale dans la période post-moderne.  

Encore tolérée de nos jours chez les artistes et les poètes, la pensée issue du cerveau droit n’est désormais plus acceptée chez les scientifiques (voir l’emblématique affaire Raoult et son exigence de « preuves »), dans le monde du travail [2] et encore moins chez les responsables politiques. Imagine-t-on aujourd’hui le peuple accepter un dirigeant qui redescendrait d’une montagne avec des commandements qu’il aurait reçu d’un buisson ardent ou fixant une stratégie qui lui serait venu dans un rêve comme l’empereur Constantin la veille de la bataille du pont Milvius?

D’après McGilChrist, l’effondrement actuel de la civilisation occidentale s’explique en grande partie par la domination totale dans tous les domaines des processus mentaux issus de l’hémisphère gauche au détriment de ceux issus de l’hémisphère droit. A ce titre, il est intéressant de noter que les groupes humains qui, à l’instar des sociétés asiatiques, ont su conserver, un meilleur équilibre entre l’hémisphère gauche et l’hémisphère droit, notamment en conservant culturellement leurs traditions, leurs croyances et leurs rituels semblent être parvenus à ne pas s’échouer sur les écueils du monde moderne et à trouver, pour reprendre un lieu commun sur le Japon, un équilibre entre « tradition et modernité ».

Un autre visionnaire, le dissident russe Alexandre Soljenitsyne, avait lui aussi perçu le danger mortel que courrait une civilisation dominée  uniquement par l’hémisphère gauche. Dans son célèbre discours de  Harvard prononcé en 1978, il dénonçait déjà une vie gouvernée par l’individualisme, le matérialisme et tissé par le seul fil des relations légales tout en nous invitant à nous détacher des « principes fossilisés des Lumières » pour prendre le seul chemin capable de nous sauver, celui nous permettant de préserver notre intégrité spirituelle.

Comme tant de prophètes avant lui, il nous enjoignait, sans le savoir, à nous détacher de l’influence tyrannique de notre cerveau gauche pour redonner le pouvoir à notre cerveau droit : obéir de nouveau à notre véritable maître et non à son simple émissaire.

Pour aller plus loin : mon essai sur la Rationalité

NB : Cet essai ne fait pas partie du recueil l’Homme et la Cité


[1] A noter que ni l’auteur, ni ses lecteurs ne sont parvenus à retrouver cette parabole dans l’œuvre de Nietzsche…

[2] Doug Engelbart, l’un des pères de l’informatique moderne, inventeur de la souris et des premières interfaces graphiques faisait régulièrement prendre du LSD à ses équipes d’ingénieurs pour libérer leur créativité.

De l’Égalité

Toute époque possède son nœud gordien politique qu’elle doit finir par trancher.

AU XVIIIème siècle, ce nœud était celui des privilèges.

AU XXIème siècle, ce nœud est celui de l’égalité.

La République Française, fruit d’une anthropologie spécifique et de l’universalisme chrétien,  s’est construite sur ses deux propositions mutuellement exclusives et antagonistes que sont la liberté et l’égalité . En effet, la liberté détruit l’égalité sociale et l’égalité, pour être pleinement atteinte, doit détruire la liberté.

Aujourd’hui, la tension née de ce défaut de conception de la République Française a atteint son paroxysme. Pour sauver la France du désastre et apporter des solutions aux maux qui l’accablent, le nœud gordien de l’égalité doit donc être résolument tranché.

Sur le plan démographique le peuple français ne pourra pas être sauvé du péril du Grand Remplacement tant que la République s’obstinera à ne pas voir de différence  entre les français de souche et les français de papier, entre les étrangers pleinement assimilés et ceux à peine intégrés.

Sur le plan politique, rien ne pourra être résolu tant que la pleine jouissance des droits politiques  se trouvera garantie uniquement par la naissance et non par un engagement citoyen concret, civil ou militaire, et une participation effective à la construction du bien commun.

Sur le plan social, rien ne pourra être résolu tant qu’il ne sera pas admis que tout pays doit être dirigé par une élite et que l’appartenance à cette dernière doit être fondée non pas sur la naissance, l’argent ou le diplôme mais sur le courage, la volonté de servir et l’acceptation, jusqu’au sacrifice suprême, d’assumer son risque et de faire toujours passer l’intérêt général avant l’intérêt particulier.  

Sur le plan sociétal, rien ne pourra être résolu tant que les rapports homme/femme ne seront pas vus sous l’angle de la complémentarité plutôt que de la stricte égalité et qu’en conséquence, l’obligation absurde de la parité ne sera pas abolie. De même, rien ne pourra être résolu tant qu’il ne sera pas admis que toute société doit fixer une norme  et qu’elle a pour devoir de défendre vigoureusement le respect de cette norme dans l’espace public tout en laissant à chacun la liberté d’agir à sa guise, dans les limites de la loi, dans la sphère privée.  

Sur le plan éducatif, rien ne pourra être résolu tant que ne sera pas rétablie l’inégalité fondamentale entre le maître et l’élève,  de même que rien ne pourra être résolu tant qu’il ne sera pas admis que seuls 10% de la population possède les capacités cognitives pour atteindre le niveau réel de l’enseignement supérieur et qu’il est donc absurde de chercher à « démocratiser » ce dernier.

Sur le plan économique, rien ne pourra être résolu tant que les lois, les règles, les normes seront les mêmes pour les petites entreprises que pour les grosses et tant qu’il ne sera pas possible de privilégier à nouveau l’emploi et la production nationale par rapport aux biens et services produits à l’étranger.

