De la défaite des conservateurs

Dieu se rit des hommes qui déplorent les effets dont ils chérissent les causes.” Bossuet

L’observation des rapports de force politiques au sein des sociétés occidentales révèle, en apparence, un paradoxe. Alors que les idées dites conservatrices semblent être largement partagées par la population ainsi que par la majorité des forces de sécurité, ce sont pourtant les idées « progressistes» qui se sont imposées en Occident, bien qu’il apparaisse de façon de plus en plus évidente qu’elles sont en train de conduire notre civilisation ainsi que les différents peuples qui la composent à la ruine.

Certains expliqueront le succès des forces progressistes par une meilleure organisation, une plus grande habileté et leur domination sans partage de secteurs essentiels au contrôle des esprits tels que l’éducation, les médias, la justice, le monde universitaire ou encore la culture. D’autres diront encore que le progressisme est une pathologie mentale affligeant des sociopathes dont le rapport relatif à la vérité leur permet plus facilement de mentir, de tricher et d’imposer à leurs adversaires des règles que ceux-ci ont la suprême naïveté de s’obstiner à respecter.

Tout cela est vrai mais ces analyses ignorent une dimension essentielle pour comprendre la nature profonde de l’idéologie des progressistes mais également la raison de leurs victoires répétées sur les conservateurs.

Pendant longtemps, le clivage « gauche/droite » a structuré la vie politique. Aujourd’hui, il s’est substitué, avec un ensemble de nuances, à un clivage « progressiste/conservateur» ou encore « oligarchie/populisme ». En France, la ligne de fracture se trouve le plus souvent entre, d’un côté, ceux qui se réjouissent ou nient le Grand Remplacement et ses corollaires et, de l’autre côté, ceux qui s’y opposent et le combattent. Malheureusement, aucun de ces clivages ne permet d’aller au fond des problèmes et leur emploi contribue à entretenir une confusion qui rend impossible une véritable résolution.

Pour le comprendre, il est nécessaire de prendre conscience que notre époque se trouve au cœur d’un conflit d’essence non pas politique mais religieuse. Comme je l’ai expliqué dans « De la religion de l’Homme », nous nous trouvons au cœur d’un combat entre deux visions radicalement opposées de l’Homme et de son rapport au divin : d’un côté, ceux qui placent l’Homme au centre de toute chose, adhèrent à l’idéologie relativiste du Progrès et cherchent donc à créer un ordre artificiel fondé sur l’individualisme, le matérialisme et toutes les fausses valeurs du « porteur de lumière» ; de l’autre, ceux qui admettent leur condition de créatures, acceptent de servir, croient en certaines vérités éternelles et immuables, et cherchent à trouver leur place au sein d’un ordre naturel créé par Dieu. 

En réalité, cette distinction oppose ce qu’il convient d’appeler l’esprit moderne à l’esprit traditionnel. Apparu à la Renaissance et s’étant développé et étendu avec les Lumières, l’esprit moderne est un phénomène propre à l’Occident ayant conduit à la disparition progressive des pensées, des comportements et des hiérarchies propres aux sociétés traditionnelles. Dans la crise du monde moderne, René Guénon a proposé une remarquable définition de l’esprit moderne :

Rien ni personne n’est plus à la place où il devrait être normalement ; les hommes ne reconnaissent plus aucune autorité effective dans l’ordre spirituel, aucun pouvoir légitime dans l’ordre temporel ; les « profanes » se permettent de discuter des choses sacrées, d’en contester le caractère et jusqu’à l’existence même ; c’est l’inférieur qui juge le supérieur, l’ignorance qui impose des bornes à la sagesse, l’erreur qui prend le pas sur la vérité, l’humain qui se substitue au divin, la terre qui l’emporte sur le ciel, l’individu qui se fait la mesure de toutes choses et prétend dicter à l’univers des lois tirées toutes entières de sa propre raison relative et faillible.

Adopter et comprendre cette grille de lecture permet de mieux comprendre les échecs répétés des « conservateurs ». En effet, faute de comprendre la véritable nature du clivage, nombre d’entre eux ont adopté dans les faits l’idéologie moderne et sont devenus mentalement et philosophiquement d’authentiques « progressistes ». Dès lors, comment vaincre un ennemi avec lequel la différence n’est pas de nature mais de simple degré ? Comment s’opposer à un système de valeurs dont on partage en réalité les postulats fondamentaux? Comment triompher d’un ennemi dont on a en réalité pleinement assimilé les valeurs ?

L’ironie de ce constat est d’autant plus cruelle qu’à bien des égards, les systèmes auxquels les « conservateurs modernes » prétendent s’opposer, en l’occurrence l’islam et le progressisme, se trouvent dans les faits bien plus proches des organisations et des modes de pensées traditionnels que de ceux des prétendus conservateurs et c’est justement cette proximité qui explique en grande partie leur succès. En effet, si l’homme moderne possède une supériorité, celle-ci est uniquement d’ordre technique et ne lui permet ni de combattre l’effondrement de sa propre civilisation, ni de remporter des victoires contre des adversaires restés fidèles à l’esprit traditionnel, comme en témoignent les échecs répétés de la super puissance américaine contre les Viêt-Cong et les Talibans.

De la même manière, il n’y a rien de surprenant à voir l’islam, système traditionnel, conquérir et remplacer les sociétés occidentales alors que ces mêmes sociétés, du temps où étaient encore traditionnelles, étaient parvenues durant plusieurs siècles à lui faire obstacle. Pour les modernes, il est en revanche encore plus difficile de comprendre qu’en dépit des apparences, la pensée « progressiste » s’avère bien plus « traditionnelle » que celle des conservateurs et que c’est justement cette proximité plus étroite avec la tradition qui contribue à expliquer aussi bien son influence que sa diffusion.

Commençons tout d’abord par rappeler que la pensée progressiste est de nature profondément religieuse, une véritable « religion de l’Homme », pouvant être considérée comme une authentique hérésie chrétienne. En effet, une analyse en profondeur de l’idéologie progressiste révèle que celle-ci possède toutes les caractéristiques d’une religion totale, composée de croyances, de rituels et de comportements qui englobent chaque aspect de la vie de l’individu et qui vont des interdits alimentaires (bio/végan) aux rituels expiatoires (bilan carbone), jusqu’à la parousie (métissage généralisé) et au jugement dernier (catastrophe climatique). Pour finir, la religion progressiste possède même ses démons (l’extrême droite), ses prophètes (Greta Thunberg) et ses martyrs (George Floyd).

En conséquence, les progressistes sont, à leur manière, en réalité bien plus proches de la pratique religieuse traditionnelle, qui place la religion au centre de tout, que ne le sont leurs homologues conservateurs pour qui la religion constitue bien souvent une dimension « à part » relevant du simple domaine privé.

Comparée à la ferveur de cette piété religieuse progressiste, autant dire que celle qui anime le camp conservateur fait plutôt pâle figure. Durant le confinement de 2020, combien de chrétiens sont descendus dans la rue pour protester contre la fermeture des églises ? Combien de conservateurs sont véritablement prêts à mourir pour lutter contre le Grand Remplacement ? Parmi les amoureux de la France et de ses traditions, combien, suivant l’exemple du chef des Talibans, seraient prêts à passer huit ans à Guantanamo pour faire advenir le Frexit ?

Au-delà de l’intensité et de la centralité de sa croyance religieuse, l’idéologie progressiste se trouve caractérisée, en dépit de son attachement proclamé à la défense de l’individu et de ses droits, par un fonctionnement traditionnel opérant selon une logique communautaire et tribale. Non seulement les progressistes possèdent la capacité d’agir et de penser en groupe, mais ceux-ci sont passés maîtres, des trotskistes aux Antifas en passant par l’Open Society de George Soros, dans l’art de se coaliser et de se mobiliser aussi bien pour la réalisation d’un projet commun, la défense du groupe que la neutralisation de ses adversaires. Là où les conservateurs peinent à développer des stratégies communautaires efficaces, les progressistes opèrent en réseau, organisent des manifestations, créent des associations, investissent des zones à défendre et se comportent davantage comme une communauté traditionnelle que comme des individus modernes, isolés, atomisés et in fine totalement inoffensifs.

Pour finir, les progressistes ont en commun avec les sociétés traditionnelles de respecter les hiérarchies, n’hésitant pas à se placer sous la tutelle de maîtres et de gourous. Qu’il s’agisse de Marx, de Lénine, de Mao, de Saul Alinsky ou encore de Greta Thunberg, les progressistes, en dépit de leur passion affichée pour l’égalité, ont l’intelligence de se placer sous l’autorité de grandes figures et d’appliquer avec une redoutable efficacité leurs préceptes ou leurs stratégies là où le conservateur, en parfait moderne, se croit capable de penser tout seul et d’inventer dans son coin sa propre doctrine d’individu « libre et éclairé » se condamnant par la même à la stérilité ainsi qu’à l’impuissance.

Pour conclure: la supériorité des progressistes/mondialistes sur les conservateurs tient au fait que ceux-là, qu’ils soient marxistes, écologistes ou lucifériens, sont profondément religieux et ont adopté un mode de fonctionnement social ou mental bien plus proche des sociétés traditionnelles, qu’ils rejettent en paroles mais imitent en actes, que celui des conservateurs qui, bien que prétendant défendre la tradition en paroles, souscrivent à la vision moderne de la société et de l’Homme en actes.

Pour échapper au piège de la modernité, les conservateurs doivent comprendre l’importance de se réapproprier les attributs de la société traditionnelle et qu’en Occident, le seul chemin passe par un retour au christianisme, une réalité parfaitement comprise par René Guénon dès 1927 :

Nous pensons d’ailleurs qu’une tradition occidentale, si elle parvenait à se reconstituer, prendrait forcément une forme religieuse, au sens le plus strict de ce mot, et que cette forme ne pourrait être que chrétienne car, d’une part, les autres formes possibles sont depuis trop longtemps étrangères à la mentalité occidentale et, d’autre part, c’est dans le Christianisme seul, disons plus précisément encore dans le Catholicisme, que se trouvent, en Occident, les restes d’esprit traditionnel qui survivent encore.

Si les Occidentaux veulent survivre et les conservateurs triompher, il faut donc qu’ils redeviennent chrétiens. Chrétiens non pas à la façon de Vatican II mais à la façon du Moyen Âge ; chrétiens de façon à comprendre que le catholicisme n’est pas un élément de l’identité française, il est l’identité française ; enfin, chrétiens de façon à comprendre que le vrai combat n’est pas politique mais spirituel. Une fois que la majorité des forces conservatrices ou populistes aura compris qu’en France, seul Dieu peut faire l’union des droites, tout le reste suivra.

Disons les choses clairement : tant que le peuple français, et les peuples occidentaux en général, n’auront pas retrouvé leur foi chrétienne ainsi qu’un mode de pensée traditionnel, l’effondrement de leur civilisation se poursuivra et ceux qui cherchent à l’empêcher ou à limiter son impact ne pourront aller que d’échecs en échecs.

