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Du léninisme biologique

Mais cette organisation, elle aussi, avait besoin d’être terrible, — non pas, cette fois-ci, dans la lutte avec la bête, mais avec l’idée contraire de la bête, avec l’homme qui ne se laisse pas élever, l’homme du mélange incohérent, le Tchândâla.

Nietzsche, Le Crépuscule des Idoles

Dans son entreprise de conquête du pouvoir, Lénine avait compris que, premièrement, dans toute société, l’élite ne représente nécessairement qu’une minorité. Par conséquent, pour renverser cette minorité aristocratique,il est nécessaire de s’appuyer sur la masse des mécontents des classes inférieures. Pour ce faire, il faut, dans un deuxième temps, créer un parti, faire en sorte que le parti contrôle l’État et s’assurer que les membres des classes inférieures dépendent du parti pour progresser socialement et accéder au pouvoir, garantissant ainsi leur loyauté absolue. Pour mener à bien cette stratégie, Lénine s’appuya, en Russie, sur le prolétariat ouvrier urbain ; Mao fit de même en Chine avec la paysannerie.

Le léninisme biologique reprend cette stratégie pour l’appliquer à la période contemporaine.

A l’inverse de la gauche léniniste ou maoïste, la gauche « progressiste » actuelle ne s’appuie pas sur les classes ouvrières ou populaires qu’elle a abandonnées aux mouvements dits populistes ou d’extrême droite mais sur les « marginaux biologiques », une coalition d’individus incapables d’agir en tant que membres fonctionnels de la société et donc d’y acquérir des positions de pouvoir ou d’influence : les minorités ethniques, les déviants sexuels, les malades mentaux, les inadaptés sociaux, les individus laids ou difformes…

Avec le léninisme biologique, tous ces individus considérés de tout temps par les sociétés traditionnelles comme des marginaux, des intouchables et des déviants se retrouvent désormais célébrés, mis en avant et propulsés à des postes d’autorité ou des situations d’influence par les ennemis des peuples occidentaux.

Prenons par exemple le cas de la famille Traoré, fratrie de délinquants issue d’un père immigré polygame ou Yseult, « chanteuse » noire et obèse placée sous les feux de la rampe par la presse et les médias culturels progressistes ou bien encore Conchita Wurtz, la « femme à barbe » de l’Eurovision 2014.

Cette promotion de ces marginaux, ces « Tchândâlas » dénoncés par Nietzsche, ne doit rien ni au hasard, ni à l’esprit du temps mais constitue au contraire une application stricte du léninisme biologique qui permet aux mondialistes, ennemis de l’Occident, d’atteindre trois principaux objectifs.

1-garantir la loyauté sans faille des marginaux.

Comme dans le cas du léninisme classique, le nouveau prolétariat progressiste doit tout au système. Sans lui, il n’est rien et par conséquent, il se battra jusqu’à la mort pour assurer sa survie et conserver en retour son influence et son statut. Sans matraquage médiatique par les médias progressistes, qui aurait envie d’écouter Bilal Hassani ou d’aller voir la nouvelle palme d’or consacrée au sort tragique des transsexuels afghans ? 

2-neutraliser la normalité

La promotion des marginaux permet aux ennemis des peuples occidentaux de neutraliser les individus normaux, compétents et talentueux en justifiant leur mise à l’écart au nom de la « diversité » mais également d’utiliser les marginaux comme « armée de réserve » et « chiens de garde » d’un système qu’ils ont tout intérêt à défendre.

3-détruire le Beau

La promotion et la visibilité publique de personnalités repoussantes, incompétentes et inadaptées participe à cette œuvre satanique d’inversion de toutes les valeurs et de destruction méthodique de la civilisation occidentale ainsi que des notions mêmes du beau, du juste et du vrai.

Aujourd’hui, nous vivons dans un monde où tout ce qui fut considéré pendant des millénaires comme indésirable, repoussant et déviant a pris le pouvoir. Cette évolution s’inscrit dans un schéma historique plus large : nos sociétés sont passées du règne de l’aristocratie à celui de la bourgeoisie (XVIIIe-XIX) puis à celui des masses (XXe) pour aboutir au stade final, celui des marginaux et des «hors castes» (XXIe), règne précédant un effondrement complet qui ne pourra aboutir qu’au retour d’une nouvelle et véritable aristocratie chargée de rebâtir notre pays et notre civilisation.