Sur le plan de la justice, rien ne pourra être résolu tant que ne sera pas rétablie l’inégalité fondamentale entre la victime et le coupable et tant que notre droit n’intégrera pas des dispositions spéciales pour les 20% de criminels qui sont responsables d’environ 80% des crimes.

Sur le plan spirituel, rien ne pourra être résolu tant que ne sera pas restaurée l’inégalité fondamentale entre ce qui est sacré et ce qui est profane et tant que la tolérance religieuse s’appliquera à des religions et des doctrines qui ont à terme pour objectif la destruction et la soumission des communautés où elles cherchent à s’implanter.  

De manière générale, rien ne pourra être résolu tant que ne sera pas réintroduite l’inégalité politique fondatrice de tout groupe humain qui distingue ceux qui appartiennent à la communauté (Nous) et ceux qui se trouvent ou se sont placés en dehors de cette dernière (les Autres).

Enfin, rien ne sera résolu tant que notre pensée politique persistera à voir l’Homme et non pas les hommes et à se soucier de leurs droits plutôt que de leurs devoirs.

Tous ceux attachés à sortir la France de l’abîme dans lequel elle est en train de plonger doivent comprendre que la notion d’égalité constitue le verrou politique, psychologique et philosophique qu’il est nécessaire de faire sauter.  

Depuis plus de deux siècles, au mépris des lois fondamentales du vivant que sont la sélection, l’inégalité et les hiérarchies, une minorité d’idéologues organisés, intransigeants et  possédés par le démon de l’hubris, s’est convaincu que le devoir de l’Homme était de corriger la Nature et qu’ignorer les lois fondamentales du vivant constituait un progrès.

Partout où leurs idées ont pu prendre racine, ces dangereux tyrans ont trompé le peuple et imposé leur religion funeste de l’égalité.

Partout où de légitimes résistances à ce projet se sont manifestés, elles ont été écrasées.

Partout où ce projet totalitaire a été pleinement réalisé, il n’a débouché que sur un désastre.

Aujourd’hui, l’égalité républicaine menace la survie de la France.

Sauver notre patrie nous impose donc de de combattre sous toutes ses formes le totalitarisme égalitaire et de retrouver notre liberté de discriminer, c’est-à-dire de faire des choix.

Richelieu disait que la politique était l’art de rendre possible le nécessaire.

Pour garantir la liberté, il est nécessaire d’en finir avec l’égalité.  

De l’effet Lindy

L’effet Lindy est une théorie selon laquelle l’espérance de vie future d’éléments non-périssables tels qu’une technologie, une idée ou une œuvre est proportionnelle à leur âge actuel ou, pour dire les choses plus simplement, : si quelque chose a réussi à survivre pendant de nombreuses années, vous pouvez vous attendre à ce que cette même chose parvienne encore à survivre pendant une durée encore plus importante.

La première mention de l’effet Lindy  se trouve dans un article que Robert Goldman rédigea en 1964 pour le journal The New Republic. Dans ce dernier, intitulé « la loi du Lindy », Goldman racontait comment  les  humoristes de New-York se retrouvaient au restaurant le Lindy où ils se livraient à des analyses leur permettant de prévoir leurs chances de se maintenir à l’antenne ou à l’affiche.

En 1982, le mathématicien Benoit Mandelbrot affina le concept en montrant que mathématiquement plus un humoriste apparaissait à l’écran  plus il augmentait ses chances d’y apparaître à nouveau à l’avenir ou, pour dire les choses autrement, comment l’espérance de vie future de certaines choses est proportionnelle à leur passé.

Au cours des années 2000, le philosophe et mathématicien Nassim Nicholas Taleb développa encore davantage cette idée dans deux livres : « Le Cygne Noir » et « Antifragile ». L’apport de Taleb fut, entre autre, de montrer que l’effet Lindy fonctionne à la fois comme un processus de vieillissement inversé, chaque année qui passe sans qu’il y ait extinction du phénomène double son espérance de vie additionnelle, mais aussi d’expliquer que l’effet Lindy permet de mesurer la robustesse d’un phénomène voire son antifragilité (les chocs et les crises le renforcent).

Comme l’explique Taleb : « Si un livre continue d’être imprimé quarante ans après sa sortie, on peut s’attendre à ce qu’il soit encore imprimé quarante ans plus tard. Mais s’il est encore imprimé dix ans après cela, on peut s’attendre à ce qu’il soit encore imprimé dans cinquante ans. Cette simple règle vous permet de comprendre pourquoi les choses qui existent depuis longtemps ne vieillissent pas comme des personnes mais qu’elles bénéficient au contraire du passage du temps. »

Sur les plans philosophiques et politiques, l’effet Lindy nous invite donc à considérer tout ce qui se présente comme un progrès ou une nouveauté avec scepticisme, non pas par pure hostilité mais tout simplement parce qui a survécu au passage du temps et bénéficié de l’effet Lindy est par essence plus robuste, voire antifragile, que tout ce qui est nouveau.

Aujourd’hui, l’un des problèmes majeurs de nos sociétés est que ces dernières méconnaissent et rejettent l’effet Lindy pour embrasser avec ferveur un grand nombre d’idées ou de comportements qui n’ont pas été testées par le temps et dont les externalités, les effets secondaires, ne sont pas connues.

