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Des municipales de 2020

Les municipales de mars 2020 seront un scrutin d’une importance capitale.

En effet, les sociétés occidentales vont se trouver confrontées à court-terme à une convergence de crises graves. Crise économique avec la contraction énergétique qui va détruire de plus en plus d’activité économique et d’emplois. Crise financière avec les taux d’intérêts négatifs qui sont en train de détruire le système bancaire et financier mondial. Crise sociale avec une insécurité grandissante, un communautarisme en pleine progression et le risque d’un affrontement ethnique qui ne cesse de s’accroître. Enfin, une crise politique avec une défiance de plus en plus grande vis-à-vis des institutions, des corps constitués, des élites et une archipelisation générale de la société.

Par conséquent, les futures maires doivent avoir conscience qu’ils risquent fort de se trouver au cours des années 2020-2025 en première ligne  pour gérer une succession de crises d’une ampleur et d’une gravité inédites et que, face au chaos et à la violence, ils constitueront à la fois la première ligne de défense et le dernier rempart pour un grand nombre de leurs administrés. De façon très probable, les défis auxquels ils devront faire face exigeront d’eux de savoir garder la tête froide face au péril mais aussi de prendre des mesures radicales mais nécessaires pour éviter un plus grand mal si la situation l’exige. Les maires de demain doivent y songer et s’y préparer.

Pour tous ceux qui se trouvent engagés dans la défense de la France et de son identité, ses élections municipales sont stratégiques à double titre.

Premièrement, elles offrent pour la première fois la possibilité de voir émerger un grand nombre de municipalités contrôlées par d’authentiques patriotes dont certains sont même d’anciens militaires.

De telles mairies peuvent constituer autant de refuges pour des forces patriotes souvent persécutées et harcelées par le pouvoir mais aussi de jouer à l’avenir le rôle de « places fortes » desquelles pourraient être organisées et lancées d’éventuelles reconquêtes.

Deuxièmement, face à un pouvoir central de plus en plus déconnecté, totalitaire et illégitime, des mairies patriotes offrent la possibilité de restaurer la légitimité du politique et de reconstruire à l’échelle locale cette France en voie de disparition .  Même si ces derniers ont été restreints ces dernières années, le maire jouit encore d’importants pouvoirs qu’il peut mobiliser si la volonté politique est là.

Il est donc essentiel de soutenir autant que possible toutes les candidatures de maires compétents, honnêtes et authentiquement patriotes, quelle que soit leur étiquette politique.

Un candidat peut être reconnu comme authentiquement patriote s’il s’engage, dans les limites permises par la loi, sur les points suivants :

1-Combattre l’islamisation et garantir la sécurité qui constitue la première des libertés

2-Défendre l’identité française et lutter contre le Grand Remplacement culturel et démographique

3- Développer prioritairement l’activité économique et la production locales

4- Assumer l’autorité et restaurer la verticalité

Tous les patriotes doivent donc se mobiliser pour faire de ses municipales un très large succès, soit en se présentant eux-mêmes, soit en rejoignant une liste, soit en apportant leur soutien à un candidat patriote.

En 2020, La France se reprend arrondissement par arrondissement et commune par commune.

De l’opposition contrôlée

« Il viendra beaucoup de faux prophètes, et ils séduiront beaucoup de gens. »

Matthieu 24 :11

Dans le cadre de cette guerre hors limites fondée sur l’infiltration plutôt que l’invasion et qui vise à détruire les nations occidentales de l’intérieur, il est nécessaire de présenter un des outils les plus redoutables utilisé par le système mondialiste pour maintenir son pouvoir : l’opposition contrôlée.

Comme nous l’avons expliqué dans notre essai consacré au mondialisme, le système économique, financier et politique mondial se trouve contrôlé par de puissantes dynasties familiales dissimulant leur pouvoir derrière des institutions présentées comme neutres ou philanthropiques,  telles que le Forum Economique Mondial (WEF), le Council on Foreign Relations  (CFR) ou encore l’Open Society Foundation de George Soros, chargées en réalité de mettre en application le projet mondialiste ainsi que de placer ses agents à des postes clés.

Considérant appartenir à une caste « d’élus » chargés de diriger une humanité assimilée à du bétail, cette oligarchie a développé au fil des siècles une véritable science du contrôle et de la manipulation des masses afin de développer son influence et conserver son pouvoir. Sachant que toute puissance visible finit toujours par être contestée ou attaquée, la meilleure protection ne consisterait-t’elle pas à dissimuler la source réelle du pouvoir et de prétendre que celui-ci se trouve détenu par des individus qui n’en posséderaient qu’un simulacre ?

Le meilleur moyen d’empêcher toute révolte ne serait-il pas, d’une part, de « fixer » l’attention du public sur le jeu électoral et de l’autre, de créer une opposition destinée à canaliser la colère populaire pour mieux la neutraliser ? Pour être sûr de gagner à tous les coups, la meilleure méthode ne serait elle pas d’avoir plusieurs chevaux dans la course? Grâce travaux de l’historien Anthony Sutton, nous savons par exemple aujourd’hui que les grandes sociétés financières de Wall Street participèrent au financement du mouvement bolchevique aussi bien qu’à celui du parti nazi…

Au sein des démocraties occidentales, la première forme de contrôle utilisée par l’oligarchie consiste à placer à la tête des formations politiques de premier plan, et donc en position d’éligibilité, des candidats sélectionnés en amont par les instances mondialistes, mis en avant par les médias qu’elles contrôlent et placés face à une « opposition » chargée d’entretenir la fiction du pluralisme ou de l’alternance.

Pour satisfaire chaque « segment de marché électoral », l’offre politique se trouve ainsi déclinée entre mondialistes d’extrême-gauche, de gauche, du centre, de droite et d’extrême-droite qui, malgré d’apparentes divergences de façade se rejoindront en réalité sur l’essentiel, c’est-à-dire la disparition des peuples, des cultures, des nations historiques et l’adhésion à une modernité qui place l’Homme au centre de toute chose et prétend faire de lui l’égal de Dieu. Pour obtenir la preuve de l’existence d’un tel système, il suffit de s’intéresser aux programmes de recrutement ou de formation mondialistes tels que les Young Global Leaders de la French-American Foundation et de constater que la totalité des dirigeants politiques européens et français des dernières décennies, de Nicolas Sarkozy à Emmanuel Macron à François Hollande ou Arnaud Montebourg sont passés par ceux-ci. Une preuve supplémentaire de cette collusion pourra être apportée par la progression imperturbable de l’agenda mondialiste, indépendamment de la « couleur » politique du parti au pouvoir ou encore le ralliement systématique des candidats ou partis « d’opposition » autour du candidat “progressiste”.  Ce contrôle total du champ politique institutionnel a ainsi permis d’éviter toute contestation réelle du projet mondialiste et contribué à structurer la pensée et le discours autour de ses postulats philosophiques et politiques fondamentaux.

La deuxième forme de contrôle politique exercée par les mondialistes est moins connue mais bien plus dangereuse. Elle consiste à créer une fausse opposition située, en apparence, hors du système et chargée de canaliser la colère du peuple  tout en étant capable de servir comme « roue de secours » au cas où une trop forte pression populaire imposerait une « remise à plat » des institutions ou une « rénovation » de la classe politique.

Les méthodes qui président à la création d’une opposition contrôlée sont toujours à peu près les mêmes : un leader d’opposition est créé de toutes pièces ou habilement « retourné » ; il est attaqué par le système, parfois emprisonné ou traduit en justice ce qui lui permet de gagner en crédibilité et de renforcer son statut d’opposant. Il va ensuite créer une organisation « dissidente » à but politique ou engagée sur un sujet particulier. Cette organisation aura pour objectif de repérer les résistants, de contrôler l’accès à l’information et de tuer dans l’œuf toute initiative pouvant représenter une menace réelle pour l’oligarchie mondialiste. L’opposition contrôlée occupe toujours le terrain, dénonce, s’agite, manifeste mais son activité ne débouche jamais sur une prise réelle du pouvoir ou une remise en cause profonde du statut quo.

À titre d’exemple, aux États-Unis, de nombreuses organisations « patriotes » furent créées pour prouver la fraude électorale suite à la « victoire » de Joe Biden à l’élection présidentielle de 2020. Ces organisations mobilisèrent des milliers de citoyens, multiplièrent les actions en justice et récoltèrent des millions de dollars pour réaliser des audits comme celui du comté de Maricopa. Dans ce cas précis, après de nombreuses annonces, le rapport final ne fut jamais présenté au public et l’équipe de « cyber ninjas » chargée de l’organisation finit tout simplement par disparaître dans la nature avec les données de l’audit… De la même manière, nous savons aujourd’hui que parmi les personnes ayant participé à la marche du 6 janvier sur le Capitole se trouvaient des membres de groupes radicaux officiellement « pro-Trump » dont les chefs étaient en même temps informateurs pour le FBI…

En France, Emmanuel Macron et Assa Traoré, égérie indigéniste, ont en commun d’avoir été tous les deux salariés des Rothschild, le premier par la banque et la seconde via la fondation du même nom. Dans un autre registre, des échanges de SMS et des enregistrements téléphoniques ont révélé une coordination et une collusion entre des dirigeants de la France « Insoumise » et Emmanuel Macron dans le cadre de ce « théâtre » démocratique précédemment évoqué. Plus récemment, l’affaire, totalement passée sous silence, du fiasco français des « convois de la liberté » porte toutes les marques d’un sabotage mené par une opposition contrôlée, selon le même schéma ayant contribué en 2018-2019 au noyautage et à la neutralisation du mouvement des Gilets Jaunes. 

Ces quelques exemples permettent de comprendre la réalité de l’opposition contrôlée et du danger que ce stratagème représente dans le cadre de la guerre contre le totalitarisme mondialiste. Ceci étant dit, comment détecter et lutter contre les personnes ou les organisations susceptibles de faire partie de l’opposition contrôlée ? 

Commençons tout d’abord par rappeler que le contrôle d’une organisation s’exerce toujours via son chef ou le premier cercle de ses dirigeants. Une structure d’opposition contrôlée peut être ainsi dirigée par des traîtres tout en étant peuplée de militants sincères croyant de bonne foi lutter contre le système ou défendre la cause que l’organisation est supposée défendre. Ceci étant dit, l’appartenance à l’opposition contrôlée peut être détectée par les réponses aux questions suivantes :

-Le mondialisme et son contrôle des institutions est-il publiquement mentionné ou son existence est-elle rejetée comme une théorie du complot ? Des sujets majeurs comme la fraude électorale, la pédophilie d’élite ou le trafic d’êtres humains sont-ils publiquement évoqués ? Les restrictions liées au Covid  sont-elles dénoncées comme des attaques sans précédent sur nos libertés et rattachées au projet de Great Reset du Nouvel Ordre Mondial ?  

-D’où proviennent les fonds qui financent le mouvement ou l’organisation ? Quelle est la source des revenus du dirigeant ? Celui-ci manifeste-t-il un amour excessif de l’argent ou des biens matériels ? Son engagement ou ses prises de paroles sont-elles toujours conditionnées à des paiements ou à des rémunérations ? Pourquoi la Bible dit-elle que  « l’amour de l’argent est la source de tous les maux » ? (1 Timothée 6 :10)  

-Le dirigeant ou chef politique possède-t-il par son histoire familiale, ses amis, ses études ou ses réseaux professionnels des liens avec l’État profond ou des structures du pouvoir mondialiste ? A-t-il participé à des programmes comme celui des Young Leaders ? A-t-il bénéficié de financements ou de bourses d’études émanant d’institutions mondialistes ? Qui est son conjoint ? Quel rôle joue-t-il ? La médiatisation de l’homme ne sert-elle pas à cacher le pouvoir de la « femme » ?  Pourquoi Q nous invite-t-il à « suivre les femmes » (follow the wives) ?

-Les mœurs du dirigeant sont-elles saines ? Mène-t-il une vie dissolue ? Est-il un déviant sexuel ? A-t-il défendu la pédophilie ?  Est-il un consommateur régulier de drogues ? A-t-il une histoire d’abus sexuels ou de violences faites aux femmes ?

-Le dirigeant ou l’organisation rejettent-ils la foi catholique, jusqu’à contester l’apport objectif de la religion chrétienne en Occident ? Sont-ils liés à des sociétés secrètes ou à des puissances étrangères ? Font-ils référence à des croyances occultes ou à des spiritualités « alternatives » ? Si le dirigeant se prétend catholique, exprime-t-il des positions tranchées sur l’avortement ou l’euthanasie ou refuse-t-il d’être « clivant », prône la synthèse ou « l’adaptation aux réalités de notre époque » ?