Pour agir efficacement, il est donc nécessaire de rejeter les postulats fondamentaux de la modernité et d’œuvrer à la diffusion d’une pensée traditionnelle dont les points fondamentaux sont :

  • le primat du spirituel sur le matériel
  • le rejet de l’individualisme au profit de la défense du bien commun
  • l’affirmation de l’existence de certaines vérités éternelles et immuables

Comme l’avait compris René Guénon, l’essentiel de cet effort doit être d’une part, porté par une véritable élite, à condition que celle-ci ne se laisse pas détourner de son but aussi bien par les difficultés ni par les séductions exercées par de fausses doctrines promues par de faux prophètes et d’autre part, que cet effort soit accompagné par l’Église catholique, seule institution occidentale encore détentrice, en dépit de tous les efforts pour la détruire de l’intérieur, d’une tradition encore vivante et authentique.

Mais surtout, cette diffusion de l’esprit traditionnel doit passer par un retour à un authentique esprit de conquête. Confronté à de formidables adversaires et à toute l’inertie de l’esprit du temps, les forces de la tradition ne doivent pas se contenter du rôle de dernier carré d’irréductibles chargés de préserver un tas de braises encore rougeoyantes qui, sans changement de complet de paradigme, finiront par s’éteindre et se transformer en cendres. Non! Il appartient à tous ceux qui veulent sauver leur pays et leur civilisation de souffler vigoureusement sur ces braises pour qu’en jaillisse à nouveau un grand feu qui, parti de France, ira éclairer d’abord l’Europe et ensuite le monde. Ce n’est qu’en adoptant cet état d’esprit plein d’espérance, de fougue et de courage que les jeunes conservateurs d’aujourd’hui trouveront la force de réaliser le grand projet entrevu par Simone Weil : le retour à un ordre éternel momentanément perturbé.

Pour aller plus loin :

La crise du monde moderne, René Guénon

Diagnostics, Gustave Thibon

La France Retrouvée

Du Moyen Âge

Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose.

Francis Bacon

Pour l’époque moderne, le Moyen Âge fait figure de repoussoir, une réalité que traduit à merveille le langage courant. N’entendons-nous pas sans cesse les journalistes, les hommes politiques et même certaines de nos connaissances se réjouir que « nous ne soyons plus au Moyen Âge » ou, à l’inverse, de condamner des pratiques, des comportements ou des idées qualifiés de  « dignes du Moyen Âge » ?

En réalité, cette vision extrêmement négative du Moyen Âge ne repose sur rien de plus qu’un ensemble de préjugés, en partie entretenus par une redoutable propagande sur laquelle nous reviendrons, ainsi que sur une ignorance profonde de cette période qui, bien que recouvrant plus de mille ans d’histoire se trouve le plus souvent résumée à quelques clichés : les seigneurs brutaux écrasant des paysans misérables sous les taxes et les corvées, une Église toute puissante contrôlant les esprits et brûlant les hérétiques au bûcher et des femmes cloîtrées dans des châteaux ou des couvents et réduites à la seule fonction de génitrice.

Avant de commencer à corriger cette image fausse en tous points, commençons par rappeler que l’existence même d’une période dite du « Moyen Âge » fait l’objet d’un vif débat parmi les spécialistes, conduisant même certains d’entre eux à affirmer que le terme de « Moyen Âge » constituerait une facilité de langage ne recouvrant aucune réalité historique. 

Pour l’historienne Régine Pernoud, il serait plus juste de parler tout d’abord de la période franque qui irait de la chute de Rome (476) à l’avènement des Carolingiens au VIIIe siècle. La seconde période serait celle de l’âge impérial d’une durée d’environ deux cent ans et correspondant au règne des Carolingiens. Le milieu du Xe siècle jusqu’au XIIIe siècle pourrait constituer l’âge féodal marqué, notamment en France, par un ensemble de caractéristiques communes et une véritable unité. Enfin, il serait possible de réserver le terme de moyen âge aux XIVe et XVe siècles, période de véritable transition entre le système féodal et la monarchie et marquée de surcroît par de profonds bouleversements sociaux, économiques et artistiques.

Loin de chercher à trancher ce débat de spécialistes, nous nous contenterons, dans le cadre de cet article, de tordre le cou à quelques clichés concernant le Moyen Âge, en premier lieu celui de la condition paysanne.

Commençons tout d’abord par rappeler que si l’esclavage constitue une des caractéristiques de la période antique, la pratique disparait totalement au Moyen-Âge en grande partie grâce à l’influence de l’Église. Dès 542, le Concile de Lyon interdit en effet de réduire en esclavage un homme libre et à partir de l’époque carolingienne, il sera définitivement interdit de mettre en esclavage des chrétiens, ce que revient à une interdiction de fait dans une Europe entièrement chrétienne. Si la disparition de l’esclavage a bien pour corollaire le développement du servage, il serait malhonnête de voir une équivalence entre les deux états. Là où l’esclave est juridiquement considéré comme une chose, le serf est considéré comme un homme, de surcroît baptisé et chrétien. A ce titre, il peut se marier, fonder une famille et posséder certains biens en propre.

Pour un esprit moderne, il est difficile de comprendre que ce lien qui attache le serf à sa terre constitue en réalité pour ce dernier une protection car même le seigneur ne peut l’en chasser. En échange, le serf a le devoir d’entretenir, de cultiver et d’embellir cette terre. Quel sort est le plus enviable ? Celui du serf assuré de finir ses jours sur son lopin de terre et de transmettre sa charge à ses enfants ou celui de l’ouvrier agricole moderne pouvant être licencié du jour au lendemain et condamné à quitter la terre qu’il a cultivé toute sa vie le jour de sa retraite venu ? Aboli de fait au Moyen Âge, l’esclavage fera son grand retour avec la période moderne caractérisée, entre autres, par le retour de l’influence antique et notamment par un droit romain qui viendra à la fois soutenir la réintroduction de l’esclavage et appuyer la concentration monarchique du pouvoir.

Sur le plan politique, les esprits modernes ont justement une fâcheuse tendance à plaquer leur vision moderne du pouvoir et de la puissance publique sous une réalité médiévale bien différente dans les faits, et à bien des égards, autrement plus libre que celle que nous connaissons aujourd’hui. Commençons donc par rappeler que le serment d’homme à homme se trouve au cœur de la société médiévale. Chaque membre de la société qu’il soit roi, seigneur ou vilain se trouve au cœur d’un réseau extrêmement dense d’obligations réciproques qui se cumulent et parfois se chevauchent. Au sein de ce système, les droits ne sont pas accordés de façon abstraite par un code civil mais sont fixés de façon empirique par la coutume.

La complexité et la richesse de ce système féodal qui vient combler le vide laissé par l’effondrement de l’empire carolingien se trouve trop souvent réduit à la dénonciation caricaturale des fameux privilèges dont les révolutionnaires de 1789 feront leurs choux gras. Sur ce point, rappelons  tout d’abord que les privilèges les plus tristement célèbres comme le droit de cuissage ou de prélassement constituent en réalité de pures inventions mais surtout, soulignons que ces privilèges dénoncés par les révolutionnaires ne sont pas l’apanage des seuls seigneurs mais le plus souvent ceux de paysans, d’artisans, de meuniers et même parfois de communes entières !

Loin de notre monde régi par une seule loi venue d’en haut, le monde médiéval est un monde d’exceptions et de coutumes locales, « hérissé de libertés »  où il est souvent bien difficile pour le roi et le seigneur, dépourvu de moyens modernes de communication et de contrôle, de percevoir ce qui lui est dû, voire même de contraindre ses vassaux ou ses sujets d’obéir à ses ordres. Ce n’est d’ailleurs qu’à partir du XIIIe siècle, sous l’influence des juristes méridionaux  présents à la cour de Philippe le Bel que commencera ce processus de centralisation de l’autorité par la loi au détriment des particularités locales qui finira par aboutir à l’état centralisé que nous connaissons aujourd’hui. Pour conclure sur ce sujet, nous invitons le lecteur à comparer la condition du paysan médiéval « écrasé de taxes » selon l’imagerie populaire, en réalité frappé par un taux d’imposition compris entre 10 et 25%, à celle du citoyen « libre et éclairé » de l’année 2021 ponctionné, sous la forme de divers taxes et prélèvements,  de plus de 50% de ses revenus par l’État et devant, pour circuler en France, s’acquitter d’un grand nombre de droits de péage ou de frais de stationnement. 

Que serait tout discours sur le Moyen Âge sans cette dénonciation de l’Église accusée d’avoir étouffé pendant des siècles la connaissance  et d’avoir brulé tous les esprits iconoclastes de son temps sur les bûchers ? Une fois de plus, cette propagande ne résiste pas à l’examen des faits. En effet, les moines et les ecclésiastiques n’ont pas attendu la Renaissance pour redécouvrir, connaître et exploiter avec profit tous les auteurs de l’antiquité classique et produire des œuvres et des connaissances dont les chercheurs et historiens modernes ont souvent choisi d’ignorer l’existence.

Quant à la fameuse Inquisition, rappelons qu’elle ne concernait, en tant que « police interne », que les hérésies chrétiennes et que les condamnations au bûcher étaient en réalité fort rares (800 condamnés sur 44 674 inculpés sur trois siècles pour l’Inquisition espagnole). Quant au cas emblématique de l’affaire Galilée, souvent citée en exemple de l’obscurantisme en vigueur,  rappelons que les faits ont lieu non pas au Moyen Âge mais en pleine période classique (1633) soit plus de cent ans après la Réforme et un demi-siècle après la Concile de Trente !

Sur le plan religieux, ce que ne comprennent ou ne veulent pas comprendre les esprits modernes, c’est le contexte d’une société profondément marquée par la foi et dans laquelle la religion marque tous les actes de la vie quotidienne et assure la cohésion sociale et politique de la communauté. Là encore, l’intransigeance médiévale est-elle vraiment plus sévère de celle qui frappe aujourd’hui les dissidents, les mal-pensants et tous ceux qui contestent et refusent la doxa moderne ? Ne sont-ils pas dénoncés, excommuniés et jetés au bûcher médiatique avec zèle par les Torquemada des temps modernes ?  Et que penser d’une société qui sacrifie chaque année 200 000 enfants à naître, nie les faits contraires à l’orthodoxie politique ou sanitaire et condamne les Abélard de son temps à l’oubli ou à la mort sociale ? Les hommes du Moyen Âge ne seraient-ils pas horrifiés par l’obscurantisme de nos nouveaux grands prêtres et la barbarie de leurs sacrifices ?

Pour finir, un mot sur la place de la femme au Moyen Âge. Tout comme dans le cas de l’esclave, l’effondrement de l’empire romain conduit à une « libération » de la femme qui prendra fin à la période moderne marquée par le retour de l’influence antique. Au Moyen Âge, les femmes ne vivent pas cloitrées dans leur foyer ou dans un couvent : elles participent aux travaux de l’exploitation agricole familiale, sont abbesses, châtelaines et gèrent leur propre domaine ou celui de leur mari quand celui est en déplacement ou parti à la guerre. Dans cette société hiérarchisée, la femme et le mari occupent des rôles certes différents mais complémentaires. Sur ce point, les travaux de Sylvain Durain ont montré l’importance de ne pas confondre la famille chrétienne fondée sur l’autorité du père avec la famille dite « patriarcale » fondée sur la tyrannie du pater familias romain.   