Pour certains phénomènes de fond, la présence ou non de l’effet Lindy doit se compter non pas en années mais en siècles. Par exemple, une religion comme le christianisme ou un système politique comme la monarchie existent depuis plus de 2000 ans, ils peuvent donc être considérés comme Lindy et il existe donc une très forte probabilité que ces derniers existent encore d’ici 2000 ans. A l’inverse, il est encore trop tôt pour se prononcer sur la viabilité à long terme de la République Française, vieille de seulement  250 ans et à plus forte raison encore de l’athéisme dont la généralisation date d’il y a à peine 50 ans.

Dans un monde de « progrès », il  est donc très intéressant d’appliquer la grille de l’effet Lindy aux idées, aux technologies et aux systèmes qui nous entourent

Ce qui est Lindy : la sagesse classique  (stoïcisme, Homère, Montaigne), la religion  (monothéisme et polythéisme), la monarchie, les systèmes familiaux traditionnels, les petites villes et villages, tout ce qui a été construit avant 1945, l’agriculture et l’artisanat, les identités régionales, les livres, l’or.  

Ce qui n’est pas Lindy : le relativisme, l’athéisme, l’individualisme,  la démocratie parlementaire, les grandes métropoles, tout ce qui a été construit après 1945, l’économie numérique, l’universalisme, l’Union Européenne, les smartphones, la monnaie fiduciaire.

En règle générale, pour construire et préparer l’avenir, mieux vaut s’appuyer sur ce qui est Lindy que sur ce qui ne l’est pas. 

Des indicateurs économiques

Une des plus grandes perversions intellectuelles de notre époque est l’utilisation d’indicateurs et de méthodes en apparence scientifiques pour recouvrir d’un vernis de crédibilité les mensonges, les manipulations et les dogmes. Cette pratique systématiquement utilisée par les dirigeants politiques et les médias a pour conséquence désastreuse de fausser entièrement le rapport au réel, de susciter une méfiance envers la science en général et de contribuer à mettre dans le même sac les véritables experts et les charlatans.

Aucun domaine de la connaissance n’est épargné par ce phénomène mais à cause du rôle central qu’elle occupe dans nos sociétés contemporaines, la science économique est en une des principales victimes.

Disons les choses clairement : à peu près tous les indicateurs et tous les discours médiatiques sur l’économie sont totalement bidons.

Démonstration :

  • Le chômage

En France, le nombre de chômeurs se situe officiellement autour de 6 millions de personnes.

Ce chiffre n’intègre que les catégories A, B et C de demandeurs d’emplois.

En ajoutant les catégories D et E, les personnes inscrites au chômage mais qui ne cherchent pas d’emploi, on peut rajouter 600 000 chômeurs en plus. A noter que sur un an, la catégorie D, celle des personnes inscrites mais non tenues de chercher un emploi, a connu à elle seule une augmentation de 13.5%.  La même technique est employée aux Etats-Unis où, derrière le faible taux de chômage, se cache le fait que plus de 95 millions de personnes sont sorties de la population active et ne recherchent même plus d’emploi.

Enfin, le  taux de chômage est loin d’être une mesure pertinente car comme disait Coluche, « les gens ne veulent pas de travail, de l’argent leur suffirait » autrement dit, les emplois créés permettent-ils à ceux qui les occupent de vivre de façon décente ?

La réponse est non.  Les faibles de taux de chômage de l’Allemagne, de l’Angleterre et des Etats-Unis  s’expliquent en partie par des réformes qui ont conduit à la multiplication de mini-jobs payés l’équivalent de 3 ou 4€ de l’heure. La France, elle, a fait le choix de la dépense publique et d’un taux de chômage élevé pour éviter la paupérisation et l’explosion sociale mais même dans ce contexte, le salaire médian ne permet plus d’habiter dans les métropoles et d’élever une famille de deux enfants et le nombre de personnes touchées par le halo du chômage (proche du chômage sans y tomber) ne cesse d’augmenter.

Par ailleurs, il existe une tendance grandissante à la multiplication des missions couvertes par un intitulé de poste donné ou pour dire les choses autrement, un seul salarié réalise désormais des tâches qui occupaient autrefois deux ou trois personnes.

En réalité, dans toutes les économies développées, la situation de l’emploi est absolument désastreuse et les salaires réels, en plus d’être insuffisants, sont largement grignotés par l’inflation.

  • L’inflation

Un des principaux objectifs des banques centrales comme la BCE est de lutter contre l’inflation. Sur le papier, il s’agit d’un immense succès car l’inflation se trouve officiellement stabilisée autour de 1%.

En réalité, celle-ci est bien plus forte et grignote chaque année le pouvoir d’achat des ménages.

Certes, le prix de certains biens de consommation, essentiellement technologiques, diminue mais le prix de toutes les dépenses essentielles augmente : essence, électricité, gaz sans parler du poste le plus important, le logement. En l’espace de trente ans, le prix de l’immobilier en France a plus que doublé sans que les salaires n’en fassent autant. Sur ce point, il existe un véritable fossé entre ceux qui, déjà propriétaires, ont vu la valeur de leurs actifs augmenter de façon spectaculaire et ceux qui doivent débourser deux fois plus pour acquérir le même type de bien. Enfin, l’inflation prend une forme beaucoup plus insidieuse et très mal mesurée : la réduction de la qualité et de la quantité des biens et des services. Sous l’effet de la contraction économique, les opérateurs réduisent année après année certaines prestations qui allaient auparavant de soi comme par exemple, la présence de personnel au guichet dans les banques ou au comptoir des compagnies aériennes. Dans le même temps, de nombreux produits ont connu une réduction de leur quantité (bouteilles de 1.5l qui passent à 1l) ou de leur qualité (baisse de la teneur en cacao par exemple) soit pour préserver les marges des fabricants, soit à cause de l’augmentation du coût de certaines matières premières.