Pour résumé, peut être considéré comme suspect :

-toute défense du supranationalisme, sous toutes ses formes, contre le fait national

-tout financement ou lien professionnel/privé avec des structures mondialistes

-tout rejet violent du catholicisme et de l’héritage chrétien de la France 

-toute défense des postulats philosophiques de la modernité contre la Tradition

Pour finir, s’il convient de faire preuve de lucidité sur l’existence de l’opposition contrôlée, cette prise de conscience ne doit pas conduire à la paranoïa, au refus de l’engagement et à l’interprétation du moindre élément concordant comme une preuve absolue. D’une part, parce que l’erreur, la bêtise et l’incompétence demeurent toujours des explications possibles. D’autre part, parce que certaines personnes peuvent changer de camp ou « retourner leur veste », pour sauver leur peau. Et enfin, parce même identifiée comme telle, l’opposition contrôlée peut être utilisée, jusqu’à un certain point, dans la guerre contre le mondialisme.

Dans cette guerre de l’ombre, la prudence doit être la règle et pour espérer triompher, les patriotes et les dissidents doivent faire preuve de discernement, se poser les bonnes questions et développer, pour eux-mêmes ou leurs organisations, une véritable culture du renseignement.

Pour le reste, Dieu seul connaît le secret du cœur de chaque homme. Dans Son infinie miséricorde, il a néanmoins envoyé un avertissement extrêmement clair à ceux qui servent le « prince du mensonge » et cherchent ainsi à tromper le peuple :

« Car il n’y a rien de caché qui ne doive être découvert, ni de secret qui ne doive être connu. C’est pourquoi tout ce que vous aurez dit dans les ténèbres sera entendu en pleine lumière, et ce que vous aurez dit à l’oreille dans le secret de vos chambres sera prêché sur tous les toits. » (Luc 12 :2)

Pour aller plus loin :

Des mondialistes

De la défaite des conservateurs

Exposing Flynn networks

De l’intégration

Modèle de ségrégation de Schelling

“Ceux qui prônent l’intégration ont une cervelle de colibri, même s’ils sont très savants.” Charles de Gaulle

C’est le nouveau mantra que répète à l’envi la classe politique et médiatique : il faut intégrer.

Il faut les intégrer. Qui ? Ces populations d’origine étrangère dont depuis quarante ans le nombre s’accroît  chaque année un peu plus un peu plus en France. Dans l’esprit de nos dirigeants, l’étranger intégré, c’est celui qui occupe une activité professionnelle stable, qui respecte les lois de la République et qui évite de voiler trop ostensiblement sa femme ou d’agresser trop régulièrement les pompiers.  Le problème, c’est que tout « intégré» qu’il soit, cet étranger contribue à détruire chaque jour un peu plus la Nation.

En quelques décennies, la France a  en effet connu une modification spectaculaire  de ses exigences envers les nouveaux venus  via un glissement sémantique subtil mais significatif. Autrefois, il était attendu des populations étrangères non pas qu’elles s’intègrent mais qu’elles s’assimilent. S’assimiler, cela signifie laisser derrière soi son origine pour devenir pleinement français en adoptant les mœurs, les coutumes et l’histoire de France. S’assimiler, c’est faire comme Napoléon qui disait : “De Clovis au Comité de Salut Public, j’assume tout”.

Aujourd’hui laxiste et impuissante, la République sut  pourtant être ferme  et impitoyable sur la question de l’assimilation. En 1870 avec les décrets Crémieux, elle offrit aux populations indigènes d’Algérie la possibilité de devenir pleinement français. Les juifs acceptèrent de s’assimiler ; les musulmans le refusèrent, préférant conserver le “statut personnel”, autrement dit la charia. Au début du XXème siècle, la République expulsa des millions d’italiens et de polonais non assimilés et dans des provinces comme l’Alsace, elle mena à l’école et dans l’espace public une guerre impitoyable aux identités et aux langues régionales. Qu’on l’approuve ou non, la République avait à l’époque un projet : faire de la France une nation républicaine et elle savait se donner  les moyens d’atteindre cet objectif.

A partir des années 70, sous la pression de l’immigration de masse et de l’idéologie antinationale, il ne fut soudain plus question d’assimiler mais d’intégrer. Cela signifiait que désormais chaque « communauté » allait pouvoir continuer à vivre en France en conservant ses mœurs, ses coutumes et son appartenance affective, culturelle  et parfois même juridique à son pays d’origine.  En théorie, la République et ses lois devaient être le ciment chargé de rendre cette cohabitation possible et faire de ses communautés disparates une nation. En pratique, il y eut une explosion du communautarisme et une perte du sentiment d’appartenance collective dans un pays qui, contrairement aux Etats-Unis, ne s’était jamais construit sur un tel modèle.

L’intégration, c’est en réalité la destruction de la nation et l’affaiblissement de la France.

Quant à l’assimilation, il est désormais trop tard et ceux qui la prônent sont des « cervelles de colibri » qui n’ont toujours rien compris au film. Quarante ans d’intégration ratée ont conduit des pans entiers du territoire et des populations qui se comptent en millions à faire sécession. Aujourd’hui, le véritable enjeu consiste à reprendre ses territoires perdus par la République et à expulser hors de la communauté nationale tous ceux qui s’en sont volontairement détachés.

Malheureusement, ceux qui dirigent la France n’ont pas encore compris l’absurdité complète de « chercher à intégrer » ou de mettre en œuvre des « politiques d’intégration ».  En effet, l’adhésion à un projet politique et l’assimilation  à un peuple ne peuvent être que des démarches volontaires.

Vouloir intégrer, c’est comme chercher à marier de force deux êtres qu’aucun élan du cœur n’attire l’un à l’autre et c’est surtout entretenir la logique communautariste qui contribue à la destruction de la France ainsi qu’à son archipélisation.

Certains français d’origine étrangère, peu nombreux, ont fait volontairement le choix de s’assimiler à la France. Ils ont compris sa grandeur, apprécié son génie et vu l’intérêt qu’ils avaient à associer leur destin à celui d’un si grand peuple. Ceux-là sont en chemin pour devenir de vrais français et la France doit leur réserver le meilleur accueil possible.

En revanche, tous ceux qu’il faut  sans cesse chercher à intégrer avec une débauche de dépenses aussi coûteuses qu’inutiles et qui de toute évidence n’aiment ni la France, ni son peuple  doivent être, expulsés de la communauté nationale, quand bien même la citoyenneté française leur eut elle été indument octroyée. La France leur a offert une chance extraordinaire, ils n’ont pas su la saisir.

Tant pis pour eux.

De l’Intellectuel-mais-Idiot (IMI)

Traduction de l’article publié en anglais par Nassim Nicholas Taleb sur Medium en 2016. Quelques libertés ont été prises par rapport à l’article original pour adapter son contenu et ses exemple à un public français. L’esprit du texte a été rigoureusement respecté.

Extrait du livre « Jouer sa peau » (Les Belles Lettres) – « Skin in the Game » (Random House)

“De l’Inde à l’Angleterre en passant par les Etats-Unis, nous sommes les témoins à l’échelle mondiale d’une révolte contre la cabale des « experts » et des journalistes du système sans « skin in the game », cette classe de semi-intellectuels paternalistes diplômés de l’ENA, d’HEC, de Sciences-Po ou d’établissements similaires aux diplômes prestigieux qui s’arrogent le droit de nous dire  1) ce que nous devons faire 2) ce que nous devons manger 3) comment parler 4) comment penser et… 5) pour qui voter.

Le problème, c’est que les borgnes suivent les aveugles : ces membres auto-proclamés de l’intelligentsia seraient incapable de trouver leur derrière avec leurs deux mains, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas assez intelligents pour définir ce qu’être intelligent veut dire et que par conséquent, ils restent prisonnier de raisonnements circulaires, leur principale compétence étant au final de passer des examens conçus par des gens comme eux.

Quand les résultats d’articles de recherche en psychologie peuvent être répliqués dans seulement 40% des cas, quand les conseils diététiques changent du tout au tout après 30 ans de diabolisation de la matière grasse, quand l’analyse macro-économique est moins fiable que l’astrologie, quand vous avez Bernanke nommé à la FED (réserve fédérale américaine) alors qu’il est complètement à la ramasse sur les risques pesant sur le système financier et que vous avez des tests pharmaceutiques dont les résultats ne peuvent être répliqués qu’une fois sur trois, vous avez tout à fait le droit de vous en remettre à votre instinct ancestral ou d’écouter vos grand-mères (ou Montaigne et tout autre savoir classique éprouvé par le temps) car ces bonnes vieilles recettes offrent de meilleurs résultats que tous ces pseudo-experts en costume.

Il n’est pas difficile de constater que ces bureaucrates universitaires qui s’arrogent le droit de gérer nos vies ne sont même pas rigoureux en matière de statistiques médicales ou de politiques publiques. Ils ne savent pas faire la différence entre la science et le scientisme. Pour leurs esprits obsédés par l’image, le scientisme a l’air plus scientifique que la véritable science (par exemple, il est trivial de montrer que tous ceux qui à l’instar de Cass Sunstein ou de Richard Thaler cherchent à nous « nudger » vers certains comportements, qu’ils classifieraient comme « rationnels » ou « irrationnels » (ou tout autre catégorie indiquant une déviation d’un protocole désiré ou prescrit)  ne comprennent la théorie des probabilités et utilisent les modèles de premier ordre de façon cosmétique). Ils sont également enclins à confondre l’ensemble avec l’agrégation linéaire de ses composants, comme nous l’avons vu dans le chapitre consacré à l’extension de la règle minoritaire.

***

L’Intellectuel-mais-Idiot est une production de la modernité qui a connu une accélération à partir de la moitié du vingtième siècle pour atteindre aujourd’hui son apogée, accompagné par une cohorte de gens sans skin in the game qui ont envahi de nombreux pans de la société.  Pourquoi ? Tout simplement parce que dans la plupart des pays, le poids du gouvernement est entre cinq et dix fois plus important que ce qu’il était il y a encore un siècle (exprimé en pourcentage du PIB). L’IMI semble être désormais à tous les coins de rue mais représente encore une toute petit minorité. On le retrouve rarement hors de certaines institutions spécialisées : think-tanks, medias et universités car la plupart des gens ont des vrais métiers et il n’y a pas beaucoup de postes vacants pour les IMI.

Méfiez-vous du semi-érudit qui pense qu’il est un érudit.

Il est incapable de détecter naturellement le sophisme.

L’IMI psychiatrise les autres lorsqu’ils font des choses qu’il ne comprend pas sans se rendre compte qu’en l’occurrence,  c’est sa compréhension qui est limitée. Il pense que les gens devraient agir dans leur intérêt et lui seul sait comment agir en ce sens, surtout s’il s’agit de ploucs ou d’habitants de la France profonde qui votent pour le FN ou pour le « Non » au référendum de 2005.

Quand les plébéiens font quelque chose qui a du sens pour eux mais non pour lui, l’IMI emploie le terme « non-éduqué ». Ce que nous appelons généralement la participation au processus démocratique, l’IMI le désigne par « démocratie » quand cela lui convient et par « populisme » quand la plèbe ose voter d’une façon qui va à l’encontre de ses préférences.

Alors que les riches prônent le « un euro, une voix », les plus humanistes le « un homme, une voix, » Monsanto le  « un lobbyiste, une voix, », l’IMI prône le « un diplômé de l’ENA, une voix » ou équivalent pour toute autre établissement d’ « élite » faisant partie du club.

Socialement, l’IMI est abonné au Monde ou au Nouvel Obs. Il n’est jamais grossier sur Twitter. Il parle de l’ « égalité des races » et d’ « égalité économique » mais n’a jamais été boire un verre avec un conducteur de taxi issu d’une minorité ethnique (une fois de plus, pas de skin in the game car le concept est étranger à l’IMI). Les IMI du Royaume-Uni ont été embobinés par Tony Blair. L’IMI moderne a assisté à plus d’un Ted talks en personne et en a regardé plus de deux sur Youtube.

Non seulement il a voté pour Hillary-Monsanto-Malmaison parce qu’elle était la mieux placée, et autre raisonnement circulaire du même acabit mais en plus il considère tous ceux qui n’ont pas fait de même comme mentalement perturbés.

L’IMI possède un exemplaire du « Cygne Noir » (livre de Taleb) dans sa bibliothèque mais confond l’absence de preuve avec la preuve d’absence. Il croit que les OGM sont de la « science » et que cette « technologie » ne diffère en rien des méthodes de reproduction traditionnelles du fait de sa capacité à confondre la science avec le scientisme.

Typiquement, l’IMI ne se trompe pas sur la logique de premier ordre mais les effets de second ordre ou les externalités lui échappent complètement le rendant totalement incompétent dans les domaines complexes. Du confort de son appartement de Saint-Germain-des-Prés, il était partisan de la « neutralisation » de Kadhafi parce qu’il était un « dictateur », sans réaliser que les neutralisations ont des conséquences (n’oubliez pas que parce qu’il n’a pas de skin in the game, il ne paie pas le prix de ses erreurs).