Pour finir, n’en déplaise à ceux qui ont voulu voir dans l’Église un instrument d’oppression des femmes rappelons que celle-ci ne cesse au contraire de les défendre et de faire avancer leurs droits, notamment sur le plan du mariage, en rendant celui plus difficile à dénouer ou en militant pour le consentement de l’épouse à une époque où les mariages forcés ou les enlèvements sont légions.

De manière générale, comment imaginer qu’un siècle qui a inventé l’amour courtois, célébré la Vierge Marie et a compté plusieurs reines de caractère et un grand nombre d’abbesses aussi puissantes que des seigneurs féodaux ait pu être un siècle d’oppression généralisée des femmes ?  N’en déplaise à ceux qui cherchent à réécrire l’Histoire, c’est à partir de la Révolution Française, fortement inspirée par l’Antiquité et par Rome que la condition de la femme connaîtra un fort recul, une tendance qui sera accentuée et poursuivie par la société bourgeoise du XIXe siècle.  

Plus généralement et à travers les quelques exemples que nous venons de passer en revue, comment concilier cette vision négative du Moyen Âge avec celle d’une période historique qui a donné à notre pays et à notre civilisation les cathédrales, les abbayes, les premières universités, l’amour courtois, les premiers romans, l’aménagement du territoire par la paysannerie et un ensemble de monuments remarquables dont certains, comme le Mont Saint Michel, subsistent encore aujourd’hui ?

Pharmacie Santa Novella- Florence-1221

Alors malgré ce bilan, pourquoi le «Moyen Âge » continue-t-il d’être considéré par notre époque comme un âge barbare, un entre-deux obscur entre deux époques civilisées ? A qui a profité ce crime contre le Moyen Âge ?

Les premiers coupables apparaissent au XVIIIe siècle. Sous la plume des philosophes des Lumières et des penseurs favorables aux idées portées par la Révolution, le Moyen Âge devient cette période d’obscurantisme et de privilèges féodaux dont la Révolution devra permettre de libérer le peuple ! L’évocation de ces odieux privilèges, biens souvent fictifs, sera utilisée avec succès par les propagandistes de l’époque pour exciter le peuple contre cet Ancien Régime que l’on cherche à abattre et que l’on rend responsable de tous les maux.  Après une première charge qui aboutira à la destruction d’un ordre social millénaire et à la décapitation du roi, la deuxième offensive contre le Moyen Âge aura lieu dans la seconde moitié du XIXe siècle. C’est en effet à partir de 1850-1870 que seront publiés en France un grand nombre de livres de vulgarisation, de manuels scolaires et autres travaux d’historiens républicains qui se chargeront de faire entrer dans l’esprit des Français et des écoliers tous les clichés et préjugés sur le Moyen Âge dont la plupart perdurent encore aujourd’hui.

En réalité, s’il fallait détruire le Moyen Âge, c’est parce qu’à tous les niveaux, cette période constitue l’opposé exact de la modernité et offre l’exemple concret d’une société capable de vivre et de prospérer hors de ses postulats.

Pour célébrer le régime républicain et le contrat social entre les citoyens « libres et éclairés », il fallait diaboliser la royauté, le système féodal, ses privilèges étendus et ce réseau d’obligations réciproques qui unissaient les hommes les uns aux autres.

Pour élever des temples à la déesse Raison et célébrer le divin Progrès, il fallait nier l’apport du christianisme et la fécondité intellectuelle, artistique et sociale de la civilisation chrétienne.

Pour imposer la loi de l’argent, du marché et du contrat, il fallait faire oublier une société fondée sur la foi, l’honneur, le serment où les désirs de l’individu étaient subordonnés à la recherche du bien commun.

Plus généralement, c’est le souvenir de cette France et de cette Europe chrétienne qu’il fallait effacer des esprits pour les remplacer par la religion de l’Homme et les « Lumières » des faux dieux.

Si nos modernes ont dévalorisé ou tenté de passer sous silence le Moyen Âge, c’est pour mieux célébrer, à partir de la Renaissance, ce retour aux conceptions, aux modes, et aux idées de l’Antiquité classique, une évolution qui, bien que  considérée aujourd’hui de façon unanime comme un progrès, constitua en réalité un appauvrissement et marqua le début d’un processus d’effondrement dont les dérives de notre époque post-moderne constituent l’aboutissement.

Sur ce point, il est intéressant de noter que les spécialistes honnêtes du Moyen Âge arrivent, par un tout autre chemin, aux mêmes conclusions que le psychiatre Ian McGilchrist. Pour McGilchrist, la période moderne, commençant à la Renaissance, se trouve caractérisée par la prise de contrôle progressive de l’hémisphère gauche du cerveau chargé de l’analytique et du verbal au détriment de l’hémisphère droit, capable d’une pensée holiste et de la recontextualisation d’une information extérieure.

A travers l’opposition entre pensée moderne et pensée médiévale se joue en réalité une lutte plus vaste entre d’un côté, la pensée analytique, l’ordre rationnel, le droit romain, le pouvoir centralisé ; de l’autre, la vision holiste, le christianisme, l’ordre organique, le particularisme local. Deux conceptions différentes de l’Homme, et surtout, de son rapport à Dieu : d’une part un Homme qui cherche à gagner la puissance ou la faveur divine par des moyens techniques ou des rituels ; de l’autre, une créature certaine de l’amour de son Créateur, gardienne de Sa création et cherchant à se rendre digne de Sa Grâce.

Confrontés à l’impasse de la modernité, ceux qui ont aujourd’hui à cœur de reconstruire et de défendre cette civilisation chrétienne désormais menacée de ruine ne doivent pas chercher vainement à “revenir au Moyen Âge” mais doivent œuvrer à faire découvrir et à réhabiliter ce véritable âge d’or de la civilisation française et occidentale et se nourrir par l’esprit, l’organisation et l’esthétique d’une époque dont les exemples et les œuvres peuvent se révéler d’un grand secours pour vaincre et surmonter ces temps obscurs dans lesquels notre civilisation se trouve aujourd’hui plongée.

Pour aller plus loin :

Pour en finir avec le Moyen Âge, Régine Pernoud

Le Moyen Âge, une imposture, Jacques Heers

Économie médiévale et société féodale, Guillaume Travers

Corporations et corporatisme, Guillaume Travers

Le Maître et son émissaire

De la religion de l’Homme

De l’obscurantisme

« Il n’y a aucune bonne raison que les sociétés humaines ne soient pas décrites et expliquées avec la même précision et le même succès que le reste de la nature », écrit l’anthropologue Pascal Boyer dans l’introduction de son dernier livre « Minds make societies ».

Depuis une vingtaine d’années, des sciences comme l’éthologie, la sociobiologie ou encore la psychologie évolutionniste ambitionnent de faire de l’Homme et de ses comportements une véritable science naturelle.  Largement enseignées dans les plus grandes universités américaines, ces nouvelles approches restent quasiment inconnues en France où elles suscitent un violent rejet de la part du monde universitaire. Récemment, un séminaire organisé sur le sujet à l’ENS prenait bien soin de préciser dans sa présentation qu’il entendait « réfuter les arguments selon lesquels naturaliser les sciences sociales reviendrait à justifier l’ordre social et les inégalités, et mènerait donc au conservatisme politique ».

Tout le nœud du problème est là.

En mettant l’accent sur les déterminants biologiques, l’hérédité et les diverses pressions évolutives ayant conduit à l’émergence des comportements, ces nouvelles sciences battent en brèche l’idée si chère  au milieu académique français que tout ne serait que « construction sociale ».

Malheureusement, en ce XXIème siècle de « progrès », la question n’est plus de savoir si une théorie ou un modèle scientifique permettent de décrire  fidèlement le fonctionnement du réel afin d’agir efficacement sur lui mais de savoir si ces connaissances ne menacent pas les dogmes en vigueur. Dans les années 30, l’URSS condamnait la génétique comme une science « juive et bourgeoise » pour lui préférer le lyssenkisme ; la France de 2019 préfère la religion de l’égalité et de la « table rase » plutôt qu’une science susceptible de mener au conservatisme politique.

Tout cela pourrait être risible si les conséquences de cette prééminence du dogme sur la science n’étaient pas catastrophiques. En effet, une large part  des problèmes auxquels la France doit faire face sur le plan sécuritaire, politique, éducatif et social découlent en dernière analyse d’une ignorance complète des lois fondamentales de l’éthologie et des sciences comportementales. Ceux qui ne comprennent pas pourquoi les pompiers se font attaquer dans les quartiers pudiquement appelés « difficiles » ne comprennent pas que la logique territoriale et tribale prime désormais sur une quelconque appartenance nationale  et que l’établissement d’une  nouvelle hiérarchie de dominance passe toujours par la destruction des symboles de l’ancienne autorité et l’occupation visible de l’espace public. Les mêmes qui s’étonnent que les policiers se suicident en masse ne comprennent  pas que dans une situation d’agression, l’inhibition de la réaction de défense conduit inévitablement le sujet  à retourner cette violence contre lui-même via le suicide ou la somatisation.

Enfin, ceux qui prônent le « vivre-ensemble » et le « multiculturalisme » témoignent d’une ignorance profonde des travaux de Robert Putnam sur la destruction du lien social par la diversité ainsi  des puissants mécanismes  de discrimination sélectionnés par l’évolution qui régissent la constitution des groupes humains, leur conflictualité  et les manifestations d’appartenance à ces derniers.

Ignorant les modèles et les concepts développés par ces nouvelles sciences, le logiciel qui oriente la décision politique  repose le plus souvent  sur des postulats comportementaux totalement incorrects qui ne peuvent que conduire au désastre. En la matière, nos dirigeants ressemblent à des médecins espérant combattre les maladies en pensant que ces dernières sont causées par des « esprits malins » plutôt que par des virus ou des bactéries.

De la même manière qu’étudier l’économie revient à toucher à la question sensible de la production des richesses et de leur répartition, étudier la politique à l’aune des sciences de l’évolution conduit à juger les décisions politiques et les comportements d’un groupe humain à l’aune de leur adaptation à l’environnement et  de leur capacité à assurer la survie du groupe.

Malheureusement, autant une erreur dans l’appréciation de la bienveillance d’un lion affamé a des conséquences rapides sur la survie de son auteur, autant l’adoption d’un comportement ou d’une idéologie mettant en danger la survie d’un peuple fait souvent sentir ses effets sur une échelle de temps relativement longue, le délai et la multitude des facteurs à l’œuvre empêchant le plus souvent ses membres d’établir un lien  direct entre leur déchéance et  leur ignorance des lois naturelles fondamentales qui gouvernent les corps politiques.