  • La croissance

Dans un précédent article, j’ai expliqué comment la contraction énergétique via la chute du Taux de Rendement Energétique (TRE) condamnait depuis les années 70 les économies à une contraction économique et à une croissance faible. Aujourd’hui, il est nécessaire de comprendre que la croissance de toutes les économies, y compris celle de la Chine, n’est rendue possible qu’à travers des manipulations comptables et l’émission d’une quantité titanesque de dettes, 188 trilliards à l’échelle mondiale. Cet endettement ne concerne pas seulement les états mais aussi les entreprises et les ménages. Non seulement, cet endettement massif menace l’avenir mais il est également utilisé par les classes dominantes pour accomplir un accaparement de richesses sans équivalent dans l’histoire de l’Humanité. Toute cette  maigre croissance  constitue une gigantesque fuite en avant via l’endettement et cette stratégie est en train de détruire, via les taux négatifs qu’elle induit, le système financier ainsi que le concept même d’épargne.

  • La monnaie

Comme je l’ai également expliqué, un des plus gros problèmes économiques de notre époque est que la monnaie elle-même ne vaut plus rien. La monnaie fiduciaire n’est  à l’origine qu’une convention et l’injection, depuis 2008, de centaines de milliards de liquidités  par mois dans l’économie par les banques centrales mondiales pour soutenir le système financier et l’activité économique a conduit au fait que cette convention elle-même n’a désormais plus aucune valeur. Tous les acteurs économiques sont les participants à un gigantesque jeu de chaises musicales qui attendent tous avec effroi que la musique s’arrête car ils savent qu’à ce moment,  ils assisteront à un véritable jeu de massacre financier.

Selon le prestigieux cabinet McKinsey, la prochaine crise entraînera la faillite de plus de la moitié des banques. Quand le système financier s’effondrera et que le public découvrira que l’argent pour lequel il a tant souffert et auquel il a consenti tant de sacrifices ne vaut plus rien, non seulement sa colère sera sans limite mais il n’ aura pas d’autres choix, de même que les états, que de revenir aux seuls véritables réserves de valeur et extincteurs de la dette que sont l’or et l’argent.

Tous ces éléments continuent d’être ignorés par les médias et les dirigeants politiques et les sujets économiques restent abordés, malgré la gravité de la situation, sous l’angle de l’anecdote ou via des indicateurs complètement faussés et privés de véritable signification.  Le peuple, lui, sent bien qu’il y a quelque chose de pourri au royaume de l’économie, sans pour autant posséder les connaissances suffisantes pour mesurer l’ampleur de l’escroquerie.

Tôt ou tard, tous devront faire face à cette réalité qui refuse pour l’instant d’être admise : nous assistons à la fin d’un modèle économique, né de la révolution industrielle et de l’exploitation des énergies fossiles, et ces 200 ans que nous avons pris pour la règle sont en réalité, à l’échelle de l’histoire économique, rien de plus qu’une exception.

Du “Joker”

Véritable phénomène culturel et succès inattendu au box-office, le film de Todd Phillips,  Joker  a su de toute évidence parler à son époque.  Sous couvert de dévoiler la genèse du célèbre antagoniste du justicier Batman, il décrit le basculement dans la folie et le passage à l’acte criminel d’un jeune homme perturbé, Arthur Fleck, comique et clown raté, évoluant dans une métropole ravagée par la violence gratuite et la pauvreté.

Loin d’être un film de super-héros,   Joker  se veut avant tout un film social qui utilise le célèbre personnage pour parler de son époque. Métaphore d’une Amérique ou plus largement d’un monde occidental marqué par les inégalités sociales, l’incivilité, l’isolement et l’abandon des classes populaires par des élites brutales et donneuses de leçons, la ville de Gotham City dépeint une société en phase terminale de décomposition.

Le film montre comment un tel terreau, via l’humiliation quotidienne, l’absence de perspectives et la destruction des derniers garde-fous sociaux sous prétexte d’économies budgétaires, peut conduire au basculement d’un individu dans la vengeance et la violence. Le Joker, c’est à la fois les Gilets Jaunes ou les « déplorables » de l’Amérique de Trump conspués par Hillary Clinton et l’establishment.

Malheureusement, tout comme l’époque qu’il décrit, Joker  refuse de faire de la politique ce que l’antihéros ne manque d’ailleurs pas de le rappeler au début de la scène clé du film.  Pour le Joker comme pour les révoltés du monde d’aujourd’hui,  la révolte est avant tout une affaire personnelle. Sauf qu’une addition de souffrances et de révoltes, aussi légitimes soient-elles, ne suffit pas à fonder un projet politique.

En ce sens, Joker est un pur produit de son époque et un excellent révélateur de ses limites : un film qui se veut politique  mais qui réduit cette dimension à son l’aspect individuel et émotionnel. A aucun moment, il n’est  en effet question ni des causes, ni des idéologies, ni de l’éventuelle construction d’un projet collectif  susceptible d’apporter une solution aux problèmes.

Il y a pratiquement 50 ans, Taxi Driver de Martin Scorcese dont  The Joker est un quasi-remake avec De Niro en guise de fil rouge, abordait exactement le même sujet mais prenait soin de s’attarder longuement sur la responsabilité du politique dans la déliquescence de la société. Il y a vingt ans, Fight Club de David Fincher, autre influence évidente, allait encore plus loin en montrant comment le héros parvenait à échapper à son aliénation en créant une véritable armée révolutionnaire et un nouveau système de valeurs.