Sur le stalinisme, le maoïsme, les OGM, l’Irak, la Syrie, les lobotomies, l’aménagement urbain, les régimes, le fitness, la psychologie comportementale, les acides gras insaturés,  le freudisme, les stratégies de diversification, la régression linéaire, la gaussienne, le salafisme, l’équilibre dynamique stochastique, les ghettos urbains, le gène égoïste, les prédictions électorales, Bernie Madoff (avant sa chute) et les valeurs p-, l’IMI a toujours été du mauvais côté de l’Histoire mais cela ne l’empêche pas de penser que sa position actuelle est la bonne.

L’IMI fait partie d’un club pour bénéficier de réductions sur ses voyages. S’il travaille dans les sciences sociales, il utilise des statistiques sans savoir comment elles sont dérivées (comme Steven Pinker et autres psychocharlatans). Quand il va en France, il assiste à des conférences organisées par le Monde ou Courrier International ; il boit du vin rouge avec ses steaks (jamais du blanc) ; il pensait que le gras était mauvais maintenant il pense le contraire ; il prend des statines parce que son docteur lui a dit d’en prendre ; il ne comprend pas le concept d’ergodicité  et quand on lui explique, il l’oublie aussitôt ; il n’utilise pas des mots de yiddish pour parler business ; il étudie la grammaire avant de parler une langue ; il a cousin qui travaille dans un cabinet ministériel, il n’a jamais lu Frédéric Dard, Libanius Antiochus, Michael Oakeshot, John Gray, Amianus Marcellinus, Ibn Battuta, Saadiah Gaon, ou Joseph De Maistre ; il ne s’est jamais bourré la gueule avec des Russes ; il n’a jamais bu jusqu’au point où l’on commence à casser des verres ou mieux encore, des chaises ; il ne sait pas faire la différence entre Hécate et Hécube (ou comme on dit par chez moi, il ne sait pas faire la différence entre la merde et l’andouillette) ; il ne sait pas qu’il n’y a aucune différence entre le pseudo-intellectuel et l’intellectuel quand il n’y a pas de skin in the game ; il a mentionné la mécanique quantique au moins deux fois au cours des cinq dernières années dans des conversations qui n’avaient  rien à voir avec la physique.

Il sait exactement à tout instant l’impact de ses actes et de ses paroles sur sa réputation.

Mais il y a un critère encore plus facile pour le détecter : il ne soulève pas de la fonte.

***

Les aveugles et les très aveugles

Arrêtons un instant d’être satirique.

Les IMI ne savent pas faire la différence entre la lettre et l’esprit.

Ils sont tellement aveuglés par des notions verbales telles que la science, l’éducation, la démocratie, le racisme, l’égalité, la preuve, la rationalité et autres termes à la mode qu’il est très facile de les embobiner. Par conséquent, ils peuvent créer des iatrogéniques (des dégâts causés par le médecin) monstrueux sans aucun sentiment de culpabilité parce qu’ils sont convaincus qu’ils voulaient bien faire, ce qui leur permet d’ignorer l’effet de leurs actions sur le monde réel.

Tout le monde se rirait du docteur qui manquerait de tuer son patient mais qui se défendrait en affirmant qu’il a réussi à diminuer son taux de cholestérol, sans comprendre qu’une mesure corrélée à la santé n’est pas la santé – la médecine a eu besoin de plusieurs siècles pour comprendre qu’il fallait qu’elle s’intéresse à la santé et non à l’exercice de ce qu’elle considérait comme une « science » et que par conséquent, ne rien faire était souvent préférable (via negativa). Et pourtant, dans un autre domaine, disons la politique étrangère, un néo-conservateur qui n’a pas conscience de cette déficience mentale ne ressentira aucune culpabilité après avoir détruit un pays comme la Lybie, l’Irak ou la Syrie au nom de la « démocratie ». J’ai essayé d’expliquer la via negativa à un néo-conservateur, ce fut comme essayer d’expliquer ce qu’est la couleur à un aveugle de naissance.

Les IMI seront satisfaits parce qu’ils ont donné de l’argent à un groupe ayant pour objectif de « sauver les enfants » et qui passera son temps à faire des powerpoints et à organiser des conférences sur comment sauver les enfants, sans jamais voir le problème.

De la même manière, les IMI sont régulièrement incapables de faire la différence entre une institution (par exemple le milieu universitaire et les diplômes) et le but véritable (la connaissance, la rigueur dans le raisonnement), j’ai même vu un universitaire français dénigrer un grand mathématicien ayant contribué utilement à son domaine parce que celui-ci n’était pas allé à la “bonne école”  quand il avait dix-huit ans.

La propension à cette déficience mentale est sans doute partagée par tous les humains, c’est peut-être une tare consubstantielle,  mais elle a tendance à disparaître avec du skin in the game.

Post-Scriptum :

L’élection de Donald Trump fut tellement absurde pour les IMI et tellement incompatible avec leur vision du monde qu’ils se révélèrent incapables de trouver les instructions sur la façon de réagir dans leurs manuels. C’était exactement comme un épisode de « Caméra Cachée » : le visage de quelqu’un à qui on vient de jouer un sacré tour et qui ne sait absolument pas comment réagir. Ou pour dire les choses autrement, l’expression de quelqu’un qui, se croyant heureux en ménage, rentre chez lui à l’improviste et trouve sa femme au lit avec un déménageur.

Tout ce que les experts, les sondeurs, les superprévisionnistes, les politologues, les psychologues, les intellectuels, les consultants, les spécialistes du Big Data, pensaient savoir se révéla totalement bidon. Ainsi, mon rêve de mettre un rat sous la chemise de quelqu’un (comme je l’ai exprimé dans le Cygne Noir) devint soudain réalité.”

Note du traducteur :

Bien avant Nassim Nicholas Taleb, le Général De Gaulle avait déjà identifié les IMI qu’il appelait les « cervelles de colibri ».

Extrait de « C’était de Gaulle » d’Alain Peyrefitte :

« Ceux qui prônent l’intégration ont une cervelle de colibri, même s’ils sont très savants. Essayez d’intégrer de l’huile et du vinaigre. Agitez la bouteille. Au bout d’un moment, ils se sépareront de nouveau. Les Arabes sont des Arabes, les Français sont des Français. Vous croyez que le corps français peut absorber dix millions de musulmans, qui demain seront vingt millions et après-demain quarante ? Si nous faisions l’intégration, si tous les Arabes et les Berbères d’Algérie étaient considérés comme Français, comment les empêcherez-vous de venir s’installer en métropole, alors que le niveau de vie y est tellement plus élevé ? Mon village ne s’appellerait plus Colombey-les-Deux-Églises, mais Colombey-les-Deux-Mosquées… »

De la religion de l’Homme

« Car nous ne luttons pas contre la chair et le sang, mais contre les dominations, contre les autorités, contre les princes de ce monde de ténèbres, contre les esprits mauvais dans les lieux célestes.» Éphésiens 6:12

Dès sa naissance, l’Homme moderne se trouve plongé dans un bain idéologique qui imprègne ses pensées, façonne sa vision du monde et constitue la cause première de l’ensemble de ses maux.  L’habileté suprême de cette idéologie est d’avoir su camoufler sa nature, d’avoir nié ce qu’elle était pour se présenter sous l’apparence séduisante de l’évidence, de l’esprit du temps, de la norme raisonnable  confortablement installée dans le « cercle étroit de la raison ».

Ainsi, la plupart des hommes modernes souffrent et voient le monde qu’ils ont connu s’effondrer peu à peu autour d’eux sans comprendre pourquoi.  Comme Monsieur Bovary, ils pensent que tous leurs malheurs sont « la faute de la fatalité » sans réaliser qu’une idéologie sournoise a infecté chacune de leurs pensées,  de leurs actions et celles de l’ensemble de la civilisation occidentale.

Pour offrir au malade une chance de guérison, il est donc nécessaire de nommer précisément le mal et de lever le voile sur sa nature, ses caractéristiques mais aussi sur les artifices qu’il emploie pour parasiter une pensée saine afin de la rendre pathologique.

Le premier pilier de l’idéologie moderne est l’idée qui veut que l’Homme soit au centre de toute chose. Apparue à la Renaissance, développée durant les « Lumières »  et connaissant aujourd’hui son aboutissement dans notre période dite « post-moderne », cette conception a contaminé l’ensemble des champs politiques, sociaux et spirituels.

Loin d’être simplement pétrie de bons sentiments « humanistes », cette « religion de l’Homme » conduit à rejeter toute notion de hiérarchie ou d’ordre naturel. Cherchant à faire table rase du passé, elle considère le fait d’arracher l’être humain à son héritage, à ses traditions, à ses croyances ancestrales, à ses coutumes comme une « libération ». Opposée  à toute idée de transmission, d’héritage, de transcendance et d’inégalité naturelle, elle affirme que l’Homme est au centre de tout, qu’il s’auto-engendre et que sa volonté et ses désirs constituent la mesure de toute chose. C’est donc sans surprise que cette idéologie, qui, ayant commencé par détruire un ordre social et politique millénaire pour créer et célébrer le citoyen, cet être abstrait, né orphelin, resté célibataire et mort sans enfant, (Renan) trouve aujourd’hui son aboutissement dans le transhumanisme, le relativisme moral et la négation même des réalités physiques et biologiques au nom de la subjectivité et des convenances personnelles. Comme l’avait parfaitement compris et analysé Alexandre Soljenitsyne, cette conception anthropocentrée devenue la base de toute conception politique et sociale explique en grande partie le déclin des qualités morales et spirituelles de l’Occident.

Mais compte tenu de la gravité de la situation, cette analyse n’est plus suffisante.

Pour bien comprendre la nature du mal qui ronge l’Occident, il est nécessaire de bien faire comprendre aux hommes du XXIe siècle que cette « « religion de l’Homme » qui constitue les bases de notre système politique et social est en réalité d’essence satanique et que, depuis plusieurs siècles,  ces fameuses « Lumières » qui éclairent le monde sont en réalité celles de Lucifer, l’ange déchu dont le nom signifie littéralement le « porteur de lumière ».

En effet, comme l’avait parfaitement compris Saul Alinski, sociologue américain et maître à penser de la gauche radicale, Lucifer est le premier rebelle, le premier révolté, celui dont la devise est « Non serviam » (je ne servirai pas) et qui, pour avoir refusé l’ordre naturel en cherchant à prendre la place de Dieu, a été chassé du paradis pour régner sur Terre obtenant ainsi le tire de «Prince de ce monde ». Depuis sa chute, Lucifer n’a cessé de tenter et de tromper les hommes : « Rejette la volonté de Dieu, affranchis-toi de l’ordre divin, crée toi-même ta propre norme, deviens l’instrument de ta propre libération. Signe un contrat avec moi, Satan, et je t’apprendrai à te libérer pour ensuite devenir l’égal de Dieu ».

«Devenir l’égal de Dieu » : tel est le but ultime de cette « religion de l’Homme », de ce projet « humaniste » qui a trouvé dans le progrès technologique de notre siècle les moyens de pleinement s’accomplir. Si ce projet a pu aussi facilement s’imposer et tromper les hommes, y compris un grand nombre de chrétiens, c’est parce que Satan sait à merveille exploiter nos faiblesses et excelle à utiliser les dons de Dieu pour les pervertir et les corrompre. Puisque nous pouvons librement choisir entre le bien et le mal, Satan peut nous tenter et nous séduire ; puisque notre discernement nous permet de comprendre les lois de la Nature, Satan nous murmure que nous pourrions utiliser notre intelligence pour prendre la place de Dieu.

En vérité, l’idéologie moderne et ses « Lumières » ne sont en réalité que les ruses qu’emploie le Diable  pour tromper les hommes qu’il utilise comme autant de pions dans sa guerre contre Dieu. Contrairement à ce qu’affirment nombre de philosophes et de laïcs, le recul de la foi chrétienne n’a absolument pas conduit à bannir le religieux et son « obscurantisme »  de la société mais tout simplement à remplacer une religion par une autre : la religion de Dieu par la religion de l’Homme, le culte voué au Christ par celui voué à Satan. Et pour éviter au plus grand nombre de se rendre compte de la supercherie, quelle meilleure stratégie que de dissimuler ce projet derrière des grands et nobles principes tels que « les Droits de l’Homme », « l’Egalité » et «le « Progrès » ?

Monument des Droits de l’Homme, Paris, Champ de Mars

Le deuxième pilier de l’idéologie moderne est justement cette notion de « Progrès » selon laquelle plus nous respecterions les dogmes de la religion de l’Homme, plus nous augmenterions nos chances d’atteindre le salut. En réalité, loin de nous conduire vers un état social, politique ou même spirituel plus avancé, l’idéologie du Progrès constitue en réalité une régression vers un stade archaïque, primitif et violent.