Tout comme le lyssenkisme a conduit l’URSS à la famine et a ainsi contribué à terme à son effondrement, l’ignorance et le rejet de l’éthologie, de la biologie et des sciences de l’évolution au profit de superstitions modernes comme celles de l’égalité, du vivre-ensemble ou du multiculturalisme conduisent notre civilisation au désastre. Peu importent les données, les modèles, les démonstrations, ceux qui présentent de tels arguments ne seront jamais considérés comme des scientifiques mais avant tout comme des conservateurs, voire des militants d’extrême-droite.

Au-delà des immenses crimes dont il est responsable, le nazisme aura eu pour terrible conséquence d’empêcher pendant plus d’un demi-siècle l’apparition d’une véritable science humaine et sociale intégrant les concepts fondamentaux de la biologie et de l’évolution ainsi que d’offrir une parade facile à tous les grands prêtres qu’une telle science menace.

En réalité, il n’y a de plus grand crime que celui contre la pensée et la connaissance. Ceux qui cherchent à interdire ou à ignorer une science parce qu’elle menace leurs dogmes feraient bien de méditer sur cette citation du grand  physicien Richard Feynman : « La nature se fiche pas mal de la façon dont nous nommons les choses, elle continue juste de faire ce qu’elle a à faire ».

De l’impossibilité mathématique de l’évolution par sélection naturelle

« Puis Dieu dit: Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre […] Et cela fut ainsi. Dieu vit tout ce qu’il avait fait et voici, cela était très bon. » 1 Genèse 26

Le monde moderne est fondé sur un ensemble de mythes qui essaient de se faire passer pour de la science. Le processus d’évolution par la sélection naturelle de Darwin est l’un d’entre eux. Dès son origine, cette thèse a suscité des critiques pour des raisons religieuses mais aussi scientifiques. Si l’histoire officielle a retenu le nom de Darwin, elle a fort opportunément oublié celui de Richard Owen (1804 -1892), directeur du British Museum, paléontologue, naturaliste et anatomiste britannique qui fut l’un des critiques les plus virulents de Darwin, pointant notamment du doigt le manque de preuves de la transition entre les espèces. En France, un auteur comme Dominique Tassot, a publié une critique approfondie de la théorie de Darwin en soulignant également l’absence de formes de transition dans les archives fossiles, la complexité irréductible de l’information génétique1 et la dilution rapide des modifications génétiques par la reproduction sexuée…

Malgré sa remise en cause aussi bien frontale que discrète, y compris par les biologistes eux-mêmes2, la théorie darwinienne de l’évolution continue d’être enseignée et jouit du statut de véritable de dogme au sein du monde scientifique et intellectuel moderne. Remettre en cause Darwin dépasse en effet de loin le simple domaine de la biologie mais équivaut à s’attaquer à une théorie qui sous-tend une bonne partie de la vision moderne du monde, c’est-à-dire celle d’un univers vide de sens, gouverné par les lois d’un « horloger aveugle », limité à la seule matière, dans lequel l’apparition et l’évolution des espèces serait le fruit du hasard et où l’apparition de la vie, y compris consciente, ne serait qu’un accident.

C’est une chose de savoir par la foi ou de deviner par l’intuition que cette vision du monde est fausse mais c’en est d’une autre que de pouvoir le prouver avec toute la rigueur nécessaire. Or, c’est précisément ce que vient d’accomplir l’essayiste américain Vox Day dans son ouvrage « Probabilité Zéro : l’impossibilité mathématique de l’évolution par la sélection naturelle ».

Comme l’indique le titre du livre, Vox Day ne s’est pas attaqué au problème de l’évolution par le biais de la théologie ou même de la biologie mais par les mathématiques. Sa démonstration fait partie de ces solutions dont la clarté, l’élégance et la simplicité ne sont accessibles qu’aux vrais génies capables de penser hors des cadres établis :

Le raisonnement de Vox Day est le suivant :

1) La loi de l’évolution par la sélection naturelle nous dit qu’il est possible de partir d’un singe pour arriver à un homme

2) or, le génome du singe et celui de l’homme ont été précisément cartographiés. Nous connaissons de façon précise les différences génétiques qui séparent l’homme du singe (40 millions de variants nucléotidiques)

3) Pour que ce processus de transition aboutisse, il faut qu’un certain nombre de mutations génétiques aléatoires se produisent et se fixent de façon permanente

4) la question est donc la suivante : la fixation du nombre nécessaires de mutations génétiques est-il mathématiquement possible ou probable dans le laps de temps donné ?

La réponse est non.

Comme l’écrit Vox Day, dans « Probabilité Zéro » :

« Voici la situation concernant la sélection naturelle comme explication des changements évolutifs à grande échelle. Haldane a calculé le maximum théorique. Lenski a mesuré le taux réel. Ils concordent. Et les deux sont catastrophiquement insuffisants pour expliquer les différences génétiques entre espèces. Considérons ce que requiert l’évolution néo-darwinienne pour expliquer la divergence entre l’humain et le chimpanzé. Les deux lignées doivent accumuler environ 40 millions de différences génétiques fixées sur une période d’environ 6 à 9 millions d’années. Avec les temps de génération humains, cela représente peut-être 325 000 générations. En divisant, il faudrait environ 123 fixations par génération. La limite de Haldane est d’une fixation toutes les 300 générations. L’exigence dépasse cette limite d’un facteur d’environ 37 000. »

Dans « Le gène gelé  », il ajoute :

Les génomes humain et chimpanzé diffèrent d’environ 40 millions de variants nucléotidiques simples, ce qui représente grosso modo 20 millions de fixations sur chaque lignée depuis l’ancêtre commun le plus récent du chimpanzé et de l’humain (CHLCA), il y a environ 6 à 9 millions d’année.

[…] Sept mille ans correspondent approximativement à 0,1 % du temps écoulé depuis le CHLCA. Si la fixation se produisait au rythme historique, on devrait observer environ 0,1 % de 20 millions, soit à peu près 20 000 événements de fixation dans la lignée humaine au cours de notre fenêtre d’observation. Même les estimations très conservatrices, tenant compte de la nature stochastique de la fixation, prédisent plusieurs centaines d’événements observables dans un jeu de données de cette taille.

Pour dire les choses plus simplement, il n’est pas possible que les mutations nécessaires se produisent dans le laps de temps donné pour passer de l’homme au singe. Là où il en faudrait quarante millions, les calculs de Vox Day prouvent que seuls quelques centaines sont possibles. Les critiques de cette thèse ont tenté de trouver des moyens pour contourner le problème, comme par exemple évoquer des taux de fixation parallèles, mais aucun argument ou calcul n’est parvenu jusqu’à présent à trouver une erreur dans le raisonnement de Vox Day. Compte tenu de la lecture éminemment technique du sujet, je renvoie le lecteur qui souhaiterait en savoir plus sur les calculs de Vox Day, la barrière de Bernoulli ou la contrainte de Haldane à lire « Probabilité Zéro », « Le Gène gelé » ou les articles techniques que Vox Day a publié à ce sujet sur son blog.

Ce qui compte ici est de comprendre qu’une approche mathématique et véritablement scientifique vient de remettre en cause le darwinisme en tant que dogme fondamental de la science et de la pensée modernes. Les conséquences de cette réfutation n’ont pas échappé à Vox Day qui écrit dans l’un des derniers chapitres de « Probabilité zéro » :

« Si les mathématiques de la fixation démontrent que la mutation non dirigée et la sélection naturelle ne peuvent pas expliquer les différences génétiques observées entre les espèces dans le temps disponible, alors quelque chose d’autre doit en rendre compte. Je me réfère à ce quelque chose d’autre comme la Manipulation Génétique Intelligente, ou MGI. Le terme est délibérément neutre concernant l’identité, la nature, ou les motifs du manipulateur. Il spécifie seulement ce que les preuves et les mathématiques indiquent : que la gamme de changements génétiques que nous observons dans les données génomiques sont délibérés plutôt que le fruit du hasard ou par l’un des mécanismes évolutifs proposés auxquels ils ont été attribués pendant les 150 dernières années, y compris la sélection naturelle. »

[…]

« La MGI est un concept opérationnel, pas théologique. Elle postule que certains changements génétiques ont été introduits dans les lignées par un agent intelligent capable d’éditer les génomes. Elle n’affirme rien sur l’identité cet agent, quels sont les buts ultimes de l’agent, ou si l’agent opère à l’intérieur ou à l’extérieur de l’ordre naturel. Ce sont des questions séparées, et les confondre a généré plus de confusion que de clarté dans les débats sur l’apparition de la vie. »

Si le vivant n’a pas été créé de façon accidentel et n’a pas évolué de façon aléatoire, la question de l’identité du Créateur se pose. Sur ce point, Vox Day propose quatre hypothèses :

1) le premier moteur d’Aristote, repris par saint Thomas d’Aquin

« Un Dieu qui opère comme Premier Moteur pourrait établir les lois et les conditions initiales qui rendent la vie possible, y compris les mécanismes par lesquels la manipulation génétique se produit, sans personnellement éditer chaque génome […] La synthèse médiévale comprenait cela. Saint Thomas d’Aquin distinguait entre cause primaire et secondaire : Dieu est la cause primaire de tout, mais les causes secondaires sont des causes réelles à part entière. Quand un feu brûle du bois, Dieu est la cause primaire, mais le feu est une véritable cause secondaire de la transformation du bois en chaleur, fumée et cendres. Ce cadre permet la souveraineté divine sans la microgestion divine. »

2) le programmeur de la Simulation

« Si nous vivons dans une simulation, alors le programmeur serait le créateur de facto de notre univers. Mais ce créateur n’a pas besoin d’être omnipotent dans un sens métaphysique. Le programmeur serait simplement un ou plusieurs membres d’une civilisation plus avancée, possédant une technologie supérieure mais opérant vraisemblablement sous des contraintes propres : ressources computationnelles limitées, supervision institutionnelle, pressions budgétaires, projets concurrents, connaissance imparfaite des systèmes qu’ils simulent. »

3) L’intelligence extraterrestre

« La possibilité que la Terre ait été visitée par des intelligences extraterrestres capables d’ingénierie génétique n’est ni logiquement incohérente ni scientifiquement impossible. En effet, elle est sans doute plus conservatrice que les alternatives — nécessitant seulement que la vie existe ailleurs dans l’univers, que certaines d’entre elles aient atteint une sophistication technologique, et que le voyage ou l’influence interstellaire soit possible. »

4) les êtres surnaturels et tridimensionnels

« La plupart des traditions religieuses postulent l’existence d’êtres qui ne sont ni Dieu ni humains : anges, démons, djinns, devas, asuras, esprits de diverses sortes. Ces êtres occupent une position intermédiaire dans la hiérarchie cosmique ; ils sont plus puissants et plus savants que les humains, mais n’atteignent pas la réalité divine ultime. Ils sont typiquement dépeints comme capables d’agir dans le monde physique, que ce soit par intervention directe, possession, inspiration, ou influence subtile sur les processus naturels. […] Ce qui unit toutes ces possibilités est que les concepteurs seraient surhumains mais pas divins. Ils seraient assez puissants pour manipuler la génétique, assez savants pour concevoir des organismes fonctionnels, mais opérant sous des contraintes qui expliqueraient les imperfections apparentes dans leur travail. »

Comme l’explique très justement Vox Day, la « bonne » réponse n’a ici que peu d’importance. Ce qui compte est d’écarter la fausse vision darwiniste de la liste des explications possibles et de travailler sur des hypothèses plausibles plutôt que sur de la science-fiction qui essaie de se faire passer pour de la science.