Joker, lui, ne se contente que de constater la souffrance et de montrer comment un homme que l’époque a poussé jusqu’au bout de sa folie peut devenir un instrument jouissif de la vengeance sociale ainsi que le héraut  de tous les opprimés.  Mais sans projet collectif, ni buts politiques, cette révolte individuelle reste stérile et n’aboutit qu’à un chaos qui soulage brièvement mais ne résout absolument rien.

La grande faiblesse  de Joker, qui explique son immense succès, est d’être totalement de son époque : nihiliste, narcissique et farouchement individualiste. Ce que montre en réalité Joker, c’est que notre société  a perdu jusqu’à la capacité de faire  de la politique, c’est-à-dire d’imaginer des projets collectifs visant le bien commun.

Après Moi le chaos.

Leçon de Joker et épitaphe de notre époque.

Des boucs émissaires

Dans ses livres « La violence et le sacré » ou « Achever Clausewitz », le philosophe René Girard a parfaitement analysé les ressorts psychologiques et anthropologiques secrets qui gouvernent la violence mimétique.

Ce travail nous permet de comprendre deux choses très importantes :

1-Dans un conflit, le phénomène mimétique nous conduit toujours à devenir notre ennemi.

Par conséquent, s’il veut triompher du monde islamique, le monde occidental va devoir devenir comme lui, c’est-à-dire renoncer à la modernité et revenir à ses fondamentaux.  

C’est justement cette éventualité, confusément pressentie, qui est insupportable pour les sociétés européennes car accepter cette nécessité reviendrait à admettre qu’elles se sont trompées sur tout et que le sacrifice sur l’autel du “progrès”, de la religiosité, de la force, de l’honneur, des modèles familiaux traditionnels, de l’autorité, de la hiérarchie et du sacré, les a en réalité conduit dans une impasse.

2-Tout groupe humain se débarrasse de sa violence en la transférant sur un bouc émissaire qu’il finit par sacrifier. Or, aujourd’hui, confrontée à une agression sans précédent, la civilisation occidentale ne peut pas riposter de façon proportionnelle car en vertu de la loi de la violence mimétique et de la montée aux extrêmes, cela signifierait ouvrir un conflit avec le monde islamique et déclencher ainsi une nouvelle guerre mondiale qui, à ce stade, risquerait de faire disparaitre l’ensemble de l’Humanité.

Fidèles à leur héritage chrétien, les Occidentaux ont donc décidé de se sacrifier pour sauver le monde. L’apathie de l’Occident face à la conquête islamique, la haine de soi, le refus de faire des enfants au nom de l’écologie ne peuvent s’expliquer de façon satisfaisante que par le fait que  les Occidentaux ont choisi de canaliser la violence du monde en devenant eux-mêmes le bouc émissaire offert en sacrifice. Dans le même temps, le refus par les pays d’Europe de l’Est de jouer ce rôle s’explique  par leur expérience préalable d’un demi-siècle de souffrance sous le joug communiste et que par conséquent, ces peuples considèrent qu’ils furent autrefois offerts en sacrifice pour éviter à l’Occident un conflit ouvert avec l’URSS.

Cette brève analyse permet de comprendre pourquoi compte tenu des enjeux et des facteurs psychologiques et anthropologiques à l’œuvre, quiconque souhaite sauver la civilisation européenne doit aller au-delà de la politique pour mobiliser les forces puissantes et primitives du sacré.

Pour sauver les peuples européens, il faut donc les aider à rejeter la modernité et les accompagner dans cette démarche, une vérité déjà comprise par un grand nombre de patriotes, mais aussi, et il s’agit là d’une entreprise bien plus difficile, les faire sortir du rôle du bouc émissaire en leur rappelant que le génie européen justifie que l’Europe soit sauvée et qu’il est donc à ce titre criminel de s’offrir aussi bêtement en sacrifice.

Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve.

Du quotient intellectuel

La carte n’est pas le territoire.

Alfred Korzybski.

Que ce soit via la fameuse carte de QI qui agite les réseaux sociaux ou sur les tests censés révéler l’existence du surdon, la question du QI et de sa mesure fait un retour en force dans le débat intellectuel.

Conçu à l’origine par le français Alfred Binet pour détecter le retard mental, le QI est en réalité, une fois sorti de ce rôle, un indicateur dépourvu de signification et il est regrettable qu’il se soit imposé comme la  mesure par excellence de l’intelligence dans l’esprit du public avec le soutien d’une partie de la communauté scientifique.

Dans un article très détaillé, Nassim Nicolas Taleb a expliqué pourquoi aussi bien sur le plan statistique que philosophique, le QI représente une escroquerie intellectuelle. De mon côté, j’ai proposé plusieurs hypothèses permettant d’expliquer les inégalités entre les individus et les groupes humains et expliqué pourquoi cet outil n’est pas du tout adapté pour identifier le surdon.

Plutôt que de revenir sur des arguments qui ont été longuement développés ailleurs, je voudrais revenir sur la critique centrale du QI qui, en dépit de sa grande simplicité, semble échapper à beaucoup.

La principale faiblesse du QI est qu’il s’agit d’un instrument beaucoup moins efficace et beaucoup moins rigoureux  que la mesure directe. 