En attendant ce jour, la notion de léninisme biologique permet de mieux comprendre pourquoi des incompétents, des marginaux ou des monstres de foire se trouvent aujourd’hui mis en avant par les médias ou portés à des positions d’influence ou de responsabilité Il s’agit tout simplement du meilleur moyen que ceux qui détiennent réellement le pouvoir ont trouvé à la fois pour le conserver mais aussi pour neutraliser le seul groupe capable de lui faire obstacle : celui des individus sains, talentueux et conquérants.

Pour aller plus loin :

Genèse du concept

Article explicatif

Entretien

Du “privilège blanc”

« On devrait gazer tous les blancs, cette sous-race »

Hafsa Haskar, vice-présidente du syndicat UNEF

Inscrite dans le cadre de la « théorie critique » développée par l’École de Francfort, la notion de « privilège blanc » dont la « théorie critique de la race » (Critical Race Theory ou CRT)  constitue l’expression contemporaine postule que chaque aspect des sociétés occidentales se trouve fondé sur un racisme ou sur une discrimination qui, faisant système, avantage les Européens blancs sans qu’ils ne s’en rendent compte, contribuant ainsi à entretenir un racisme « systémique ». Face à un mal aussi profond, la seule solution serait de « déblanchiser », c’est-à-dire déconstruire ou tout simplement détruire, la civilisation occidentale.

D’après le militant communiste américain, Theodore W. Allen, le concept de « race blanche » fut inventé dans les plantations coloniales pour permettre aux travailleurs blancs de se sentir supérieurs à leurs collègues noirs grâce à leur « privilège de la peau blanche ». Ce concept de « privilège blanc » fut ensuite repris en 1988 par la militante féministe et antiraciste Peggy McIntosh qui contribua à populariser le concept et à le diffuser dans les milieux radicaux et universitaires. Après plus de trente ans d’un travail de sape sans aucune véritable opposition, cette notion de «privilège blanc » se trouve désormais au cœur de la société américaine. Désormais, au grand dam de leurs parents, la Critical Race Theory est enseignée aux enfants des écoles privées les plus huppées du pays, les ingénieurs en recherche atomique du prestigieux laboratoire Sandia doivent suivre des stages pour « déconstruire leur privilège blanc » et les émeutes Black Lives Matter de l’été 2020 ont été défendues au nom de la « justice » et d’une nécessité de « réparation » par la quasi-totalité des élus démocrates.

En France, la notion de privilège blanc continue de faire son chemin et se voit même défendue au plus haut sommet de l’État, Emmanuel Macron ayant affirmé à plusieurs reprises que le « privilège blanc était un fait » et qu’il était temps de « déconstruire notre propre histoire ». Cette diffusion du concept au sein de la société française a pour conséquence directe la multiplication et la justification des revendications indigénistes portées, à titre d’exemples, par le comité « Justice pour Adama » ou la Ligue de Défense Noire ou bien, de façon plus diffuse, par l’augmentation, à l’Université, des conférences, ateliers ou manifestations déclarées « interdites aux blancs ».

Face à la banalisation rapide de cette notion totalement étrangère à la pensée ou à la tradition française, il est, dans un premier temps, nécessaire de comprendre que la notion de privilège blanc s’inscrit dans le cadre de cette guerre hors limites menée par les mondialistes aux peuples occidentaux. Dans cette guerre, les militants indigénistes ainsi que les universitaires d’extrême-gauche  ne sont que des pions manipulés par des intérêts extérieurs qui les utilisent pour détruire de l’intérieur les nations, les peuples et leurs identités selon le processus classique de subversion parfaitement analysé par le transfuge du KGB et spécialiste du sujet, Yuri Bezmenov.

Sans surprise, plusieurs enquêtes ont révélé que le mouvement Black Lives Matter était en partie financé par la fondation Open Society de George Soros dont les stratégies d’influence via les ONG et la société civile sont parfaitement documentées. En France, l’analyse du CV d’Assa Traoré du comité « Justice pour Adama » a permis de découvrir que celle-ci était jusqu’à récemment une employée de la fondation Rothschild, partageant un employeur avec Emmanuel Macron, ancien salarié de la banque du même nom.

Au-delà des revendications portées par les indigénistes et autres « décoloniaux », il est nécessaire de comprendre que cette notion de « privilège blanc » est utilisée de façon extrêmement perverse pour atteindre plusieurs objectifs dans le cadre de la guerre hors-limites menée aux peuples occidentaux :

1-remettre en cause le fait que les occidentaux vivent dans des sociétés conçus par eux et pour eux et qu’à ce titre, il est normal que leurs normes et modes de fonctionnement s’imposent aux populations étrangères ou aux minorités.  Le concept de « privilège blanc » vise à transformer ce qui est normal en quelque chose de « problématique » et de justifier que la minorité impose ses lois et ses codes à une majorité dépeinte comme fondamentalement raciste et oppressive.