Pour finir, Vox Day n’a pas manqué de comprendre les implications philosophiques, politiques et sociales de la réfutation du darwinisme. La classe dirigeante actuelle utilise en effet le darwinisme pour justifier sa vision du monde : matérialisme, eugénisme, loi du plus fort, élimination des plus faibles, transhumanisme. Si le darwinisme est faux, c’est un pilier soutenant cette vision du monde qui s’effondre.

Dans le « Gène gelé », Vox Day décrit une présentation fictive de Yuval Noah Harari à Davos dans laquelle celui-ci promet aux élites qu’eux-mêmes et leurs descendants deviendront des dieux grâce à la manipulation génétique. Or, comme le démontre impitoyablement Vox Day, les promesses d’Harari ne reposent sur aucune base véritablement scientifique. Le transhumanisme génétique est un rêve de psychopathes qui va se fracasser sur le mur de la réalité :

« Le public se penche en avant. C’est exactement ce qu’ils sont venus entendre. Ils ont conquis des marchés, bouleversé des industries, plié des gouvernements à leur volonté. Pourquoi pas l’évolution elle-même ? Au fond de la salle, une femme ouvre son ordinateur portable. Elle n’est pas milliardaire. Elle est actuaire — quelqu’un qui gagne sa vie en calculant ce que l’avenir réserve réellement, et non ce que les gens aimeraient qu’il réserve.

Pendant que le prophète parle d’itération et de transcendance, elle construit une feuille de calcul. Le modèle est simple. Cinq mille familles d’élite. Chaque enfant modifié avec 500 améliorations génétiques bénéfiques. Cinquante pour cent se marient au sein du groupe ; cinquante pour cent épousent des gens de l’extérieur. Elle attribue les probabilités d’héritage génétique selon les lois de Mendel, les mêmes lois qui régissent l’hérédité depuis que la vie existe. Les courbes plongent vers le bas. Après une génération : 280 modifications restent. Après deux : 190. Après trois : 140.


Après quatre générations — « l’élite » du prophète —, les surhumains ne conservent plus qu’à peine 100 des 500 modifications initiales. Quatre-vingts pour cent des avantages créés ont tout simplement… disparu. Dilués par la simple mathématique de la reproduction sexuée. Elle n’a même pas encore ajouté le mosaïcisme3. Ni le fait que les modifications CRISPR ne sont pas parfaitement propres. Ni qu’aucune population d’élite dans l’histoire n’a maintenu cinquante pour cent d’endogamie sur quatre générations. Elle lève la main.

« Combien de générations, exactement, cela prendra-t-il ? »Le prophète sourit du sourire d’un homme qui n’a jamais été obligé de montrer ses calculs. « Juste quelques-unes. »

L’actuaire regarde sa feuille de calcul. Les chiffres ne mentent pas. Ils ne mentent jamais. Elle referme son ordinateur et se cale dans son siège. Inutile de discuter avec quelqu’un qui ne fait pas les calculs. »

Pour aller plus loin :

Probabilité zéro : l’impossibilité mathématique de la sélection naturelle, Vox Day

Le gène gelé, Vox Day

L’évolution en 100 questions réponses, Dominique Tassot

Entretien Dominique Tassot :

1Certain systèmes biologiques nécessitent la combinaison de plusieurs plusieurs protéines qui ne servent à rien isolément et sont donc impossibles à construire par petites étapes

2https://www.theguardian.com/science/2022/jun/28/do-we-need-a-new-theory-of-evolution

3Le mosaïcisme correspond à la coexistence, chez un même individu, de deux ou plusieurs populations cellulaires de génotypes différents

De la “Red Queen”

En biologie évolutive, le concept de la « Red Queen » désigne la course à l’armement permanente du vivant dans sa lutte pour la survie. Par exemple, une plante développe une toxine pour repousser les chenilles. Quelques générations plus tard, les chenilles survivantes  ont développé une immunité à la toxine et parviennent à nouveau à grignoter la plante.

Cette notion permet d’aborder l’histoire politique mais aussi celle des luttes sociales avec une toute autre grille de lecture. Appliquons celle-ci à l’histoire de l’Europe.

Rome parvient à conquérir le monde et le confort des citoyens romains repose sur l’exploitation d’une large population d’esclaves. Cette population adopte le christianisme qui abolit les barrières entre les hommes pour en faire tous des frères. L’empire romain s’effondre mais trouve le moyen de se réincarner dans l’Eglise. Pour légitimer leur pouvoir, les rois inventent la monarchie de droit divin mais le pouvoir de l’Eglise les dérange. La France invente alors le gallicanisme et ce qui ne s’appelle pas encore l’Allemagne, la Réforme, afin de contrer l’influence du Pape et de Rome.

Prenant l’ascendant sur la noblesse, la bourgeoisie prend le pouvoir et s’appuie sur la philosophie des Lumières pour remettre en cause un ordre existant qui lui est défavorable. L’ancien régime est emporté par les révolutions et la bourgeoisie devient la classe dominante.  Force motrice de la Révolution Industrielle, elle exploite le peuple dans ses usines. A la fin du XIXème, le peuple développe une contre-mesure en adoptant le socialisme et en créant les premiers syndicats.

Grand perdant de la colonisation mais néanmoins  déterminé à dominer l’Europe, le peuple allemand déclenche deux guerres mondiales qui affaiblissent ses deux rivaux que sont la France et l’Angleterre. La défaite de l’Allemagne en 1945 permet aux chrétiens-démocrates de prendre le pouvoir et l’après-guerre devient l’âge d’or de la classe moyenne. Pour faire pression sur les salaires, le patronat ouvre grand les vannes de l’immigration dès les années 70 puis profite ensuite de la mondialisation financière et économique pour s’affranchir du cadre national. Les classes moyennes voient leur niveau de vie baisser et le peuple se retrouve chassé en zone périphérique par les populations des banlieues. La riposte prend la forme des partis dits « populistes » et des mouvements identitaires.

A l’échelle internationale, l’Occident utilise le christianisme pour soumettre et coloniser les peuples du Nouveau-Monde. Plus tard, il fera de même avec la « civilisation » et les « droits de l’homme » en Afrique et en Asie. Confronté à la menace occidentale, le Japon riposte en 1868 avec l’ère Meiji et l’impérialisme. Partie avec un temps de retard, la Chine reprend la main avec la création du parti communiste chinois, nouvelle forme de l’administration impériale et le sacre de Mao comme nouvel empereur. Suite à l’effondrement de l’URSS, version communiste et laïque de l’empire russe, la Russie retrouve son rang sur la scène internationale en renouant avec le nationalisme et l’orthodoxie sous la direction du  nouveau tsar de toutes les Russies  Vladimir Poutine.  Conquis et vaincus pendant deux siècles, l’Afrique et le monde arabo-musulman ont trouvé avec le pétrole un levier d’influence et avec l’islam et la démographie, un moyen de soumettre l’Europe et de prendre leur revanche sur leurs anciens colonisateurs.

Ce rapide survol de l’histoire du monde permet de noter que contrairement aux espèces animales où la « Red Queen » prend pour l’essentiel la forme d’une évolution physiologique, chez l’espèce humaine, cette course à l’armement se déroule toujours sur le plan de la technique, des idées et des formes d’organisation. Le biologiste Richard Dawkins a proposé le terme de « mèmes », en opposition à « gènes »  pour désigner cette information transmise par la culture et soumise, au même titre que la biologie, aux forces de l’évolution. Dans un précédent article, j’ai  justement montré comment la « densité informationnelle » constituait la variable clé pour expliquer l’efficacité d’un système culturel, organisationnel ou économique. La « Red Queen » et son cortège de mèmes, c’est la densité informationnelle en action.

Cette grille de lecture nous permet de comprendre que les corps politiques et sociaux sont eux aussi des organismes engagés dans la lutte pour la survie. Génération après génération, des ensembles de  mèmes se transmettent ou évoluent pour assurer la domination et la pérennité du groupe.

Dans certains cas, des  mèmes  particulièrement efficaces permettent à un groupe donné d’établir une domination temporaire sur les autres groupes, le temps que ces derniers développent une parade via des contre-mèmes. A l’inverse, l’adoption de mèmes inadéquats ou de mauvaise qualité peut compromettre durablement la survie du groupe et parfois même conduire à sa disparition.

Dans tous les cas, le repos et la paix demeurent de dangereuses illusions pour peuples fatigués.

Soumis à l’impitoyable tyrannie de la « Red Queen », nous sommes condamnés  à nous battre jusqu’à notre dernier souffle ou à disparaître si nous refusons le combat.  Comme Alice, pour échapper à la « Reine Rouge », nous devons sans cesse courir, ne serait-ce que pour rester sur place.

Du léninisme biologique

Mais cette organisation, elle aussi, avait besoin d’être terrible, — non pas, cette fois-ci, dans la lutte avec la bête, mais avec l’idée contraire de la bête, avec l’homme qui ne se laisse pas élever, l’homme du mélange incohérent, le Tchândâla.

Nietzsche, Le Crépuscule des Idoles

Dans son entreprise de conquête du pouvoir, Lénine avait compris que dans toute société, l’élite ne représente nécessairement qu’une minorité. Par conséquent, pour renverser cette minorité aristocratique,il est nécessaire de s’appuyer sur la masse des mécontents des classes inférieures. Pour ce faire, il faut, dans un deuxième temps, créer un parti, faire en sorte que le parti contrôle l’État et s’assurer que les membres des classes inférieures dépendent du parti pour progresser socialement et accéder au pouvoir, garantissant ainsi leur loyauté absolue. Pour mener à bien cette stratégie, Lénine s’appuya, en Russie, sur le prolétariat ouvrier urbain ; Mao fit de même en Chine avec la paysannerie.

Le léninisme biologique reprend cette stratégie pour l’appliquer à la période contemporaine.

A l’inverse de la gauche léniniste ou maoïste, la gauche « progressiste » actuelle ne s’appuie pas sur les classes ouvrières ou populaires qu’elle a abandonnées aux mouvements dits populistes ou d’extrême droite mais sur les « marginaux biologiques », une coalition d’individus incapables d’agir en tant que membres fonctionnels de la société et donc d’y acquérir des positions de pouvoir ou d’influence : les minorités ethniques, les déviants sexuels, les malades mentaux, les inadaptés sociaux, les individus laids ou difformes…

Avec le léninisme biologique, tous ces individus considérés de tout temps par les sociétés traditionnelles comme des marginaux, des intouchables et des déviants se retrouvent désormais célébrés, mis en avant et propulsés à des postes d’autorité ou des situations d’influence par les ennemis des peuples occidentaux.

Prenons par exemple le cas de la famille Traoré, fratrie de délinquants issue d’un père immigré polygame ou Yseult, « chanteuse » noire et obèse placée sous les feux de la rampe par la presse et les médias culturels progressistes ou bien encore Conchita Wurtz, la « femme à barbe » de l’Eurovision 2014.