Comme je l’ai expliqué, si vous voulez savoir si quelqu’un est surdoué, plutôt que de lui faire passer un test, regardez en temps réel comment fonctionne son cerveau dans un IRM. Si vous êtes vous-même surdoué, il vous suffira de quelques minutes de conversation pour déterminer si vous avez ou non à faire à un surdoué.

De la même manière, si vous devez recruter quelqu’un, plutôt que de regarder son diplôme ou son QI, il vaut mieux  regarder ses réalisations concrètes ou mieux encore, lui faire accomplir  la tâche pour laquelle vous allez le recruter et voir comment il se débrouille.

Enfin, pas besoin d’une carte de QI pour se rendre compte de l’insuffisance de certains groupes humains dans leur organisation ou dans leur culture, il suffit pour cela d’aller sur le terrain ou plus simplement encore de constater leur place ou leur influence  au sein de la hiérarchie mondiale.  

En réalité, le QI est un outil qui fut inventé pour répondre à une problématique industrielle : détecter rapidement les inaptes souffrant d’un profond retard mental dans le cadre de l’enseignement obligatoire et de la conscription militaire.  Au-delà de ce cadre, l’outil  n’est plus pertinent et devient même dangereux car il se substitue, par paresse intellectuelle,  à l’analyse concrète et réelle des qualités et des compétences des individus. Le QI, comme le diplôme, ne mesure en réalité  que la capacité à passer un test dans les conditions d’administrations de ce dernier et non la compétence réelle, sans parler du fait que ces tests sont souvent conçus par des individus dont le fonctionnement intellectuel se trouve particulièrement adapté, quelle surprise, à la résolution de tests de QI…

Tous les débats autour du QI révèlent en réalité la puissance de la mesure,  l’enjeu de son contrôle par un groupe et l’importance qu’elle revêt pour la validation sociale des compétences d’un individu ou de l’attribution de sa place au sein d’une hiérarchie. C’est pour cela que toute personne qui a été détectée comme surdoué par un test de QI refusera d’admettre que ce test est privé de toute signification. De la même manière, toute personne qui a investi plusieurs années de sa vie dans l’obtention d’un diplôme refusera toujours d’admettre que celui-ci ne dit rien de ses compétences et pire, qu’un autodidacte consciencieux et passionné  peut faire aussi bien, voire mieux. 

En dernière analyse, le QI est un enfant de cette modernité qui au nom de méthodes et de principes en apparence « scientifiques » et « rationnels »  construit une nouvelle forme de totalitarisme qui refuse de voir des individus pour ne plus voir que des numéros et des indicateurs pouvant être traités   avec « efficacité »  par le système.  Ceux qui, notamment dans la résistance patriote, utilisent cet outil avec gourmandise pour illustrer l’inégalité entre les races humaines ne se rendent pas compte qu’ils participent ainsi  à renforcer le système et les valeurs  qu’ils prétendent combattre.

Autant il est absurde et dangereux de nier les inégalités entre les individus et les groupes humains, autant il est tout aussi absurde et dangereux d’attribuer ces inégalités à un indicateur aussi totalitaire et privé de signification que le quotient intellectuel.

De la spécialisation

If our small minds, for some convenience, divide this glass of wine, this universe, into parts -physics, biology, geology, astronomy, psychology and so on- remember that nature does not know it ! Richard Feynman

La spécialisation est l’exigence de l’époque.

Si vous voulez faire carrière dans le monde universitaire ou l’enseignement, il faut absolument que vous vous ultra-spécialisiez dans un domaine de la connaissance.  Si vous voulez intervenir dans les médias, il faut que vous puissiez être identifié comme un « spécialiste » susceptible de faire bénéficier le public de son « expertise » sur un sujet. Et si vous voulez vraiment parler du tout plutôt que de la partie ou simplement proposer une explication faisant appel à plusieurs champs du savoir, vous devez impérativement vous présenter comme un « philosophe ».

Cette obsession de la spécialisation et de la classification se retrouve partout à l’œuvre dans le monde occidental où elle est en train de détruire toute pensée originale et toute forme de vie intellectuelle.

Dans ses célèbres « Lectures on physics », le génial physicien et pédagogue Richard Feynman prenait soin de rappeler à ses étudiants que les différents domaines de la science, physique, chimie, biologie, reposent en réalité  sur des classifications arbitraires : la nature est un tout  qui se fiche pas mal des distinctions effectuées par les hommes.

Rappelons que cet état d’esprit était justement  celui de la plupart des chercheurs et des savants avant l’avènement de la période moderne. Nos ancêtres  considéraient qu’une bonne éducation était celle qui reposait à la fois sur des connaissances propres à des domaines considérés désormais comme « scientifiques » (logique, arithmétique,  géométrie, architecture)  mais également, et à part égales, sur des disciplines considérées aujourd’hui comme « littéraires » ou « artistiques » (histoire, musique, rhétorique, grammaire). Au Moyen-Age, la comptabilité, le commerce, l’agronomie et la stratégie furent ajoutées au cursus achevant de compléter la formation intellectuelle de ce qui s’appellera plus tard l’ “honnête homme”.

Cet enseignement s’appuyait sur une conception dite holiste enracinée dans l’idée que la Création formait un tout crée par Dieu . Une bonne éducation devait permettre la compréhension de ce tout. Or à partir du XIXème siècle, la pensée moderne rompit avec cette logique et se mit à suivre le conseil de Descartes qui invitait dans son « Discours de la Méthode » à découper les problèmes en parties pour mieux les soumettre à l’analyse. L’ultra-spécialisation de notre époque n’est rien d’autre que cette logique poussée jusqu’à son terme.