D’un côté, la destruction de la Nation par le multiculturalisme, aggravé par l’antiracisme dévoyé, aboutit au retour des logiques tribales et communautaires ; de l’autre, la destruction de l’autorité légitime, le rejet des hiérarchies et le refus de la contrainte conduisent à un retour à l’état sauvage, à l’homme isolé et guidé par ses pulsions et ses instincts, ce que l’écrivain Renaud Camus a appelé la Décivilisation, un état social essentiellement caractérisé par le retour de la nocence,  c’est-à-dire la nuisance généralisée.

Sur le plan social et spirituel, comme l’a brillamment démontré Sylvain Durain, la destruction de l’ordre patriarcal conduit non pas à un monde plus pacifique et apaisé mais à un retour au régime primitif et violent du matriarcat sacrificiel qui constituait la norme dans la plupart des sociétés pré-chrétiennes. Cette analyse vient s’inscrire dans la continuité du travail du philosophe et anthropologue René Girard qui nous avertissait que la disparition du christianisme ne pouvait que mécaniquement s’accompagner d’un retour à la logique du bouc émissaire et, en conséquence, du sacrifice humain. Avortements, attaques terroristes, pédophilie, trafics d’êtres humains, guerres sans fin : toutes les horreurs du monde moderne peuvent être considérées comme des sacrifices humains à grande échelle qui, sous couvert de progrès, appartiennent en réalité à un monde marqué par une logique archaïque et primitive où le sang des innocents doit couler pour apaiser les dieux. Et comme l’a montré René Girard, ce processus sacrificiel, alimenté par la violence et la rivalité mimétiques, est entièrement contrôlé par Satan qui en constitue le premier bénéficiaire.

Les défenseurs de l’idéologie du Progrès ont-ils conscience que le retour de cette logique sacrificielle, nécessite des victimes expiatoires et que celles-ci sont toutes désignées : il s’agit de l’Homme occidental,  rendu responsable par son égoïsme, sa cruauté, son racisme et son mode de vie de tous les maux qui frappent la planète et l’humanité ? Et parmi ce peuple occidental, le bouc émissaire idéal ne serait-il pas ce mâle blanc attaché à son identité, à son peuple, à ses traditions, ce « gaulois réfractaire »,  forcément fasciste,  raciste, réactionnaire, touché par une forme aiguë de « lèpre populiste » ?  

Faisons les comptes : depuis l’avènement des « Lumières », combien de bébés occidentaux ont été arrachés au ventre de leur mère, combien d’enfants ont subi des abus et des sévices aux mains de violeurs et de leurs réseaux, combien de soldats sont morts lors de guerres bien souvent inutiles, combien de citoyens ont été tués par la pauvreté, les stupéfiants et la violence économique ? En réalité, ce sont des millions de victimes qui ont été sacrifiées sur les autels des temples de la modernité et si la violence, la cruauté et la guerre ont toujours fait partie de l’Histoire, jamais le sang n’aura autant coulé, jamais autant de victimes n’auront été sacrifiées que durant cette époque « éclairée » par les lumières des faux dieux !

Pour finir, le troisième pilier de l’idéologie moderne est celui de la croyance en cette rationalité, qui se trouve aujourd’hui renforcée par un développement sans précédent des moyens techniques et qui se manifeste de façon concrète dans la soi-disant « rationalisation » des processus d’organisation et de production des hommes et des choses.  En réalité, comme l’a montré le neurologue et psychiatre Iain McGilChrist, la pensée moderne se trouve marquée par la domination absolue de l’hémisphère gauche du cerveau, chargé de l’analytique et du verbal, sur le cerveau droit, chargé de la contextualisation et de la vision d’ensemble.

Sur le plan cognitif et cérébral, ce que la modernité considère comme un progrès constitue en réalité un  véritable appauvrissement et, une fois de plus, s’apparente à un renversement d’une hiérarchie naturelle qui voudrait que le cerveau droit, le Maître, prenne la décision suite aux informations fournies par l’hémisphère gauche, le Serviteur. Concrètement, cette domination sans partage de la logique analytique et rationnelle dans tous les aspects de l’existence a conduit à priver de sens les activités productives,  désormais découpées en tâches partielles, écrasées sous les normes ou réduites à des fonctions inutiles, les fameux « bullshit jobs » décrits par David Graeber. Sur le plan scientifique, la pseudo-rationalisation du processus d’acquisition des connaissances a conduit à conduit à la fonctionnarisation de la recherche et à une confusion totale entre la science (l’observation, la  rigueur dans le raisonnement) et le scientisme (l’apparence de la science via des statistiques, des modèles, des études randomisées en double aveugle).

Sur le plan artistique et culturel, cet appauvrissement cognitif généralisé se manifeste, dans la communication ou le divertissement, par une esthétique de plus en plus simplifiée, infantile et criarde mais c’est avant tout sur le plan architectural, les cubes lisses de verre et de béton ayant remplacé les façades ouvragées aux motifs complexes, que les ravages de la rationalité sur les processus cognitifs se révèlent de façon visible et manifeste.

Ancien et nouveau tribunal de Paris

En réalité, loin de faire grandir et progresser les hommes, l’idéologie moderne les conduit à une ruine sociale, politique et spirituelle totale avec en toile de fond la menace d’un anéantissement complet de notre civilisation et des peuples qui la composent. Pendant que l’homme moderne désespère, Satan ricane de lui avoir joué un si bon tour, tout heureux d’avoir su exploiter son orgueil pour le conduire sur le chemin de sa propre destruction.

Dès lors que faire ?

Quel est l’antidote, où trouver le remède ?

N’en déplaise aux athées et aux laïcs, la seule solution au mal qui ronge l’Occident s’appelle le christianisme. Loin d’être la relique barbare d’une époque révolue, la révélation chrétienne se révèle comme l’antidote parfait et absolu à tous les maux de la modernité.

Quoi de mieux en effet  que la parole de Dieu pour combattre Satan, ses œuvres et ses pompes ?

Face au Diable qui cherche à nous perdre en attisant notre orgueil, accepter Dieu, c’est accepter notre place au sein d’un ordre naturel qui nous dépasse et nous transcende. Accepter Dieu, ce n’est pas chercher à devenir son égal mais plutôt à nous rendre dignes des dons que nous avons reçu de Lui.  Accepter Dieu, ce n’est pas vivre dans la rivalité perpétuelle et dans l’envie mais dans l’amour, la grâce et la paix.

Retrouver Dieu, c’est retrouver la verticalité et le sens de la juste hiérarchie pour refonder notre société selon l’heureuse formule : « Un père dans la famille ; un père pour la Nation ; un père dans le Ciel ». Retrouver Dieu, c’est retrouver cette vision holiste où le tout est plus important que la partie et où le critère souverain n’est pas l’efficacité mais le sens.  Mais surtout accepter et retrouver Dieu, c’est rejeter l’arrogance de l’homme moderne pour reconnaître que nous ne sommes que de simples créatures, de pauvres pécheurs en demande de grâce et en quête de rédemption.

Accepter le mystère de l’Incarnation, c’est accepter la nature du Christ, vrai homme et vrai Dieu et se garder de toutes les hérésies qui ne sont que des succédanées et des perversions de la religion chrétienne. Wokisme, écologisme, satanisme, New Age : autant de chemins qui ne peuvent pas conduire au salut mais bien à la ruine. Charles Maurras affirmait que tout est politique mais en réalité tout est religieux et comme nous l’enseigne l’Évangile de Saint Matthieu, tout arbre doit être jugé à ses fruits et les arbres qui donnent de mauvais fruits doivent être coupés et jetés au feu. Si un arbre doit être jugé à ses fruits, comparons ceux, innombrables et précieux, que nous a légué la civilisation chrétienne à ceux pourris et véreux que nous recueillons en moins de trois siècles d’exposition à l’idéologie moderne.

Pour finir, tous ceux qui pensent que le christianisme est mort devraient se demander pourquoi des moyens aussi considérables ont été déployés depuis plusieurs siècles pour tenter de le tuer. Pour empoisonner durablement une civilisation, ne faut-il pas commencer par discréditer puis détruire l’antidote ?

Prenons donc garde de ne pas nous tromper de combat. Si la souveraineté, le remplacement démographique, l’effondrement économique sont des sujets de première importance, ils ne sont que des conséquences directes de cette idéologie moderne destructrice dont avons présenté ici les principaux piliers. En réalité, la véritable guerre est une guerre spirituelle et pour la gagner, suivons le conseil de Saint Paul, qui dans la lettre aux Éphésiens, nous appelle à revêtir l’armure de Dieu, à brandir l’épée de l’Esprit et à nous protéger derrière le bouclier de la Foi. Alors que Satan pense avoir triomphé, c’est en réalité une nouvelle aube chrétienne qui est en train de se lever sur le monde et c’est de la France, fille aînée de l’Église, que surgira le renouveau.

Pour aller plus loin:

Des boucs émissaires

Du triomphe de la Croix

Metropolis, Fritz Lang, 1927

De la défaite des conservateurs

Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes.” Bossuet

L’observation des rapports de force politiques au sein des sociétés occidentales révèle, en apparence, un paradoxe. Alors que les idées dites conservatrices semblent être largement partagées par la population ainsi que par la majorité des forces de sécurité, ce sont pourtant les idées « progressistes» qui se sont imposées en Occident, bien qu’il apparaisse de façon de plus en plus évidente qu’elles sont en train de conduire notre civilisation ainsi que les différents peuples qui la composent à la ruine.

Certains expliqueront le succès des forces progressistes par une meilleure organisation, une plus grande habileté et leur domination sans partage de secteurs essentiels au contrôle des esprits tels que l’éducation, les médias, la justice, le monde universitaire ou encore la culture. D’autres diront encore que le progressisme est une pathologie mentale affligeant des sociopathes dont le rapport relatif à la vérité leur permet plus facilement de mentir, de tricher et d’imposer à leurs adversaires des règles que ceux-ci ont la suprême naïveté de s’obstiner à respecter.

Tout cela est vrai mais ces analyses ignorent une dimension essentielle pour comprendre la nature profonde de l’idéologie des progressistes mais également la raison de leurs victoires répétées sur les conservateurs.

Pendant longtemps, le clivage « gauche/droite » a structuré la vie politique. Aujourd’hui, il s’est substitué, avec un ensemble de nuances, à un clivage « progressiste/conservateur» ou encore « oligarchie/populisme ». En France, la ligne de fracture se trouve le plus souvent entre, d’un côté, ceux qui se réjouissent ou nient le Grand Remplacement et ses corollaires et, de l’autre côté, ceux qui s’y opposent et le combattent. Malheureusement, aucun de ces clivages ne permet d’aller au fond des problèmes et leur emploi contribue à entretenir une confusion qui rend impossible une véritable résolution.

Pour le comprendre, il est nécessaire de prendre conscience que notre époque se trouve au cœur d’un conflit d’essence non pas politique mais religieuse. Comme je l’ai expliqué dans « De la religion de l’Homme », nous nous trouvons au cœur d’un combat entre deux visions radicalement opposées de l’Homme et de son rapport au divin : d’un côté, ceux qui placent l’Homme au centre de toute chose, adhèrent à l’idéologie relativiste du Progrès et cherchent donc à créer un ordre artificiel fondé sur l’individualisme, le matérialisme et toutes les fausses valeurs du « porteur de lumière» ; de l’autre, ceux qui admettent leur condition de créatures, acceptent de servir, croient en certaines vérités éternelles et immuables, et cherchent à trouver leur place au sein d’un ordre naturel créé par Dieu. 

En réalité, cette distinction oppose ce qu’il convient d’appeler l’esprit moderne à l’esprit traditionnel. Apparu à la Renaissance et s’étant développé et étendu avec les Lumières, l’esprit moderne est un phénomène propre à l’Occident ayant conduit à la disparition progressive des pensées, des comportements et des hiérarchies propres aux sociétés traditionnelles. Dans la crise du monde moderne, René Guénon a proposé une remarquable définition de l’esprit moderne :

Rien ni personne n’est plus à la place où il devrait être normalement ; les hommes ne reconnaissent plus aucune autorité effective dans l’ordre spirituel, aucun pouvoir légitime dans l’ordre temporel ; les « profanes » se permettent de discuter des choses sacrées, d’en contester le caractère et jusqu’à l’existence même ; c’est l’inférieur qui juge le supérieur, l’ignorance qui impose des bornes à la sagesse, l’erreur qui prend le pas sur la vérité, l’humain qui se substitue au divin, la terre qui l’emporte sur le ciel, l’individu qui se fait la mesure de toutes choses et prétend dicter à l’univers des lois tirées toutes entières de sa propre raison relative et faillible.