Cette promotion de ces marginaux, ces « Tchândâlas » dénoncés par Nietzsche, ne doit rien ni au hasard, ni à l’esprit du temps mais constitue au contraire une application stricte du léninisme biologique qui permet aux mondialistes, ennemis de l’Occident, d’atteindre trois principaux objectifs.

1-garantir la loyauté sans faille des marginaux.

Comme dans le cas du léninisme classique, le nouveau prolétariat progressiste doit tout au système. Sans lui, il n’est rien et par conséquent, il se battra jusqu’à la mort pour assurer sa survie et conserver en retour son influence et son statut. Sans matraquage médiatique par les médias progressistes, qui aurait envie d’écouter Bilal Hassani ou d’aller voir la nouvelle palme d’or consacrée au sort tragique des transsexuels afghans ? 

2-neutraliser la normalité

La promotion des marginaux permet aux ennemis des peuples occidentaux de neutraliser les individus normaux, compétents et talentueux en justifiant leur mise à l’écart au nom de la « diversité » mais également d’utiliser les marginaux comme « armée de réserve » et « chiens de garde » d’un système qu’ils ont tout intérêt à défendre.

3-détruire le Beau

La promotion et la visibilité publique de personnalités repoussantes, incompétentes et inadaptées participe à cette œuvre satanique d’inversion de toutes les valeurs et de destruction méthodique de la civilisation occidentale ainsi que des notions mêmes du beau, du juste et du vrai.

Aujourd’hui, nous vivons dans un monde où tout ce qui fut considéré pendant des millénaires comme indésirable, repoussant et déviant a pris le pouvoir. Cette évolution s’inscrit dans un schéma historique plus large : nos sociétés sont passées du règne de l’aristocratie à celui de la bourgeoisie (XVIIIe-XIX) puis à celui des masses (XXe) pour aboutir au stade final, celui des marginaux et des «hors castes» (XXIe), règne précédant un effondrement complet qui ne pourra aboutir qu’au retour d’une nouvelle et véritable aristocratie chargée de rebâtir notre pays et notre civilisation.

En attendant ce jour, la notion de léninisme biologique permet de mieux comprendre pourquoi des incompétents, des marginaux ou des monstres de foire se trouvent aujourd’hui mis en avant par les médias ou portés à des positions d’influence ou de responsabilité Il s’agit tout simplement du meilleur moyen que ceux qui détiennent réellement le pouvoir ont trouvé à la fois pour le conserver mais aussi pour neutraliser le seul groupe capable de lui faire obstacle : celui des individus sains, talentueux et conquérants.

Pour aller plus loin :

Genèse du concept

Article explicatif

Entretien

Du “privilège blanc”

« On devrait gazer tous les blancs, cette sous-race »

Hafsa Haskar, vice-présidente du syndicat UNEF

Inscrite dans le cadre de la « théorie critique » développée par l’École de Francfort, la notion de « privilège blanc » dont la « théorie critique de la race » (Critical Race Theory ou CRT)  constitue l’expression contemporaine postule que chaque aspect des sociétés occidentales se trouve fondé sur un racisme ou sur une discrimination qui, faisant système, avantage les Européens blancs sans qu’ils ne s’en rendent compte, contribuant ainsi à entretenir un racisme « systémique ». Face à un mal aussi profond, la seule solution serait de « déblanchiser », c’est-à-dire déconstruire ou tout simplement détruire, la civilisation occidentale.

D’après le militant communiste américain, Theodore W. Allen, le concept de « race blanche » fut inventé dans les plantations coloniales pour permettre aux travailleurs blancs de se sentir supérieurs à leurs collègues noirs grâce à leur « privilège de la peau blanche ». Ce concept de « privilège blanc » fut ensuite repris en 1988 par la militante féministe et antiraciste Peggy McIntosh qui contribua à populariser le concept et à le diffuser dans les milieux radicaux et universitaires. Après plus de trente ans d’un travail de sape sans aucune véritable opposition, cette notion de «privilège blanc » se trouve désormais au cœur de la société américaine. Désormais, au grand dam de leurs parents, la Critical Race Theory est enseignée aux enfants des écoles privées les plus huppées du pays, les ingénieurs en recherche atomique du prestigieux laboratoire Sandia doivent suivre des stages pour « déconstruire leur privilège blanc » et les émeutes Black Lives Matter de l’été 2020 ont été défendues au nom de la « justice » et d’une nécessité de « réparation » par la quasi-totalité des élus démocrates.

En France, la notion de privilège blanc continue de faire son chemin et se voit même défendue au plus haut sommet de l’État, Emmanuel Macron ayant affirmé à plusieurs reprises que le « privilège blanc était un fait » et qu’il était temps de « déconstruire notre propre histoire ». Cette diffusion du concept au sein de la société française a pour conséquence directe la multiplication et la justification des revendications indigénistes portées, à titre d’exemples, par le comité « Justice pour Adama » ou la Ligue de Défense Noire ou bien, de façon plus diffuse, par l’augmentation, à l’Université, des conférences, ateliers ou manifestations déclarées « interdites aux blancs ».

Face à la banalisation rapide de cette notion totalement étrangère à la pensée ou à la tradition française, il est, dans un premier temps, nécessaire de comprendre que la notion de privilège blanc s’inscrit dans le cadre de cette guerre hors limites menée par les mondialistes aux peuples occidentaux. Dans cette guerre, les militants indigénistes ainsi que les universitaires d’extrême-gauche  ne sont que des pions manipulés par des intérêts extérieurs qui les utilisent pour détruire de l’intérieur les nations, les peuples et leurs identités selon le processus classique de subversion parfaitement analysé par le transfuge du KGB et spécialiste du sujet, Yuri Bezmenov.

Sans surprise, plusieurs enquêtes ont révélé que le mouvement Black Lives Matter était en partie financé par la fondation Open Society de George Soros dont les stratégies d’influence via les ONG et la société civile sont parfaitement documentées. En France, l’analyse du CV d’Assa Traoré du comité « Justice pour Adama » a permis de découvrir que celle-ci était jusqu’à récemment une employée de la fondation Rothschild, partageant un employeur avec Emmanuel Macron, ancien salarié de la banque du même nom.

Au-delà des revendications portées par les indigénistes et autres « décoloniaux », il est nécessaire de comprendre que cette notion de « privilège blanc » est utilisée de façon extrêmement perverse pour atteindre plusieurs objectifs dans le cadre de la guerre hors-limites menée aux peuples occidentaux :

1-remettre en cause le fait que les occidentaux vivent dans des sociétés conçus par eux et pour eux et qu’à ce titre, il est normal que leurs normes et modes de fonctionnement s’imposent aux populations étrangères ou aux minorités.  Le concept de « privilège blanc » vise à transformer ce qui est normal en quelque chose de « problématique » et de justifier que la minorité impose ses lois et ses codes à une majorité dépeinte comme fondamentalement raciste et oppressive.

2- désamorcer la critique et les conséquences désastreuses du multiculturalisme et de l’immigration de masse sur les sociétés occidentales. La notion de privilège blanc permet ainsi de renverser la charge accusatoire : ce n’est pas l’implantation massive de populations étrangères issues d’une autre civilisation sur le sol européen qui pose problème mais bien ce «privilège blanc » source permanente d’injustice et de conflits.  Pour achever l’opération de verrouillage intellectuel, toute critique de la notion de « privilège blanc » est associée au « suprématisme blanc » ou au « racisme ».

3- organiser et justifier la discrimination envers les peuples occidentaux. Au nom de la lutte contre le « privilège blanc », les Européens doivent accepter que les minorités ou les immigrés bénéficient de droits et de privilèges notamment dans l’accès à l’emploi, au logement, aux services publics, supérieurs à ceux des peuples historiques. Au nom de la lutte contre des privilèges considérés comme acquis par l’oppression, les blancs doivent désormais accepter et même approuver la discrimination dont ils font l’objet. Ainsi, la notion de privilège blanc contribue d’une part à détruire la notion historique de citoyenneté mais aussi de justifier la véritable discrimination dont les peuples historiques font l’objet.

Une fois de plus, nous voyons ici à l’œuvre la logique satanique des mondialistes qui vise à corrompre et à inverser toutes les valeurs : l’européen doit finir par se sentir coupable d’être ce qu’il est, coupable de vivre dans une société créée par et pour lui, coupable de ses réussites, de ses succès et de ses victoires et doit, pour surmonter son « privilège blanc », accepter de céder la place à des étrangers pour devenir lui-même un étranger dans son propre pays !

Loin d’être un phénomène uniquement social ou politique, cette notion de « privilège blanc » et toutes les dérives auxquelles elle donne lieu constitue un phénomène d’essence fondamentalement religieuse. Comme l’a compris Joseph Bottum, la culture woke (progressiste) dans laquelle s’inscrit la lutte contre « le privilège blanc » s’apparente à une forme de post-protestantisme pour une société qui, croyant avoir rejeté le religieux, le ressuscite en réalité sous d’autres formes. Pour l’idéologie woke, être blanc, c’est être souillé par le péché originel, Joe Biden ayant d’ailleurs affirmé durant sa campagne que le “privilège blanc” était “une tache sur l’âme de la Nation”.

Malheureusement, comme l’écrit Joseph Bottum, « nous avons maintenant une Église du Christ sans le Christ, cela veut dire qu’il n’y a pas de pardon possible». Or, sans le sacrifice du Christ, il ne reste plus que le péché et ce péché, dans un monde déchristianisé, ne peut être lavé que par des rituels expiatoires : genoux à terre, réparations, excuses publiques mais aussi par des sacrifices. Comme nous l’avons montré dans plusieurs articles, le blanc représente aujourd’hui le bouc émissaire idéal et tous ceux qui défendent l’idée de privilège blanc doivent comprendre que cette idée ne peut que conduire au sacrifice total des blancs. Pour laver le monde de ses péchés, il faut que les blancs disparaissent.

Ce phénomène témoigne une fois de plus du retour du religieux le plus archaïque dans un monde qui aime se croire gouverné par la Raison et le Progrès mais aussi du danger mortel qui plane sur une civilisation occidentale désormais affaiblie et attaquée de tous côtés. Arme de déconstruction massive, une idée comme celle du “privilège blanc” plante dans les esprits les graines d’un futur génocide tout en poussant ses potentielles victimes à consentir, pour le bien de l’Humanité, à leur propre extermination.

Grâce à son fonds chrétien catholique mais aussi à l’universalisme républicain qui en découle, la notion de privilège blanc progresse plus difficilement en France que dans l’Amérique protestante. Néanmoins, comme nous l’avons vu, le phénomène se développe de plus en plus rapidement à la fois à l’Université et dans la société civile. Par conséquent, il est de notre devoir d’avertir en premier lieu les militants antiracistes mais aussi tous ceux qui ne se sentent pas concernés par ce combat : à partir du moment où vous êtes blanc, vous avez été désigné comme un ennemi. Par conséquent, vous pourrez donner tous les gages d’antiracisme que vous voudrez, vous êtes coupables par essence et devez donc être éliminés ou soumis. Si vous ne luttez pas de toutes vos forces contre ce concept de « privilège blanc » et les revendications indigénistes qui en découlent, il finira par vous dévorer.