La nécessité de se spécialiser se trouve le plus souvent justifiée par l’argument suivant : contrairement à l’Antiquité, à la Renaissance ou même aux Lumières, il y aurait aujourd’hui tellement de connaissances qu’il serait devenu impossible pour un seul cerveau  de toutes les maîtriser. 

Le problème, c’est que cet argument ne tient absolument pas la route.

Commençons par rappeler que si le travail de recherche a augmenté en quantité, il n’a pas nécessairement gagné en qualité. Les chercheurs sont les premiers à reconnaître qu’un grand nombre de travaux de recherche sont en réalité d’une importance mineure et que leur publication doit beaucoup à l’impérieuse logique du « publier ou périr » en vigueur dans le monde universitaire. En réalité, ce qui a augmenté, ce n’est pas le volume des connaissances mais celui du « bruit de fond » (noise) et les vraies grandes découvertes qui remettent en cause notre vision du monde ou nous font progresser dans la compréhension de ce dernier sont toujours aussi rares que par le passé. Comme je l’ai déjà expliqué, ce n’est jamais  la quantité de l’information qui est importante mais sa densité informationnelle.

Rappelons ensuite que la compréhension du monde passe avant tout par la compréhension des lois générales qui le régissent. Ces dernières sont en réalité assez simples et au final, peu nombreuses. Une fois ces dernières identifiées et maîtrisées, il suffit, sur un sujet donné, de les appliquer aux détails, lesquels procèdent le plus souvent de cette loi générale. Il est d’autant plus important de garder ce principe en tête que la connaissance se trouve  également soumise à la loi des rendements marginaux décroissants. Dans la plupart des cas, il est bien plus utile de consacrer son temps à l’étude d’un  tout autre domaine plutôt que de réduire son champ d’analyse en se concentrant sur un domaine où l’acquisition d’une quantité supplémentaire de savoir exige un investissement de plus en plus coûteux pour un résultat de plus en plus faible.

Enfin, dans un monde, qui, comme aiment le répéter les « experts », n’a jamais été aussi interconnecté, il n’a jamais été aussi important d’être capable de mobiliser des connaissances issues de domaines divers pour en comprendre la complexité.  Allons même plus loin : il existe aujourd’hui tellement de spécialistes dans tant de domaines que le travail intellectuel le plus utile consiste  non pas à faire émerger des connaissances nouvelles mais plutôt à identifier celles qui sont véritablement critiques et à proposer  de nouvelles descriptions du fonctionnement de la nature  en utilisant des concepts et des données issus d’un champ du savoir pour les appliquer dans un autre.  

Aujourd’hui, celui qui se spécialise trop se place dans l’incapacité de comprendre le monde, tel un médecin qui se concentrerait sur le fonctionnement d’un seul organe plutôt que de s’intéresser à celui de l’ensemble du corps humain et des interactions de ce dernier avec son environnement.

Prenons l’exemple de  la science économique.

Comme je l’ai déjà expliqué, pour comprendre l’économie, il est indispensable de comprendre le fonctionnement du monde physique, à commencer par les lois de la thermodynamique. Dans un deuxième temps, une compréhension de l’écologie, c’est-à-dire le fonctionnement des systèmes vivants, circulaires et interconnectés  est également essentielle. Ensuite, il est nécessaire de maîtriser l’anthropologie culturelle et de s’intéresser au rôle crucial des systèmes familiaux (Todd) ou de celui des systèmes culturels sur les organisations (Hofstede). De solides notions de psychologie et une bonne compréhension de la rationalité et de ses limites, notamment les biais cognitifs, sont essentielles pour comprendre les comportements des agents économiques. Enfin, il est tout aussi indispensable de lire des philosophes comme Marx pour comprendre les questions politiques soulevées par les rapports de production ou un penseur comme Jacques Ellul pour appréhender l’impact de la technique sur l’organisation économique et sa pensée.

Pour être un bon économiste, il faut  donc être physicien biologiste, démographe, historien, philosophe, psychologue et anthropologue, ce qui correspond à peu de choses  près à la célèbre description faite par John M. Keynes. A l’inverse, si vous perdez votre temps, comme le font tant d’étudiants et de professeurs d’économie, à étudier pendant des années et des années, des modèles classiques ou néo-classiques parlant de concurrence pure et parfaite ou d’autres abstractions du même tonneau  qui n’existent que dans la tête de ces pseudo-économistes et non dans le monde réel, vous n’aurez absolument aucune chance de comprendre quoi que ce soit à l’économie.

En réalité, le problème n’est pas la spécialisation mais la mauvaise spécialisation dans un champ de compétence trop étroit. Pour être un professionnel compétent, il faut en réalité être expert dans cinq ou six domaines différents. Tout comme l’économiste, un bon médecin doit connaître l’anatomie, la biologie, l’épidémiologie mais aussi la statistique, la psychologie, l’anthropologie et la philosophie.  

A force d’avoir poussé jusqu’à son terme, sa rationalité réductrice et spécialisée, notre époque se retrouve condamnée à observer le monde qui l’entoure par le  petit bout de la lorgnette ainsi qu’à être désormais incapable de réellement comprendre, résoudre ou expliquer quoi que ce soit.