Adopter et comprendre cette grille de lecture permet de mieux comprendre les échecs répétés des « conservateurs ». En effet, faute de comprendre la véritable nature du clivage, nombre d’entre eux ont adopté dans les faits l’idéologie moderne et sont devenus mentalement et philosophiquement d’authentiques « progressistes ». Dès lors, comment vaincre un ennemi avec lequel la différence n’est pas de nature mais de simple degré ? Comment s’opposer à un système de valeurs dont on partage en réalité les postulats fondamentaux? Comment triompher d’un ennemi dont on a en réalité pleinement assimilé les valeurs ?

L’ironie de ce constat est d’autant plus cruelle qu’à bien des égards, les systèmes auxquels les « conservateurs modernes » prétendent s’opposer, en l’occurrence l’islam et le progressisme, se trouvent dans les faits bien plus proches des organisations et des modes de pensées traditionnels que de ceux des prétendus conservateurs et c’est justement cette proximité qui explique en grande partie leur succès. En effet, si l’homme moderne possède une supériorité, celle-ci est uniquement d’ordre technique et ne lui permet ni de combattre l’effondrement de sa propre civilisation, ni de remporter des victoires contre des adversaires restés fidèles à l’esprit traditionnel, comme en témoignent les échecs répétés de la super puissance américaine contre les Viêt-Cong et les Talibans.

De la même manière, il n’y a rien de surprenant à voir l’islam, système traditionnel, conquérir et remplacer les sociétés occidentales alors que ces mêmes sociétés, du temps où étaient encore traditionnelles, étaient parvenues durant plusieurs siècles à lui faire obstacle. Pour les modernes, il est en revanche encore plus difficile de comprendre qu’en dépit des apparences, la pensée « progressiste » s’avère bien plus « traditionnelle » que celle des conservateurs et que c’est justement cette proximité plus étroite avec la tradition qui contribue à expliquer aussi bien son influence que sa diffusion.

Commençons tout d’abord par rappeler que la pensée progressiste est de nature profondément religieuse, une véritable « religion de l’Homme », pouvant être considérée comme une authentique hérésie chrétienne. En effet, une analyse en profondeur de l’idéologie progressiste révèle que celle-ci possède toutes les caractéristiques d’une religion totale, composée de croyances, de rituels et de comportements qui englobent chaque aspect de la vie de l’individu et qui vont des interdits alimentaires (bio/végan) aux rituels expiatoires (bilan carbone), jusqu’à la parousie (métissage généralisé) et au jugement dernier (catastrophe climatique). Pour finir, la religion progressiste possède même ses démons (l’extrême droite), ses prophètes (Greta Thunberg) et ses martyrs (George Floyd).

En conséquence, les progressistes sont, à leur manière, en réalité bien plus proches de la pratique religieuse traditionnelle, qui place la religion au centre de tout, que ne le sont leurs homologues conservateurs pour qui la religion constitue bien souvent une dimension « à part » relevant du simple domaine privé.

Comparée à la ferveur de cette piété religieuse progressiste, autant dire que celle qui anime le camp conservateur fait plutôt pâle figure. Durant le confinement de 2020, combien de chrétiens sont descendus dans la rue pour protester contre la fermeture des églises ? Combien de conservateurs sont véritablement prêts à mourir pour lutter contre le Grand Remplacement ? Parmi les amoureux de la France et de ses traditions, combien, suivant l’exemple du chef des Talibans, seraient prêts à passer huit ans à Guantanamo pour faire advenir le Frexit ?

Au-delà de l’intensité et de la centralité de sa croyance religieuse, l’idéologie progressiste se trouve caractérisée, en dépit de son attachement proclamé à la défense de l’individu et de ses droits, par un fonctionnement traditionnel opérant selon une logique communautaire et tribale. Non seulement les progressistes possèdent la capacité d’agir et de penser en groupe, mais ceux-ci sont passés maîtres, des trotskistes aux Antifas en passant par l’Open Society de George Soros, dans l’art de se coaliser et de se mobiliser aussi bien pour la réalisation d’un projet commun, la défense du groupe que la neutralisation de ses adversaires. Là où les conservateurs peinent à développer des stratégies communautaires efficaces, les progressistes opèrent en réseau, organisent des manifestations, créent des associations, investissent des zones à défendre et se comportent davantage comme une communauté traditionnelle que comme des individus modernes, isolés, atomisés et in fine totalement inoffensifs.

Pour finir, les progressistes ont en commun avec les sociétés traditionnelles de respecter les hiérarchies, n’hésitant pas à se placer sous la tutelle de maîtres et de gourous. Qu’il s’agisse de Marx, de Lénine, de Mao, de Saul Alinsky ou encore de Greta Thunberg, les progressistes, en dépit de leur passion affichée pour l’égalité, ont l’intelligence de se placer sous l’autorité de grandes figures et d’appliquer avec une redoutable efficacité leurs préceptes ou leurs stratégies là où le conservateur, en parfait moderne, se croit capable de penser tout seul et d’inventer dans son coin sa propre doctrine d’individu « libre et éclairé » se condamnant par la même à la stérilité ainsi qu’à l’impuissance.

Pour conclure: la supériorité des progressistes/mondialistes sur les conservateurs tient au fait que ceux-là, qu’ils soient marxistes, écologistes ou lucifériens, sont profondément religieux et ont adopté un mode de fonctionnement social ou mental bien plus proche des sociétés traditionnelles, qu’ils rejettent en paroles mais imitent en actes, que celui des conservateurs qui, bien que prétendant défendre la tradition en paroles, souscrivent à la vision moderne de la société et de l’Homme en actes.

Pour échapper au piège de la modernité, les conservateurs doivent comprendre l’importance de se réapproprier les attributs de la société traditionnelle et qu’en Occident, le seul chemin passe par un retour au christianisme, une réalité parfaitement comprise par René Guénon dès 1927 :

Nous pensons d’ailleurs qu’une tradition occidentale, si elle parvenait à se reconstituer, prendrait forcément une forme religieuse, au sens le plus strict de ce mot, et que cette forme ne pourrait être que chrétienne car, d’une part, les autres formes possibles sont depuis trop longtemps étrangères à la mentalité occidentale et, d’autre part, c’est dans le Christianisme seul, disons plus précisément encore dans le Catholicisme, que se trouvent, en Occident, les restes d’esprit traditionnel qui survivent encore.

Si les Occidentaux veulent survivre et les conservateurs triompher, il faut donc qu’ils redeviennent chrétiens. Chrétiens non pas à la façon de Vatican II mais à la façon du Moyen Âge ; chrétiens de façon à comprendre que le catholicisme n’est pas un élément de l’identité française, il est l’identité française ; enfin, chrétiens de façon à comprendre que le vrai combat n’est pas politique mais spirituel. Une fois que la majorité des forces conservatrices ou populistes aura compris qu’en France, seul Dieu peut faire l’union des droites, tout le reste suivra.

Disons les choses clairement : tant que le peuple français, et les peuples occidentaux en général, n’auront pas retrouvé leur foi chrétienne ainsi qu’un mode de pensée traditionnel, l’effondrement de leur civilisation se poursuivra et ceux qui cherchent à l’empêcher ou à limiter son impact ne pourront aller que d’échecs en échecs.

Pour agir efficacement, il est donc nécessaire de rejeter les postulats fondamentaux de la modernité et d’œuvrer à la diffusion d’une pensée traditionnelle dont les points fondamentaux sont :

  • le primat du spirituel sur le matériel
  • le rejet de l’individualisme au profit de la défense du bien commun
  • l’affirmation de l’existence de certaines vérités éternelles et immuables

Comme l’avait compris René Guénon, l’essentiel de cet effort doit être d’une part, porté par une véritable élite, à condition que celle-ci ne se laisse pas détourner de son but aussi bien par les difficultés ni par les séductions exercées par de fausses doctrines promues par de faux prophètes et d’autre part, que cet effort soit accompagné par l’Église Catholique, seule institution occidentale encore détentrice, en dépit de tous les efforts pour la détruire de l’intérieur, d’une tradition encore vivante et authentique.

Mais surtout, cette diffusion de l’esprit traditionnel doit passer par un retour à un authentique esprit de conquête. Confronté à de formidables adversaires et à toute l’inertie de l’esprit du temps, les forces de la tradition ne doivent pas se contenter du rôle de dernier carré d’irréductibles chargés de préserver un tas de braises encore rougeoyantes qui, sans changement de complet de paradigme, finiront par s’éteindre et se transformer en cendres. Non! Il appartient à tous ceux qui veulent sauver leur pays et leur civilisation de souffler vigoureusement sur ces braises pour qu’en jaillisse à nouveau un grand feu qui, parti de France, ira éclairer d’abord l’Europe et ensuite le monde. Ce n’est qu’en adoptant cet état d’esprit plein d’espérance, de fougue et de courage que les jeunes conservateurs d’aujourd’hui trouveront la force de réaliser le grand projet entrevu par Simone Weil : le retour à un ordre éternel momentanément perturbé.

Pour aller plus loin :

La crise du monde moderne, René Guénon

Diagnostics, Gustave Thibon

La France Retrouvée

Du Moyen Âge

Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose.

Francis Bacon

Pour l’époque moderne, le Moyen Âge fait figure de repoussoir, une réalité que traduit à merveille le langage courant. N’entendons-nous pas sans cesse les journalistes, les hommes politiques et même certaines de nos connaissances se réjouir que « nous ne soyons plus au Moyen Âge » ou, à l’inverse, de condamner des pratiques, des comportements ou des idées qualifiés de  « dignes du Moyen Âge » ?

En réalité, cette vision extrêmement négative du Moyen Âge ne repose sur rien de plus qu’un ensemble de préjugés, en partie entretenus par une redoutable propagande sur laquelle nous reviendrons, ainsi que sur une ignorance profonde de cette période qui, bien que recouvrant plus de mille ans d’histoire se trouve le plus souvent résumée à quelques clichés : les seigneurs brutaux écrasant des paysans misérables sous les taxes et les corvées, une Église toute puissante contrôlant les esprits et brûlant les hérétiques au bûcher et des femmes cloîtrées dans des châteaux ou des couvents et réduites à la seule fonction de génitrice.

Avant de commencer à corriger cette image fausse en tous points, commençons par rappeler que l’existence même d’une période dite du « Moyen Âge » fait l’objet d’un vif débat parmi les spécialistes, conduisant même certains d’entre eux à affirmer que le terme de « Moyen Âge » constituerait une facilité de langage ne recouvrant aucune réalité historique. 

Pour l’historienne Régine Pernoud, il serait plus juste de parler tout d’abord de la période franque qui irait de la chute de Rome (476) à l’avènement des Carolingiens au VIIIe siècle. La seconde période serait celle de l’âge impérial d’une durée d’environ deux cent ans et correspondant au règne des Carolingiens. Le milieu du Xe siècle jusqu’au XIIIe siècle pourrait constituer l’âge féodal marqué, notamment en France, par un ensemble de caractéristiques communes et une véritable unité. Enfin, il serait possible de réserver le terme de moyen âge aux XIVe et XVe siècles, période de véritable transition entre le système féodal et la monarchie et marquée de surcroît par de profonds bouleversements sociaux, économiques et artistiques.

Loin de chercher à trancher ce débat de spécialistes, nous nous contenterons, dans le cadre de cet article, de tordre le cou à quelques clichés concernant le Moyen Âge, en premier lieu celui de la condition paysanne.

Commençons tout d’abord par rappeler que si l’esclavage constitue une des caractéristiques de la période antique, la pratique disparait totalement au Moyen-Âge en grande partie grâce à l’influence de l’Église. Dès 542, le Concile de Lyon interdit en effet de réduire en esclavage un homme libre et à partir de l’époque carolingienne, il sera définitivement interdit de mettre en esclavage des chrétiens, ce que revient à une interdiction de fait dans une Europe entièrement chrétienne. Si la disparition de l’esclavage a bien pour corollaire le développement du servage, il serait malhonnête de voir une équivalence entre les deux états. Là où l’esclave est juridiquement considéré comme une chose, le serf est considéré comme un homme, de surcroît baptisé et chrétien. A ce titre, il peut se marier, fonder une famille et posséder certains biens en propre.

Pour un esprit moderne, il est difficile de comprendre que ce lien qui attache le serf à sa terre constitue en réalité pour ce dernier une protection car même le seigneur ne peut l’en chasser. En échange, le serf a le devoir d’entretenir, de cultiver et d’embellir cette terre. Quel sort est le plus enviable ? Celui du serf assuré de finir ses jours sur son lopin de terre et de transmettre sa charge à ses enfants ou celui de l’ouvrier agricole moderne pouvant être licencié du jour au lendemain et condamné à quitter la terre qu’il a cultivé toute sa vie le jour de sa retraite venu ?  Aboli de fait au Moyen Âge, l’esclavage fera son grand retour avec la période moderne caractérisée, entre autres, par le retour de l’influence antique et notamment par un droit romain qui viendra à la fois soutenir la réintroduction de l’esclavage et appuyer la concentration monarchique du pouvoir.