Quant à ceux qui occupent une position de responsabilités, élus, professeurs, responsables associatifs, chef d’entreprise, ils doivent impérativement comprendre le danger de cette notion de « privilège blanc » et tout le risque de violence et d’injustice qu’elle porte en son sein et ainsi réaliser l’importance de la combattre vigoureusement et de ne pas lui céder un seul pouce de terrain.

Pour finir, rappelons que le meilleur antidote à toute cette folie progressiste, à la fois pour l’individu mais aussi pour la société, reste la religion chrétienne et la foi en Jésus Christ. Non seulement la vraie foi permet au sentiment religieux de s’exprimer de façon saine et nous évite de nous prosterner devant de fausses idoles ou des faux dieux mais surtout, elle nous rappelle que nous avons tous été pardonnés par le Christ, mort sur la Croix pour nos péchés, et qu’à ses yeux, il n’y a plus de blanc, ni de noir, d’esclave ou d’homme libre car tous ne font plus qu’un en Jésus Christ (Galates 3:28).

Pour aller plus loin :

Stratégie de subversion (Bezmenov)

Des boucs émissaires

Du Triomphe de la Croix

De la religion de l’Homme

De la guerre hors limites

Du racisme

Si une communauté n’est pas acceptée, c’est qu’elle ne donne pas de bons produits, sinon elle est admise sans problème. Si elle se plaint de racisme à son égard, c’est parce qu’elle est porteuse de désordre. Quand elle ne fournit que du bien, tout le monde lui ouvre les bras. Mais il ne faut pas qu’elle vienne chez nous imposer ses mœurs.” Philippe de Gaulle, De Gaulle mon père, entretiens avec Michel Tauriac.

En France, le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit.

Fidèle à cette logique, l’Assemblée Nationale a voté en 2018 la suppression de toute mention de race dans la Constitution. Or dans le même temps, les « racisés », le plus souvent issus des minorités visibles, revendiquent une appartenance et une culture raciales et exigent un traitement de faveur au nom de ces dernières.  Alors, race ou pas race ?

A cause de la lourde charge historique, morale et politique dont il est porteur, ce débat a pris pour l’essentiel la forme d’un jeu sur les mots. D’un côté, l’étude de plus en plus fine du génome humain a révélé que les différences génétiques entre les populations humaines sont relativement faibles et le plus souvent dues à des adaptations locales liées à des pressions environnementales spécifiques. Mais d’un autre côté, les différences entre « groupes humains » ou « populations » n’en sont pas moins réelles et se manifestent par des caractéristiques physiologiques précises. Par exemple, les noirs africains possèdent une meilleure densité musculaire qui en fait d’excellents coureurs mais également  une forte densité osseuse qui en fait en revanche de piètres nageurs.  Sur le plan des pathologies, alors que les populations noires et moyen-orientales sont touchées par la drépanocytose, les populations occidentales sont plus susceptibles d’être atteintes par la sclérose en plaques.

Les différences physiologiques entre les groupes humains vont au-delà des caractéristiques physiques pour atteindre parfois  le domaine de l’incompatibilité biologique. Il est par exemple impossible de réaliser une greffe de moelle osseuse entre un blanc et un noir et beaucoup plus difficile de réussir une greffe de foie entre ces deux ethnies. Récemment, l’Allemagne s’alarmait de ne pas avoir assez de stocks de sang d’origine extra-européenne car les transfusions entre européens de souche et les nouveaux venus posent des problèmes de rejet et de compatibilité. 

Ces faits sur lesquels la communauté scientifique rechigne à s’exprimer peuvent choquer mais certains considèrent qu’il est temps de faire entrer cette réalité dans le débat public. En 2018, le généticien de Harvard, David Reich, juif et démocrate de surcroît, publia dans le New York Times une tribune qui fit grand bruit. Dans ce texte, Reich affirmait que les différences génétiques entre les populations allaient au-delà de la simple couleur de peau et pouvaient concerner des éléments plus complexes comme la taille, la susceptibilité à certains types de maladie mais aussi le comportement et les capacités cognitives. Pour Reich, il est dangereux et antiscientifique de nier les différences  génétiques parfois significatives entre les différents groupes humains de peur d’encourager le racisme.

En France, cette information fut très peu reprise. Dans le Monde, l’entrepreneur Laurent Alexandre réagit à cette information en affirmant que «  la science doit parfois s’effacer devant le principe d’égalité fondamentale entre les hommes» préférant ainsi défendre le dogme plutôt que de faire avancer la science et oubliant au passage qu’un scientifique doit, comme l’enseignait le physicien Richard Feynman, être habité par une honnêteté foncière et d’accepter tous les résultats, même ceux qui vont à l’encontre de sa thèse.

S’il existe bel et bien des différences génétiques entre les différents groupes humains contribuant, dans une certaine mesure, à déterminer leurs capacités et leurs comportements, il ne faut pas oublier, comme l’a démontré Joseph Henrich, que l’évolution humaine a été façonnée par une coévolution gène-culture ayant rendu l’être humain extrêmement sensible à la notion de culture partagée ainsi qu’aux différences comportementales et culturelles. Dans les sociétés occidentales dans lesquelles, depuis les années soixante-dix, le multiculturalisme a été imposé et présenté comme un souverain bien, c’est en réalité,  au-delà de la question raciale et ethnique, la question de la cohabitation entre peuples de différentes cultures qui se pose.

Dans une étude qui fit grand bruit, le grand sociologue américain Robert Putnam démontra qu’au sein d’un quartier, l’augmentation de la diversité ethnique et culturelle conduisait à l’effondrement de la confiance entre les communautés mais  également au sein des communautés elles-mêmes. Dans le même registre, le sociologue et philosophe finlandais Tatu Vanhanen démontra que les sociétés multiethniques et multiculturelles sont multiconflictuelles et qu’il existe chez l’être humain une tendance naturelle au “népotisme ethnique”. Pour être convaincu de la conflictualité apporté par le multiculturalisme, il suffit de comparer les États-Unis, toujours marqués par la ségrégation et la violence malgré l’avancée des droits civiques, ou le Brésil, autre creuset multiethnique et culturel, à des nations ethniquement et culturellement homogènes comme le Japon, la Nouvelle-Zélande ou la Corée.  

Enfin, sur le plan culturel, le chercheur hollandais Geert Hofstede a démontré et modélisé les différences culturelles fondamentales entre les peuples et les conséquences de ces différences sur leurs formes d’organisation, leur rapport à l’autorité et leur gestion du risque.

Au-delà de ses considérations savantes, comment imaginer une cohabitation harmonieuse entre des peuples dont les postulats philosophiques se trouvent en tous points opposés ? Comment imaginer une cohabitation entre la philosophie de l’émancipation propre à l’Occident et celle de la soumission propre à l’islam ? Entre une civilisation où la religion est avant tout une loi et une autre marquée depuis des siècles par la séparation des pouvoirs temporels et spirituels?

Nier la différence entre les populations humaines et les cultures, c’est nier la véritable diversité du monde et s’interdire de penser les problèmes que celle-ci peut poser.

Soucieux d’assurer la cohésion de son groupe d’appartenance et menacé par des groupes culturellement et physiologiquement distincts, l’être humain n’a pu que devenir « raciste », c’est-à-dire capable d’identifier rapidement les différences ethniques et culturelles et capable de ne faire société qu’avec des individus partageant avec lui, sur ces deux points, des caractéristiques communes. Parfois cruels, injustes et imprécis, les préjugés raciaux ne sont rien de moins que ce que les psychologues comportementaux appellent des heuristiques : des raccourcis mentaux développés au cours de l’évolution pour permettre un jugement rapide sur une situation.

Plutôt que de refuser d’admettre la réalité des différences aussi bien physiologiques que culturelles entre les groupes humains et les problèmes posés par leur cohabitation imposée, certains préfèrent s’accrocher au dogme du vivre-ensemble et continuent à affirmer que « nous sommes tous du même sang ». A ce stade, il ne s’agit plus de science ou de politique mais d’ignorance, voire d’une forme pathologique de dissonance cognitive.

Le refus de reconnaître les différences entre les groupes humains ne pose pas seulement la question de la censure d’une vérité scientifique au nom d’un dogme politico-religieux. Il met aujourd’hui en péril l’ensemble de la civilisation occidentale. Dans les années 30, l’Union Soviétique dénonça la génétique comme science contre-révolutionnaire pour lui préférer le lyssenkisme, science inventée par un paysan, Trofim Lyssenko, décidé à appliquer « la dialectique marxiste aux lois de la nature ».

Condamnés par le régime, des milliers de biologistes et de généticiens furent persécutés et emprisonnés. Les conséquences de ce choix pour l’URSS furent dramatiques. Aujourd’hui, en refusant de reconnaître les différences entre les groupes humains et les conséquences désastreuses de leur cohabitation imposée, l’Occident est en train de mourir d’un lyssenkisme politique.

De l’islam

Avec vos lois démocratiques nous vous coloniserons ; avec nos lois coraniques, nous vous soumettrons” Youssef Al Quaradawi

A en juger par le traitement réservé à l’islam en France, un grand nombre de politiques, de journalistes et de français n’ont jamais eu la curiosité  de lire le Coran ou de s’intéresser à la pensée ainsi qu’à la théologie islamique.

Sur le sujet, il est bon de rappeler quelques notions de base :

1-Pour les musulmans, l’islam représente la révélation ultime, celle qui rend caduque toutes les précédentes (judaïsme et christianisme). Chrétiens et juifs sont dans l’erreur. Pour ne plus l’être, ils devraient se convertir à l’islam. L’athéisme, lui, est considéré comme une abomination absolue.

2-Le Coran est incréé. C’est la parole de Dieu en direct, contrairement aux Évangiles où la parole de Dieu passe par la médiation de l’homme.  Le Coran étant incréé, il s’agit pour les musulmans  d’une perfection absolue.  A ce titre, il ne saurait être soumis à  aucune modification, ni réforme. Dans l’histoire, toute les tentatives de réformer le Coran n’ont jamais abouti ou ont été sauvagement réprimées.

3-Cette loi de Dieu étant une perfection révélée dans le cadre de l’ultime révélation, elle a vocation à s’appliquer à la terre entière.  La paix promise par l’islam, c’est la paix d’un monde entièrement régi par la loi de Dieu, la charia. Quand un musulman dit : «que la paix soit avec toi », c’est une invitation à se convertir à l’islam.