Dix mesures pour une société robuste aux “Black Swans”

Note : Extraits d’un article de Nassim Nicholas Taleb originalement publié en 2009 dans le Financial Times et repris dans la seconde édition du «Cygne Noir » (Random House/Les Belles Lettres)

Traduit de l’anglais par Stanislas Berton

1- Ce qui est fragile doit casser le plus tôt possible tant que c’est encore petit.

Rien ne devrait  jamais devenir « too big to fail » (trop gros pour disparaître). L’évolution économique actuelle aide ceux qui ont le plus de risques cachés à grandir.

2- Pas de socialisation des pertes et de privatisations des profits.

Tout ce qui a besoin d’être renfloué par l’Etat doit être nationalisé ; tout ce qui n’a pas besoin d’être renfloué doit être libre, petit, et capable de supporter le risque. Nous avons aujourd’hui le pire du capitalisme et du socialisme. […] C’est irréel.

3- Les gens qu’on a laissé conduire un bus scolaire avec un bandeau sur les yeux et qui l’ont conduit droit dans le mur ne devraient jamais se voir confier un autre bus.

Les instances économiques (universités, régulateurs, banquiers centraux, experts gouvernementaux, toute organisation employant des économistes) ont perdu toute légitimité suite à l’échec du système en 2008. Il est irresponsable et stupide d’avoir confiance en leur capacité à nous sortir de ce bourbier. […] Trouvez des gens intelligents qui ont encore les mains propres.

4- Ne laissez pas quelqu’un qui reçoit un bonus « d’incitation » gérer une centrale nucléaire ou vos risques financiers.

Il y a des chances qu’il fera des économies sur la sécurité pour réaliser un « profit » grâce à ces économies tout en vantant sa gestion « prudente ». Les bonus ne prennent pas en compte les risques cachés d’effondrement. C’est l’asymétrie du système des bonus qui nous a conduits là où nous en sommes. Pas d’incitations sans contre-incitations : le capitalisme intègre les récompenses et les punitions, pas uniquement les récompenses.

5- Compensez la complexité par la simplicité.

La complexité née de la mondialisation et de l’interconnexion accrue des économies doit être contrée par la simplicité des produits financiers. […] Ajouter de la dette dans ce système produit des mouvements dangereux et imprévisibles et n’offre aucune marge d’erreur. Les systèmes complexes survivent parce qu’ils ont des réserves et qu’ils sont redondants, pas grâce à la dette et l’optimisation. […]

6- Ne donnez pas des bâtons de dynamite à des enfants, même si un avertissement est imprimé dessus.

Les produits financiers complexes doivent être interdits parce que personne ne les comprend et peu de gens sont assez rationnels pour le comprendre. Nous devons protéger les citoyens d’eux-mêmes, des banquiers qui leurs vendent des produits financiers « sans risque » et des régulateurs crédules qui écoutent les théoriciens économiques.

7- Seuls les systèmes de Ponzi dépendent de la confiance. Un gouvernement ne devrait jamais avoir à « restaurer la confiance ».

Dans un système de Ponzi, le plus célèbre étant celui crée par Bernard Madoff, une personne emprunte ou utilise les fonds d’un nouvel investisseur pour rembourser un investisseur existant voulant quitter le système. L’enchaînement de rumeurs est le produit des systèmes complexes. Le gouvernement ne peut pas mettre un terme aux rumeurs. Il doit simplement être en position de les ignorer, d’y être robuste.

8- Ne donnez pas plus de drogue à un drogué s’il a un problème de sevrage.

Utiliser l’effet de levier pour résoudre des problèmes d’effet de levier n’est pas de l’homéopathie, c’est du déni. La crise de la dette n’est pas un problème temporaire : il est structurel. Nous avons besoin d’une cure de désintoxication.

9- Les citoyens ne devraient pas dépendre d’actifs financiers comme dépôts de valeurs et dépendre des conseils d’experts faillibles pour leur retraite.

Nous devons apprendre à  ne pas utiliser les marchés comme lieux de stockage de la valeur ; ils n’offrent pas les garanties de certitude dont les citoyens normaux ont besoin, malgré ce qu’affirment les « experts ». Investir devrait être fait uniquement « pour le fun ». Les citoyens devraient uniquement être inquiets de la performance de leurs propres affaires (qu’ils contrôlent) et non de leurs investissements  (qu’ils ne contrôlent pas).

10- Faire une omelette avec les œufs cassés.

Au final, la crise de 2008 ne fut pas un problème à résoudre avec quelques réparations de fortune de même qu’un bateau avec une coque pourrie ne peut pas être sauvé par quelques planches neuves.

Nous devons reconstruire une nouvelle coque avec des matériaux nouveaux et plus résistants : nous devons reconstruire le système avant qu’il ne le fasse lui-même. Avançons volontairement vers une économie plus robuste en aidant ce qui doit casser à casser, en transformant la dette en capital, en marginalisant les instances économiques et les écoles de commerce, en supprimant le « Nobel » d’économie, en interdisant les rachats via l’effet de levier, en remettant les banquiers à leur place et en reprenant les bonus de tous ceux qui nous ont amené là où nous en sommes (en demandant par exemple le restitution des fonds accordés aux banquiers dont la richesse a été de fait subventionnée par les impôts des instituteurs).

Ainsi nous verrons apparaître une vie économique plus proche de notre environnement biologique : des plus petites entreprises, une écologie plus vivante, pas de logique spéculative, un monde dans lequel les entrepreneurs et non les banquiers assument les risques et dans lequel les entreprises vivent et meurent sans faire les gros titres des journaux.

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NB: Cet article ne fait pas partie du recueil l’Homme et la Cité