Sur le plan politique, les esprits modernes ont justement une fâcheuse tendance à plaquer leur vision moderne du pouvoir et de la puissance publique sous une réalité médiévale bien différente dans les faits, et à bien des égards, autrement plus libre que celle que nous connaissons aujourd’hui. Commençons donc par rappeler que le serment d’homme à homme se trouve au cœur de la société médiévale. Chaque membre de la société qu’il soit roi, seigneur ou vilain se trouve au cœur d’un réseau extrêmement dense d’obligations réciproques qui se cumulent et parfois se chevauchent. Au sein de ce système, les droits ne sont pas accordés de façon abstraite par un code civil mais sont fixés de façon empirique par la coutume.

La complexité et la richesse de ce système féodal qui vient combler le vide laissé par l’effondrement de l’empire carolingien se trouve trop souvent réduit à la dénonciation caricaturale des fameux privilèges dont les révolutionnaires de 1789 feront leurs choux gras. Sur ce point, rappelons  tout d’abord que les privilèges les plus tristement célèbres comme le droit de cuissage ou de prélassement constituent en réalité de pures inventions mais surtout, soulignons que ces privilèges dénoncés par les révolutionnaires ne sont pas l’apanage des seuls seigneurs mais le plus souvent ceux de paysans, d’artisans, de meuniers et même parfois de communes entières !

Loin de notre monde régi par une seule loi venue d’en haut, le monde médiéval est un monde d’exceptions et de coutumes locales, « hérissé de libertés »  où il est souvent bien difficile pour le roi et le seigneur, dépourvu de moyens modernes de communication et de contrôle, de percevoir ce qui lui est dû, voire même de contraindre ses vassaux ou ses sujets d’obéir à ses ordres. Ce n’est d’ailleurs qu’à partir du XIIIe siècle, sous l’influence des juristes méridionaux  présents à la cour de Philippe le Bel que commencera ce processus de centralisation de l’autorité par la loi au détriment des particularités locales qui finira par aboutir à l’état centralisé que nous connaissons aujourd’hui. Pour conclure sur ce sujet, nous invitons le lecteur à comparer la condition du paysan médiéval « écrasé de taxes » selon l’imagerie populaire, en réalité frappé par un taux d’imposition compris entre 10 et 25%, à celle du citoyen « libre et éclairé » de l’année 2021 ponctionné, sous la forme de divers taxes et prélèvements,  de plus de 50% de ses revenus par l’État et devant, pour circuler en France, s’acquitter d’un grand nombre de droits de péage ou de frais de stationnement. 

Que serait tout discours sur le Moyen Âge sans cette dénonciation de l’Église accusée d’avoir étouffé pendant des siècles la connaissance  et d’avoir brulé tous les esprits iconoclastes de son temps sur les bûchers ? Une fois de plus, cette propagande ne résiste pas à l’examen des faits. En effet, les moines et les ecclésiastiques n’ont pas attendu la Renaissance pour redécouvrir, connaître et exploiter avec profit tous les auteurs de l’antiquité classique et produire des œuvres et des connaissances dont les chercheurs et historiens modernes ont souvent choisi d’ignorer l’existence.

Quant à la fameuse Inquisition, rappelons qu’elle ne concernait, en tant que « police interne », que les hérésies chrétiennes et que les condamnations au bûcher étaient en réalité fort rares (800 condamnés sur 44 674 inculpés sur trois siècles pour l’Inquisition espagnole). Quant au cas emblématique de l’affaire Galilée, souvent citée en exemple de l’obscurantisme en vigueur,  rappelons que les faits ont lieu non pas au Moyen Âge mais en pleine période classique (1633) soit plus de cent ans après la Réforme et un demi-siècle après la Concile de Trente !

Sur le plan religieux, ce que ne comprennent ou ne veulent pas comprendre les esprits modernes, c’est le contexte d’une société profondément marquée par la foi et dans laquelle la religion marque tous les actes de la vie quotidienne et assure la cohésion sociale et politique de la communauté. Là encore, l’intransigeance médiévale est-elle vraiment plus sévère de celle qui frappe aujourd’hui les dissidents, les mal-pensants et tous ceux qui contestent et refusent la doxa moderne ? Ne sont-ils pas dénoncés, excommuniés et jetés au bûcher médiatique avec zèle par les Torquemada des temps modernes ?  Et que penser d’une société qui sacrifie chaque année 200 000 enfants à naître, nie les faits contraires à l’orthodoxie politique ou sanitaire et condamne les Abélard de son temps à l’oubli ou à la mort sociale ? Les hommes du Moyen Âge ne seraient-ils pas horrifiés par l’obscurantisme de nos nouveaux grands prêtres et la barbarie de leurs sacrifices ?

Pour finir, un mot sur la place de la femme au Moyen Âge. Tout comme dans le cas de l’esclave, l’effondrement de l’empire romain conduit à une « libération » de la femme qui prendra fin à la période moderne marquée par le retour de l’influence antique. Au Moyen Âge, les femmes ne vivent pas cloitrées dans leur foyer ou dans un couvent : elles participent aux travaux de l’exploitation agricole familiale, sont abbesses, châtelaines et gèrent leur propre domaine ou celui de leur mari quand celui est en déplacement ou parti à la guerre. Dans cette société hiérarchisée, la femme et le mari occupent des rôles certes différents mais complémentaires. Sur ce point, les travaux de Sylvain Durain ont montré l’importance de ne pas confondre la famille chrétienne fondée sur l’autorité du père avec la famille dite « patriarcale » fondée sur la tyrannie du pater familias romain.   

Pour finir, n’en déplaise à ceux qui ont voulu voir dans l’Église un instrument d’oppression des femmes rappelons que celle-ci ne cesse au contraire de les défendre et de faire avancer leurs droits, notamment sur le plan du mariage, en rendant celui plus difficile à dénouer ou en militant pour le consentement de l’épouse à une époque où les mariages forcés ou les enlèvements sont légions.

De manière générale, comment imaginer qu’un siècle qui a inventé l’amour courtois, célébré la Vierge Marie et a compté plusieurs reines de caractère et un grand nombre d’abbesses aussi puissantes que des seigneurs féodaux ait pu être un siècle d’oppression généralisée des femmes ?  N’en déplaise à ceux qui cherchent à réécrire l’Histoire, c’est à partir de la Révolution Française, fortement inspirée par l’Antiquité et par Rome que la condition de la femme connaîtra un fort recul, une tendance qui sera accentuée et poursuivie par la société bourgeoise du XIXe siècle.  

Plus généralement et à travers les quelques exemples que nous venons de passer en revue, comment concilier cette vision négative du Moyen Âge avec celle d’une période historique qui a donné à notre pays et à notre civilisation les cathédrales, les abbayes, les premières universités, l’amour courtois, les premiers romans, l’aménagement du territoire par la paysannerie et un ensemble de monuments remarquables dont certains, comme le Mont Saint Michel, subsistent encore aujourd’hui ?

Pharmacie Santa Novella- Florence-1221

Alors malgré ce bilan, pourquoi le «Moyen Âge » continue-t-il d’être considéré par notre époque comme un âge barbare, un entre-deux obscur entre deux époques civilisées ? A qui a profité ce crime contre le Moyen Âge ?

Les premiers coupables apparaissent au XVIIIe siècle. Sous la plume des philosophes des Lumières et des penseurs favorables aux idées portées par la Révolution, le Moyen Âge devient cette période d’obscurantisme et de privilèges féodaux dont la Révolution devra permettre de libérer le peuple ! L’évocation de ces odieux privilèges, biens souvent fictifs, sera utilisée avec succès par les propagandistes de l’époque pour exciter le peuple contre cet Ancien Régime que l’on cherche à abattre et que l’on rend responsable de tous les maux.  Après une première charge qui aboutira à la destruction d’un ordre social millénaire et à la décapitation du roi, la deuxième offensive contre le Moyen Âge aura lieu dans la seconde moitié du XIXe siècle. C’est en effet à partir de 1850-1870 que seront publiés en France un grand nombre de livres de vulgarisation, de manuels scolaires et autres travaux d’historiens républicains qui se chargeront de faire entrer dans l’esprit des Français et des écoliers tous les clichés et préjugés sur le Moyen Âge dont la plupart perdurent encore aujourd’hui.

En réalité, s’il fallait détruire le Moyen Âge, c’est parce qu’à tous les niveaux, cette période constitue l’opposé exact de la modernité et offre l’exemple concret d’une société capable de vivre et de prospérer hors de ses postulats.

Pour célébrer le régime républicain et le contrat social entre les citoyens « libres et éclairés », il fallait diaboliser la royauté, le système féodal, ses privilèges étendus et ce réseau d’obligations réciproques qui unissaient les hommes les uns aux autres.

Pour élever des temples à la déesse Raison et célébrer le divin Progrès, il fallait nier l’apport du christianisme et la fécondité intellectuelle, artistique et sociale de la civilisation chrétienne.

Pour imposer la loi de l’argent, du marché et du contrat, il fallait faire oublier une société fondée sur la foi, l’honneur, le serment où les désirs de l’individu étaient subordonnés à la recherche du bien commun.

Plus généralement, c’est le souvenir de cette France et de cette Europe chrétienne qu’il fallait effacer des esprits pour les remplacer par la religion de l’Homme et les « Lumières » des faux dieux.

Si nos modernes ont dévalorisé ou tenté de passer sous silence le Moyen Âge, c’est pour mieux célébrer, à partir de la Renaissance, ce retour aux conceptions, aux modes, et aux idées de l’Antiquité classique, une évolution qui, bien que  considérée aujourd’hui de façon unanime comme un progrès, constitua en réalité un appauvrissement et marqua le début d’un processus d’effondrement dont les dérives de notre époque post-moderne constituent l’aboutissement.

Sur ce point, il est intéressant de noter que les spécialistes honnêtes du Moyen Âge arrivent, par un tout autre chemin, aux mêmes conclusions que le psychiatre Ian McGilchrist. Pour McGilchrist, la période moderne, commençant à la Renaissance, se trouve caractérisée par la prise de contrôle progressive de l’hémisphère gauche du cerveau chargé de l’analytique et du verbal au détriment de l’hémisphère droit, capable d’une pensée holiste et de la recontextualisation d’une information extérieure.

A travers l’opposition entre pensée moderne et pensée médiévale se joue en réalité une lutte plus vaste entre d’un côté, la pensée analytique, l’ordre rationnel, le droit romain, le pouvoir centralisé ; de l’autre, la vision holiste, le christianisme, l’ordre organique, le particularisme local. Deux conceptions différentes de l’Homme, et surtout, de son rapport à Dieu : d’une part un Homme qui cherche à gagner la puissance ou la faveur divine par des moyens techniques ou des rituels ; de l’autre, une créature certaine de l’amour de son Créateur, gardienne de Sa création et cherchant à se rendre digne de Sa Grâce.

Confrontés à l’impasse de la modernité, ceux qui ont aujourd’hui à cœur de reconstruire et de défendre cette civilisation chrétienne désormais menacée de ruine ne doivent pas chercher vainement à “revenir au Moyen Âge” mais doivent œuvrer à faire découvrir et à réhabiliter ce véritable âge d’or de la civilisation française et occidentale et se nourrir par l’esprit, l’organisation et l’esthétique d’une époque dont les exemples et les œuvres peuvent se révéler d’un grand secours pour vaincre et surmonter ces temps obscurs dans lesquels notre civilisation se trouve aujourd’hui plongée.

Pour aller plus loin :

Pour en finir avec le Moyen Âge, Régine Pernoud

Le Moyen Âge, une imposture, Jacques Heers

Économie médiévale et société féodale, Guillaume Travers

Corporations et corporatisme, Guillaume Travers

Le Maître et son émissaire

De la religion de l’Homme

Du “privilège blanc”

« On devrait gazer tous les blancs, cette sous-race »

Hafsa Haskar, vice-présidente du syndicat UNEF

Inscrite dans le cadre de la « théorie critique » développée par l’École de Francfort, la notion de « privilège blanc » dont la « théorie critique de la race » (Critical Race Theory ou CRT)  constitue l’expression contemporaine postule que chaque aspect des sociétés occidentales se trouve fondé sur un racisme ou sur une discrimination qui, faisant système, avantage les Européens blancs sans qu’ils ne s’en rendent compte, contribuant ainsi à entretenir un racisme « systémique ». Face à un mal aussi profond, la seule solution serait de « déblanchiser », c’est-à-dire déconstruire ou tout simplement détruire, la civilisation occidentale.