4-Pour l’islam, le monde est divisé en deux domaines. D’un côté, le Dar Al Islam, la demeure de l’islam où la charia est appliquée et où vivent les croyants. De l’autre côté, le Dar El Arb, la demeure de la guerre, que les musulmans doivent conquérir et où vivent les mécréants. Aujourd’hui, l’Europe est considérée comme le Dar El Arb par excellence

5-La conquête et l’agression sont des éléments fondamentaux de l’islam car ils sont encouragés par Allah et le prophète. L’islam s’est diffusée dans le monde via la conquête militaire et dans le Coran, un grand nombre de versets sont sans aucune ambiguïté sur le sort qui doit être réservé aux non-musulmans :

Le Coran, sourate 60, verset 4 « Entre vous et nous, l’inimitié et la haine sont à jamais déclarées jusqu’à ce que vous croyiez en Allah. »

Le Coran, sourate 2 verset 193 : « Et combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’association et que la religion soit entièrement à Allah seul. S’ils cessent, donc plus d’hostilités, sauf contre les injustes. »

Le Coran, sourate 4 verset  56-57 : « Certes, ceux qui ne croient pas à nos versets  nous les brûlerons bientôt dans le feu. Chaque fois que leurs peaux auront été consumées, Nous leur donnerons d’autres peaux en échange afin qu’ils goûtent au châtiment. Allah est certes Puissant et Sage ! »

6-Les terroristes ne sont en aucun cas des croyants dévoyés  non représentatifs de l’islam. Au contraire, ils appliquent le Coran à la lettre et respectent scrupuleusement la volonté d’Allah.

Le Coran sourate 47 verset 4 : « Lorsque vous rencontrez les mécréants, frappez-les au cou. Puis quand vous les avez dominés, enchaînez-les solidement. »

Le Coran sourate 95, verset 4: « Allah accorde sa préférence à ceux qui se battent plutôt qu’à ceux qui restent à la maison. Il a  distingué ses combattants en leur accordant une immense récompense. »

7-La laïcité ainsi que les droits de l’homme sont  incompatibles avec l’islam. L’islam ne reconnaît  en effet ni la liberté de conscience (l’apostasie y est punie de mort), ni l’égalité hommes/femmes, ni l’égalité tout court (les mécréants ont le statut de dhimmi), sans parler du sort qu’il réserve aux homosexuels et autres « déviants ». L’islam est la religion de la soumission (islam) alors que la civilisation européenne et le christianisme promeuvent l’émancipation.

8-Pour le musulman, les lois de dieu (la charia) priment sur la loi des hommes (la res publica). En islam, il n’existe aucune distinction entre le religieux et le politique, entre le temporel et le spirituel. Le chef politique étant également commandeur des croyants, la laïcité y est impossible. A la lecture du Coran, véritable code civil,  il apparaît clairement que l’islam est un projet politico-juridique sous couvert de religion. Parler d’islam politique est un pléonasme. Par essence, l’islam est politique.

9-Avant même d’être un projet politico-juridique, l’islam est une nation. La nation de l’islam, c’est l’oumma, la communauté des croyants. Même si de fortes dissensions existent au sein de l’oumma, entre shiites et sunnites par exemple, les musulmans sont solidaires contre les mécréants. Comment peut-il y avoir d’appartenance à une communauté nationale si les musulmans se définissent avant tout par leur pratique religieuse?

10 – Qui sont les musulmans “modérés” ? Croient-ils-ou non qu’« il n’y a pas d’autres dieux qu’Allah et que Mahomet est son prophète ». S’ils le croient, ils placent alors  la loi de leur dieu au-dessus de la loi des hommes.  S’ils ne le croient pas, ils ne sont pas musulmans. De plus, le jour où les « radicaux » voudront imposer l’islam en France, les « modérés » seront-ils  majoritairement du côté des mécréants ou de leurs frères musulmans ?

11-L ’ « islam des lumières » vanté par certains a toujours été ultra-minoritaire. Toute les tentatives de réformer l’islam ou d’en sortir (Ataturk en Turquie, Nasser en Egypte) ont échoué. L’islam qui s’impose est toujours le “vrai” islam, le plus fidèle à la lettre comme à l’esprit du Coran. C’est d’ailleurs cette version qui est diffusée avec des moyens considérables par les monarchies pétrolières comme l’Arabie Saoudite ou le Qatar.

12- En France, les musulmans se sont déjà vus offrir l’occasion de pleinement s’assimiler. En 1870, les décrets Crémieux proposèrent aux algériens l’obtention de la nationalité française en échange du rejet de l’islam. Contrairement aux juifs, les musulmans algériens préfèrent conserver le « statut personnel », la charia, plutôt que de devenir pleinement français. Si les musulmans ont refusé de s’assimiler en 1870 pourquoi le feraient ils en 2019?

13- En France, l’assimilation ne progresse pas. Selon un récent sondage, 27% des musulmans  pensent que la charia devrait primer sur les lois de la République. Ce chiffre monte à près de 50% pour les jeunes générations.  Notons également qu’entre 1989 et aujourd’hui,  la proportion de musulmans allant prier le vendredi à la mosquée a doublé s’établissant aujourd’hui à près de 40%. Toutes les études confirment que les jeunes générations sont bien plus religieuses et radicales que celles de leurs parents.

14-Dès son origine, l’islam a su avancer masqué à chaque fois qu’il était trop faible pour s’imposer. Pour ce faire, il a développé un principe dissimulation stratégique: la taquiya. La taquiya permet aux musulmans de prétendre respecter les règles de la société d’accueil jusqu’au moment où ils se trouvent assez forts et nombreux pour prendre le pouvoir et imposer la loi islamique. Le mouvement des frères musulmans est passé maître dans cet art. 

15-En réalité, il existe deux Coran: le Coran de la Mecque et le Coran de Médine. Le premier a été rédigé à l’époque où Mahomet et ses disciples se trouvaient en position minoritaire. Il est celui qui contient tous les versets appelant à la tolérance et à la concorde sur lesquels s’appuient ceux qui présentent l’islam comme une religion de paix et d’amour (sourate 2 verset 256 par exemple). Ceux ci oublient de dire que ces verset ont été abrogés par le Coran de Médine, “coran de combat” rédigé après l’Hégire alors que Mahomet, désormais en exil, devient un véritable chef de guerre et appelle sans ambiguïté à la soumission et aux massacres des mécréants (versets 5 et 29 dits “de l’épée” de la sourate 9). La règle de l’abrogation (Nâskh oua Mansûkh) permet de prendre uniquement en considération le dernier verset révélé, celui de Médine, et donc d’entretenir en permanence un double discours visant à duper les mécréants.

16-l’islamisation de l’Europe est un projet prévu de longue date, à la fois par le mouvement des Frères Musulmans mais aussi par les nations islamiques elles-mêmes . Réunie à Doha en 2000, l’organisation de la coopération islamique a publié un document dans laquelle elle détaille les actions à mener pour islamiser l’Europe : construction de mosquées, lobbying, voile dans l’espace publique, enseignement de l’arabe à l’école etc…

17-Incapable de l’emporter dans le cadre d’un affrontement direct, l’islam a développé une double stratégie pour conquérir l’Europe vieillissante : la démographie et les droits de l’homme. Comme l’a dit le président algérien Boumedienne en 1974 “le ventre de nos femmes nous donnera la victoire” et comme l’a dit le prédicateur Youssef Al Quaradawi “Avec vos lois démocratiques nous vous coloniserons ; avec nos lois coraniques, nous vous dominerons.”

Si la France ne veut pas devenir une république islamique, il va falloir qu’elle ouvre les yeux et qu’elle comprenne que face à l’islam, seules deux attitudes sont possibles: se soumettre ou se battre.

Pour aller plus loin:

Le Projet, Alexandre del Valle (L’Artilleur)

Islam et judéo-christianisme, Jacques Ellul (PUF)

Stratégie de l’action islamique culturelle à l’extérieur du monde islamique

De la bienveillance

“Il n’y a pas de trêve avec les Furies/ Ton visage si bienveillant/Est le drapeau blanc qu’elles ignorent”

R.S. Thomas

C’est un ajout récent à la novlangue de l’époque que l’on retrouve à toutes les sauces et sur toutes les langues.

Aujourd’hui, rien ne semble plus important que de cultiver sa bienveillance. Pas un politique, un journaliste, un psychologue, un manager ne manque à l’appel pour nous rappeler l’importance d’être bienveillant.

La bienveillance : un mot bonbon pour une époque guimauve qui ne sait plus que mâcher mou.

En réalité, cette injonction permanente à la bienveillance devrait nous inquiéter.

En psychologie, plus un mot est employé, plus il cache en réalité son contraire.

Les métropoles dites apaisées sont celles où la criminalité est la plus grande et les parangons de vertu affichée sont souvent ceux qui, en privé, succombent aux plus grands vices.

L’appel à la bienveillance, c’est la réponse à la véritable dureté de l’époque, à sa violence, à son hypocrisie. Cet appel désespéré à la bienveillance, c’est demander un cocon, un refuge, un répit.

Arrêtez le massacre s’il vous plaît ; soyez bienveillant, je vous en prie.

Naïveté de l’époque qui croit qu’il suffira d’appeler à la bienveillance pour être épargné.

Si l’époque est mauvaise, les valeurs dévoyées et les chefs incapables, alors il faut reformer tout cela, par la force si nécessaire. Ce n’est pas en appelant à la pitié, autre nom de la bienveillance, que les choses risquent de changer.

Car cette bienveillance est un poison qui nous affaiblit et nous tue à petit feu.

Tous les systèmes vivants sont régis par des boucles de renforcement positives ou négatives.

Confronté à un choc ou à une agression, un système peut durcir la zone attaquée ou faire comme ce ver de terre décrit par Nietzsche qui se recroqueville davantage pour réduire ses chances de se faire à nouveau piétiner.   La bienveillance, c’est la deuxième option.

Notre corps est plus sage que nous. Attaqué par des virus ou des bactéries,  il développe des défenses immunitaires et fait monter notre température pour tuer l’envahisseur.

Promouvoir la bienveillance, c’est à l’inverse devenir comme ces américains obsédés par les germes qui cherchent à vivre dans les environnements les plus aseptisés possibles et qui finissent par ne plus avoir la moindre défense immunitaire. C’est aussi devenir comme cette nouvelle génération d’étudiants désormais incapables de supporter un débat un peu vif ou un remontage de bretelles en règle et qui se réfugient dans des safe space sur les campus ou se sentent agressés par la moindre critique.

« Tout ce qui ne te tue pas, te rend plus fort » disait Nietzsche.

Ou comme le disait mon arrière-grand père, boulanger de son état : « Si tu ne supportes pas la chaleur, ne rentre pas dans le fournil ».

Ce n’est pas la bienveillance qu’il faut demander mais l’estime et le respect.

Ces derniers ne sont pas dus, ils se méritent et ils se gagnent.

Au lieu de nous affaiblir, ils nous renforcent.

Au lieu de nous ramollir, ils nous endurcissent.

Etre contre la bienveillance, c’est en réalité rendre un immense service à notre époque.

Les temps qui viennent vont être durs, très durs.

Le monde qui vient n’est pas celui de la bienveillance mais de la guerre et de la lutte.

Alors au lieu d’appliquer la pommade dérisoire de la bienveillance sur les petits bobos de nos esprits fragiles, nous ferions mieux d’apprendre à prendre des coups et à en donner.

Pour aller plus loin:

Deadwood