D’après le militant communiste américain, Theodore W. Allen, le concept de « race blanche » fut inventé dans les plantations coloniales pour permettre aux travailleurs blancs de se sentir supérieurs à leurs collègues noirs grâce à leur « privilège de la peau blanche ». Ce concept de « privilège blanc » fut ensuite repris en 1988 par la militante féministe et antiraciste Peggy McIntosh qui contribua à populariser le concept et à le diffuser dans les milieux radicaux et universitaires. Après plus de trente ans d’un travail de sape sans aucune véritable opposition, cette notion de «privilège blanc » se trouve désormais au cœur de la société américaine. Désormais, au grand dam de leurs parents, la Critical Race Theory est enseignée aux enfants des écoles privées les plus huppées du pays, les ingénieurs en recherche atomique du prestigieux laboratoire Sandia doivent suivre des stages pour « déconstruire leur privilège blanc » et les émeutes Black Lives Matter de l’été 2020 ont été défendues au nom de la « justice » et d’une nécessité de « réparation » par la quasi-totalité des élus démocrates.

En France, la notion de privilège blanc continue de faire son chemin et se voit même défendue au plus haut sommet de l’État, Emmanuel Macron ayant affirmé à plusieurs reprises que le « privilège blanc était un fait » et qu’il était temps de « déconstruire notre propre histoire ». Cette diffusion du concept au sein de la société française a pour conséquence directe la multiplication et la justification des revendications indigénistes portées, à titre d’exemples, par le comité « Justice pour Adama » ou la Ligue de Défense Noire ou bien, de façon plus diffuse, par l’augmentation, à l’Université, des conférences, ateliers ou manifestations déclarées « interdites aux blancs ».

Face à la banalisation rapide de cette notion totalement étrangère à la pensée ou à la tradition française, il est, dans un premier temps, nécessaire de comprendre que la notion de privilège blanc s’inscrit dans le cadre de cette guerre hors limites menée par les mondialistes aux peuples occidentaux. Dans cette guerre, les militants indigénistes ainsi que les universitaires d’extrême-gauche  ne sont que des pions manipulés par des intérêts extérieurs qui les utilisent pour détruire de l’intérieur les nations, les peuples et leurs identités selon le processus classique de subversion parfaitement analysé par le transfuge du KGB et spécialiste du sujet, Yuri Bezmenov.

Sans surprise, plusieurs enquêtes ont révélé que le mouvement Black Lives Matter était en partie financé par la fondation Open Society de George Soros dont les stratégies d’influence via les ONG et la société civile sont parfaitement documentées. En France, l’analyse du CV d’Assa Traoré du comité « Justice pour Adama » a permis de découvrir que celle-ci était jusqu’à récemment une employée de la fondation Rothschild, partageant un employeur avec Emmanuel Macron, ancien salarié de la banque du même nom.

Au-delà des revendications portées par les indigénistes et autres « décoloniaux », il est nécessaire de comprendre que cette notion de « privilège blanc » est utilisée de façon extrêmement perverse pour atteindre plusieurs objectifs dans le cadre de la guerre hors-limites menée aux peuples occidentaux :

1-remettre en cause le fait que les occidentaux vivent dans des sociétés conçus par eux et pour eux et qu’à ce titre, il est normal que leurs normes et modes de fonctionnement s’imposent aux populations étrangères ou aux minorités.  Le concept de « privilège blanc » vise à transformer ce qui est normal en quelque chose de « problématique » et de justifier que la minorité impose ses lois et ses codes à une majorité dépeinte comme fondamentalement raciste et oppressive.

2- désamorcer la critique et les conséquences désastreuses du multiculturalisme et de l’immigration de masse sur les sociétés occidentales. La notion de privilège blanc permet ainsi de renverser la charge accusatoire : ce n’est pas l’implantation massive de populations étrangères issues d’une autre civilisation sur le sol européen qui pose problème mais bien ce «privilège blanc » source permanente d’injustice et de conflits.  Pour achever l’opération de verrouillage intellectuel, toute critique de la notion de « privilège blanc » est associée au « suprématisme blanc » ou au « racisme ».

3- organiser et justifier la discrimination envers les peuples occidentaux. Au nom de la lutte contre le « privilège blanc », les Européens doivent accepter que les minorités ou les immigrés bénéficient de droits et de privilèges notamment dans l’accès à l’emploi, au logement, aux services publics, supérieurs à ceux des peuples historiques. Au nom de la lutte contre des privilèges considérés comme acquis par l’oppression, les blancs doivent désormais accepter et même approuver la discrimination dont ils font l’objet. Ainsi, la notion de privilège blanc contribue d’une part à détruire la notion historique de citoyenneté mais aussi de justifier la véritable discrimination dont les peuples historiques font l’objet.

Une fois de plus, nous voyons ici à l’œuvre la logique satanique des mondialistes qui vise à corrompre et à inverser toutes les valeurs : l’européen doit finir par se sentir coupable d’être ce qu’il est, coupable de vivre dans une société créée par et pour lui, coupable de ses réussites, de ses succès et de ses victoires et doit, pour surmonter son « privilège blanc », accepter de céder la place à des étrangers pour devenir lui-même un étranger dans son propre pays !

Loin d’être un phénomène uniquement social ou politique, cette notion de « privilège blanc » et toutes les dérives auxquelles elle donne lieu constitue un phénomène d’essence fondamentalement religieuse. Comme l’a compris Joseph Bottum, la culture woke (progressiste) dans laquelle s’inscrit la lutte contre « le privilège blanc » s’apparente à une forme de post-protestantisme pour une société qui, croyant avoir rejeté le religieux, le ressuscite en réalité sous d’autres formes. Pour l’idéologie woke, être blanc, c’est être souillé par le péché originel, Joe Biden ayant d’ailleurs affirmé durant sa campagne que le “privilège blanc” était “une tâche sur l’âme de la Nation”.

Malheureusement, comme l’écrit Joseph Bottum, « nous avons maintenant une Église du Christ sans le Christ, cela veut dire qu’il n’y a pas de pardon possible». Or, sans le sacrifice du Christ, il ne reste plus que le péché et ce péché, dans un monde déchristianisé, ne peut être lavé que par des rituels expiatoires : genoux à terre, réparations, excuses publiques mais aussi par des sacrifices. Comme nous l’avons montré dans plusieurs articles, le blanc représente aujourd’hui le bouc émissaire idéal et tous ceux qui défendent l’idée de privilège blanc doivent comprendre que cette idée ne peut que conduire au sacrifice total des blancs. Pour laver le monde de ses péchés, il faut que les blancs disparaissent.

Ce phénomène témoigne une fois de plus du retour du religieux le plus archaïque dans un monde qui aime se croire gouverné par la Raison et le Progrès mais aussi du danger mortel qui plane sur une civilisation occidentale désormais affaiblie et attaquée de tous côtés. Arme de déconstruction massive, une idée comme celle du “privilège blanc” plante dans les esprits les graines d’un futur génocide tout en poussant ses potentielles victimes à consentir, pour le bien de l’Humanité, à leur propre extermination.

Grâce à son fonds chrétien catholique mais aussi à l’universalisme républicain qui en découle, la notion de privilège blanc progresse plus difficilement en France que dans l’Amérique protestante. Néanmoins, comme nous l’avons vu, le phénomène se développe de plus en plus rapidement à la fois à l’Université et dans la société civile. Par conséquent, il est de notre devoir d’avertir en premier lieu les militants antiracistes mais aussi tous ceux qui ne se sentent pas concernés par ce combat : à partir du moment où vous êtes blanc, vous avez été désigné comme un ennemi. Par conséquent, vous pourrez donner tous les gages d’antiracisme que vous voudrez, vous êtes coupables par essence et devez donc être éliminés ou soumis. Si vous ne luttez pas de toutes vos forces contre ce concept de « privilège blanc » et les revendications indigénistes qui en découlent, il finira par vous dévorer.

Quant à ceux qui occupent une position de responsabilités, élus, professeurs, responsables associatifs, chef d’entreprise, ils doivent impérativement comprendre le danger de cette notion de « privilège blanc » et tout le risque de violence et d’injustice qu’elle porte en son sein et ainsi réaliser l’importance de la combattre vigoureusement et de ne pas lui céder un seul pouce de terrain.

Pour finir, rappelons que le meilleur antidote à toute cette folie progressiste, à la fois pour l’individu mais aussi pour la société, reste la religion chrétienne et la foi en Jésus Christ. Non seulement la vraie foi permet au sentiment religieux de s’exprimer de façon saine et nous évite de nous prosterner devant de fausses idoles ou des faux dieux mais surtout, elle nous rappelle que nous avons tous été pardonnés par le Christ, mort sur la Croix pour nos péchés, et qu’à ses yeux, il n’y a plus de blanc, ni de noir, d’esclave ou d’homme libre car tous ne font plus qu’un en Jésus Christ (Galates 3:28).

Pour aller plus loin :

Stratégie de subversion (Bezmenov)

Des boucs émissaires

Du Triomphe de la Croix

De la religion de l’Homme

De la guerre hors limites

De l’islam

Avec vos lois démocratiques nous vous coloniserons ; avec nos lois coraniques, nous vous soumettrons” Youssef Al Quaradawi

A en juger par le traitement réservé à l’islam en France, un grand nombre de politiques, de journalistes et de français n’ont jamais eu la curiosité  de lire le Coran ou de s’intéresser à la pensée ainsi qu’à la théologie islamique.

Sur le sujet, il est bon de rappeler quelques notions de base :

1-Pour les musulmans, l’islam représente la révélation ultime, celle qui rend caduque toutes les précédentes (judaïsme et christianisme). Chrétiens et juifs sont dans l’erreur. Pour ne plus l’être, ils devraient se convertir à l’islam. L’athéisme, lui, est considéré comme une abomination absolue.

2-Le Coran est incréé. C’est la parole de Dieu en direct, contrairement aux Évangiles où la parole de Dieu passe par la médiation de l’homme.  Le Coran étant incréé, il s’agit pour les musulmans  d’une perfection absolue.  A ce titre, il ne saurait être soumis à  aucune modification, ni réforme. Dans l’histoire, toute les tentatives de réformer le Coran n’ont jamais abouti ou ont été sauvagement réprimées.

3-Cette loi de Dieu étant une perfection révélée dans le cadre de l’ultime révélation, elle a vocation à s’appliquer à la terre entière.  La paix promise par l’islam, c’est la paix d’un monde entièrement régi par la loi de Dieu, la charia. Quand un musulman dit : «que la paix soit avec toi », c’est une invitation à se convertir à l’islam.

4-Pour l’islam, le monde est divisé en deux domaines. D’un côté, le Dar Al Islam, la demeure de l’islam où la charia est appliquée et où vivent les croyants. De l’autre côté, le Dar El Arb, la demeure de la guerre, que les musulmans doivent conquérir et où vivent les mécréants. Aujourd’hui, l’Europe est considérée comme le Dar El Arb par excellence

5-La conquête et l’agression sont des éléments fondamentaux de l’islam car ils sont encouragés par Allah et le prophète. L’islam s’est diffusée dans le monde via la conquête militaire et dans le Coran, un grand nombre de versets sont sans aucune ambiguïté sur le sort qui doit être réservé aux non-musulmans :

Le Coran, sourate 60, verset 4 « Entre vous et nous, l’inimitié et la haine sont à jamais déclarées jusqu’à ce que vous croyiez en Allah. »

Le Coran, sourate 2 verset 193 : « Et combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’association et que la religion soit entièrement à Allah seul. S’ils cessent, donc plus d’hostilités, sauf contre les injustes. »

Le Coran, sourate 4 verset  56-57 : « Certes, ceux qui ne croient pas à nos versets  nous les brûlerons bientôt dans le feu. Chaque fois que leurs peaux auront été consumées, Nous leur donnerons d’autres peaux en échange afin qu’ils goûtent au châtiment. Allah est certes Puissant et Sage ! »

6-Les terroristes ne sont en aucun cas des croyants dévoyés  non représentatifs de l’islam. Au contraire, ils appliquent le Coran à la lettre et respectent scrupuleusement la volonté d’Allah.

Le Coran sourate 47 verset 4 : « Lorsque vous rencontrez les mécréants, frappez-les au cou. Puis quand vous les avez dominés, enchaînez-les solidement. »

Le Coran sourate 95, verset 4: « Allah accorde sa préférence à ceux qui se battent plutôt qu’à ceux qui restent à la maison. Il a  distingué ses combattants en leur accordant une immense récompense. »

7-La laïcité ainsi que les droits de l’homme sont  incompatibles avec l’islam. L’islam ne reconnaît  en effet ni la liberté de conscience (l’apostasie y est punie de mort), ni l’égalité hommes/femmes, ni l’égalité tout court (les mécréants ont le statut de dhimmi), sans parler du sort qu’il réserve aux homosexuels et autres « déviants ». L’islam est la religion de la soumission (islam) alors que la civilisation européenne et le christianisme promeuvent l’émancipation.

8-Pour le musulman, les lois de dieu (la charia) priment sur la loi des hommes (la res publica). En islam, il n’existe aucune distinction entre le religieux et le politique, entre le temporel et le spirituel. Le chef politique étant également commandeur des croyants, la laïcité y est impossible. A la lecture du Coran, véritable code civil,  il apparaît clairement que l’islam est un projet politico-juridique sous couvert de religion. Parler d’islam politique est un pléonasme. Par essence, l’islam est politique.

9-Avant même d’être un projet politico-juridique, l’islam est une nation. La nation de l’islam, c’est l’oumma, la communauté des croyants. Même si de fortes dissensions existent au sein de l’oumma, entre shiites et sunnites par exemple, les musulmans sont solidaires contre les mécréants. Comment peut-il y avoir d’appartenance à une communauté nationale si les musulmans se définissent avant tout par leur pratique religieuse?

10 – Qui sont les musulmans “modérés” ? Croient-ils-ou non qu’« il n’y a pas d’autres dieux qu’Allah et que Mahomet est son prophète ». S’ils le croient, ils placent alors  la loi de leur dieu au-dessus de la loi des hommes.  S’ils ne le croient pas, ils ne sont pas musulmans. De plus, le jour où les « radicaux » voudront imposer l’islam en France, les « modérés » seront-ils  majoritairement du côté des mécréants ou de leurs frères musulmans ?

11-L ’ « islam des lumières » vanté par certains a toujours été ultra-minoritaire. Toute les tentatives de réformer l’islam ou d’en sortir (Ataturk en Turquie, Nasser en Egypte) ont échoué. L’islam qui s’impose est toujours le “vrai” islam, le plus fidèle à la lettre comme à l’esprit du Coran. C’est d’ailleurs cette version qui est diffusée avec des moyens considérables par les monarchies pétrolières comme l’Arabie Saoudite ou le Qatar.

12- En France, les musulmans se sont déjà vus offrir l’occasion de pleinement s’assimiler. En 1870, les décrets Crémieux proposèrent aux algériens l’obtention de la nationalité française en échange du rejet de l’islam. Contrairement aux juifs, les musulmans algériens préfèrent conserver le « statut personnel », la charia, plutôt que de devenir pleinement français. Si les musulmans ont refusé de s’assimiler en 1870 pourquoi le feraient ils en 2019?

13- En France, l’assimilation ne progresse pas. Selon un récent sondage, 27% des musulmans  pensent que la charia devrait primer sur les lois de la République. Ce chiffre monte à près de 50% pour les jeunes générations.  Notons également qu’entre 1989 et aujourd’hui,  la proportion de musulmans allant prier le vendredi à la mosquée a doublé s’établissant aujourd’hui à près de 40%. Toutes les études confirment que les jeunes générations sont bien plus religieuses et radicales que celles de leurs parents.

14-Dès son origine, l’islam a su avancer masqué à chaque fois qu’il était trop faible pour s’imposer. Pour ce faire, il a développé un principe dissimulation stratégique: la taquiya. La taquiya permet aux musulmans de prétendre respecter les règles de la société d’accueil jusqu’au moment où ils se trouvent assez forts et nombreux pour prendre le pouvoir et imposer la loi islamique. Le mouvement des frères musulmans est passé maître dans cet art. 

15-En réalité, il existe deux Coran: le Coran de la Mecque et le Coran de Médine. Le premier a été rédigé à l’époque où Mahomet et ses disciples se trouvaient en position minoritaire. Il est celui qui contient tous les versets appelant à la tolérance et à la concorde sur lesquels s’appuient ceux qui présentent l’islam comme une religion de paix et d’amour (sourate 2 verset 256 par exemple). Ceux ci oublient de dire que ces verset ont été abrogés par le Coran de Médine, “coran de combat” rédigé après l’Hégire alors que Mahomet, désormais en exil, devient un véritable chef de guerre et appelle sans ambiguïté à la soumission et aux massacres des mécréants (versets 5 et 29 dits “de l’épée” de la sourate 9). La règle de l’abrogation (Nâskh oua Mansûkh) permet de prendre uniquement en considération le dernier verset révélé, celui de Médine, et donc d’entretenir en permanence un double discours visant à duper les mécréants.

16-l’islamisation de l’Europe est un projet prévu de longue date, à la fois par le mouvement des Frères Musulmans mais aussi par les nations islamiques elles-mêmes . Réunie à Doha en 2000, l’organisation de la coopération islamique a publié un document dans laquelle elle détaille les actions à mener pour islamiser l’Europe : construction de mosquées, lobbying, voile dans l’espace publique, enseignement de l’arabe à l’école etc…

17-Incapable de l’emporter dans le cadre d’un affrontement direct, l’islam a développé une double stratégie pour conquérir l’Europe vieillissante : la démographie et les droits de l’homme. Comme l’a dit le président algérien Boumedienne en 1974 “le ventre de nos femmes nous donnera la victoire” et comme l’a dit le prédicateur Youssef Al Quaradawi “Avec vos lois démocratiques nous vous coloniserons ; avec nos lois coraniques, nous vous dominerons.”

Si la France ne veut pas devenir une république islamique, il va falloir qu’elle ouvre les yeux et qu’elle comprenne que face à l’islam, seules deux attitudes sont possibles: se soumettre ou se battre.

Pour aller plus loin:

Le Projet, Alexandre del Valle (L’Artilleur)

Islam et judéo-christianisme, Jacques Ellul (PUF)

Stratégie de l’action islamique culturelle à l’extérieur du monde islamique

Du leadership

On guide les moutons, on conduit le bétail, on mène les Hommes. Soyez le chef que je vais suivre, suivez le chef que je suis ou écartez-vous de mon chemin.

George S. Patton

Dans une langue, les mots représentent toujours la partie émergée de la pensée.

Pour ce qui concerne l’autorité ou la direction, le français part toujours de la tête (capita) qui nous donne le mot « chef ». Le chef commande, dirige ou encadre. Placé à la tête du corps social, il ordonne et les membres obéissent. Pour la langue et la pensée française, l’autorité est verticale et s’inscrit dans un ordre « naturel » ainsi que dans une logique géométrique qui se retrouve également dans l’architecture classique et les jardins à la française.

L’approche anglaise est toute autre.

En anglais, le chef est un « leader » et « to lead » signifie conduire, guider, mener.

Le leader n’est pas une tête placée  « en haut » mais un guide placé  « devant ». Posté en première ligne, non seulement le leader s’expose davantage mais pour que les autres le suivent, il doit être capable de les entraîner à sa suite. Pour la langue et la pensée anglaise, l’autorité est horizontale, dynamique mais surtout, elle n’est jamais totalement acquise car elle ne procède pas d’un ordre « naturel ».

Ces différences radicales  dans l’approche et la conception du leadership expliquent en grande partie pourquoi les managers français sont, années après années, systématiquement classées parmi les plus mauvais au monde et pourquoi le monde anglophone est parvenu à imposer son modèle et sa domination économique à l’ensemble de la planète.

Tout le paradoxe de la culture française, comme l’a démontré Geert Hofstede,  est d’être à la fois individualiste mais en même temps marquée par la distance hiérarchique et le concept d’honneur.

Ces traits étaient parfaitement adaptés à un peuple de paysans, de petits commerçants, d’artisans et surtout de soldats dirigés par un roi, institution prenant en charge de façon quasi-exclusive les questions de leadership. Mais aujourd’hui, dans une république et dans un monde où l’économie et l’entreprise occupent un rôle central, cette absence de véritable culture du leadership  en France contribue grandement à son affaiblissement et à sa perte d’influence.

 Les Français ne seront jamais des anglais et des américains et c’est une véritable absurdité de croire qu’il soit possible ou même souhaitable de chercher à modifier l’ADN culturel des peuples.

 Le leadership est-il donc incompatible avec cette anthropologie française ?

Napoléon Bonaparte apporte sur ce point le plus brillant des contre-exemples.

Ennemi juré des anglais, Napoléon sut  appliquer, parfois même bien mieux qu’eux, des principes de leadership qui sont encore enseignés aujourd’hui dans les meilleures écoles de management.

Quelles sont les caractéristiques qui distinguent le leader d’un bon chef ?  

En premier lieu, un leader comprend que le leadership est bien plus qu’une formule creuse de séminaire pour cadre dirigeants. C’est une façon de vivre, un filtre avec lequel on regarde le réel.

Comme le dit John Maxwell, les leaders abordent tous les sujets avec un regard de leader.

Que cela signifie t’il concrètement ?

Tout d’abord, les leaders voient ce que les autres ne voient pas.

Pensant toujours à long terme, ils détectent l’opportunité et devinent le véritable potentiel d’une personne ou d’une idée. Brillant officier d’artillerie, Napoléon vit comment utiliser le siège de Toulon puis la campagne d’Italie pour se forger une réputation nationale et surtout comment profiter des troubles nés de la révolution française pour prendre le pouvoir et faire de la France un nouvel empire romain.

Surtout, le véritable trait distinctif du leader se trouve dans son rapport aux autres.

Un vrai leader comprend et applique les règles suivantes :

1-Le potentiel d’un leader est déterminé par les gens dont il s’entoure

Un leader est toujours à l’affut des talents. Dès qu’il en repère un, il cherche à l’intégrer le plus rapidement possible à son organisation. Combien de jeunes et brillants soldats furent sortis du rang par Napoléon pour devenir maréchaux, ducs et même rois dans le cas de Murat ou Bernadotte ? Même si ces derniers représentaient une menace pour lui, Napoléon préférât travailler avec des esprits brillants comme Talleyrand et Fouché  car il savait qu’un leader entouré de médiocres devient lui-même médiocre.  

2-Un leader assuré n’a pas peur de donner du pouvoir aux autres

Une fois la confiance acquise, le leader n’a pas peur de déléguer et de laisser une large autonomie à ses collaborateurs  tout en fixant un cadre clair et des objectifs précis. Napoléon développa une doctrine militaire laissant une grande autonomie à ses corps d’armées et à ses généraux leur permettant ainsi de prendre de vitesse des adversaires beaucoup moins agiles et plus lourds à manœuvrer.

3-Un leader sait qu’il faut un leader pour faire naître un leader

Au début de son parcours, le leader cherche des mentors qui vont l’aider à devenir  un leader en lui confiant des responsabilités.  Par la suite, il deviendra lui-même un mentor pour une nouvelle génération de leaders. Au début de sa carrière, Napoléon se plaça sous la protection de Barras qui lui confia ses premières responsabilités. Devenu général puis  premier consul, il n’aura de cesse d’essayer de faire émerger des leaders, que ce soit parmi ses généraux ou dans sa propre famille.

4-Un leader comprend que pour progresser, il faut être capable de sacrifier.

Un leader doit être capable de se détacher des notions de statut, de carrière et même parfois même faire des sacrifices financiers pour atteindre par la suite une position d’influence et de leadership plus importante. Qu’il soit général ou empereur, Napoléon alla toujours risquer sa vie sur les champs de bataille pour être au plus près de ses troupes. Un autre leader, De Gaulle, général et sous-secrétaire d’Etat à la défense, prit le risque de tout perdre, il fut même condamné à mort par Vichy, pour devenir  leader de la résistance. Un grand leader a toujours du « skin in the game ».

5-Un leader n’a réussi que dans la mesure où il a trouvé quelqu’un pour lui succéder.

Véritable mentor, il cultive en permanence un vivier de jeunes leaders afin que l’organisation qu’il a créée ne connaisse jamais une crise de leadership et survive à son départ ou à sa mort. Même s’il échoua sur ce point, Napoléon  fit tout ce qui était en son pouvoir pour assurer la pérennité de sa dynastie. Il créa une noblesse d’empire, plaça sa famille et ses maréchaux sur les trônes d’Europe et épousa la fille de l’empereur d’Autriche qui lui donna un fils : le roi de Rome.

Napoléon, comme tous les grands leaders, avait compris une chose essentielle.

« Un chef additionne ses forces en s’entourant de disciples ; un leader multiplie les siennes en s’entourant de leaders. »

Aujourd’hui, l’absence de véritable culture du leadership fait des ravages en France,  aggravés par l’incompétence des élites et la vision court-termiste de l’époque.

De nombreuses entreprises pourtant performantes doivent fermer ou sont reprises par des investisseurs étrangers car leurs dirigeants n’ont pas correctement prévu leur succession. Peu valorisés et mal soutenus, les Français les plus brillants partent à l’étranger où une véritable culture du leadership les identifie et leur confie des responsabilités. Sur le plan politique, les anciens partis désormais moribonds vont d’échecs en échecs incapables de faire émerger un nouveau leadership tandis que l’opposition reste prisonnière  d’un milieu, d’une famille ou d’un clan.  Enfin, au lieu de confier des responsabilités aux leaders de demain, la génération du baby-boom s’accroche à ses postes, à ses prébendes et à ses privilèges.

Un pays sans leaders est un pays sans avenir et la France attend désespérément le vrai leader qui viendra redresser la barre et la sauver du naufrage.

Pour aller plus loin :

Les 21 lois du leadership, John Maxwell