2- désamorcer la critique et les conséquences désastreuses du multiculturalisme et de l’immigration de masse sur les sociétés occidentales. La notion de privilège blanc permet ainsi de renverser la charge accusatoire : ce n’est pas l’implantation massive de populations étrangères issues d’une autre civilisation sur le sol européen qui pose problème mais bien ce «privilège blanc » source permanente d’injustice et de conflits.  Pour achever l’opération de verrouillage intellectuel, toute critique de la notion de « privilège blanc » est associée au « suprématisme blanc » ou au « racisme ».

3- organiser et justifier la discrimination envers les peuples occidentaux. Au nom de la lutte contre le « privilège blanc », les Européens doivent accepter que les minorités ou les immigrés bénéficient de droits et de privilèges notamment dans l’accès à l’emploi, au logement, aux services publics, supérieurs à ceux des peuples historiques. Au nom de la lutte contre des privilèges considérés comme acquis par l’oppression, les blancs doivent désormais accepter et même approuver la discrimination dont ils font l’objet. Ainsi, la notion de privilège blanc contribue d’une part à détruire la notion historique de citoyenneté mais aussi de justifier la véritable discrimination dont les peuples historiques font l’objet.

Une fois de plus, nous voyons ici à l’œuvre la logique satanique des mondialistes qui vise à corrompre et à inverser toutes les valeurs : l’européen doit finir par se sentir coupable d’être ce qu’il est, coupable de vivre dans une société créée par et pour lui, coupable de ses réussites, de ses succès et de ses victoires et doit, pour surmonter son « privilège blanc », accepter de céder la place à des étrangers pour devenir lui-même un étranger dans son propre pays !

Loin d’être un phénomène uniquement social ou politique, cette notion de « privilège blanc » et toutes les dérives auxquelles elle donne lieu constitue un phénomène d’essence fondamentalement religieuse. Comme l’a compris Joseph Bottum, la culture woke (progressiste) dans laquelle s’inscrit la lutte contre « le privilège blanc » s’apparente à une forme de post-protestantisme pour une société qui, croyant avoir rejeté le religieux, le ressuscite en réalité sous d’autres formes. Pour l’idéologie woke, être blanc, c’est être souillé par le péché originel, Joe Biden ayant d’ailleurs affirmé durant sa campagne que le “privilège blanc” était “une tâche sur l’âme de la Nation”.

Malheureusement, comme l’écrit Joseph Bottum, « nous avons maintenant une Église du Christ sans le Christ, cela veut dire qu’il n’y a pas de pardon possible». Or, sans le sacrifice du Christ, il ne reste plus que le péché et ce péché, dans un monde déchristianisé, ne peut être lavé que par des rituels expiatoires : genoux à terre, réparations, excuses publiques mais aussi par des sacrifices. Comme nous l’avons montré dans plusieurs articles, le blanc représente aujourd’hui le bouc émissaire idéal et tous ceux qui défendent l’idée de privilège blanc doivent comprendre que cette idée ne peut que conduire au sacrifice total des blancs. Pour laver le monde de ses péchés, il faut que les blancs disparaissent.

Ce phénomène témoigne une fois de plus du retour du religieux le plus archaïque dans un monde qui aime se croire gouverné par la Raison et le Progrès mais aussi du danger mortel qui plane sur une civilisation occidentale désormais affaiblie et attaquée de tous côtés. Arme de déconstruction massive, une idée comme celle du “privilège blanc” plante dans les esprits les graines d’un futur génocide tout en poussant ses potentielles victimes à consentir, pour le bien de l’Humanité, à leur propre extermination.

Grâce à son fonds chrétien catholique mais aussi à l’universalisme républicain qui en découle, la notion de privilège blanc progresse plus difficilement en France que dans l’Amérique protestante. Néanmoins, comme nous l’avons vu, le phénomène se développe de plus en plus rapidement à la fois à l’Université et dans la société civile. Par conséquent, il est de notre devoir d’avertir en premier lieu les militants antiracistes mais aussi tous ceux qui ne se sentent pas concernés par ce combat : à partir du moment où vous êtes blanc, vous avez été désigné comme un ennemi. Par conséquent, vous pourrez donner tous les gages d’antiracisme que vous voudrez, vous êtes coupables par essence et devez donc être éliminés ou soumis. Si vous ne luttez pas de toutes vos forces contre ce concept de « privilège blanc » et les revendications indigénistes qui en découlent, il finira par vous dévorer.

Quant à ceux qui occupent une position de responsabilités, élus, professeurs, responsables associatifs, chef d’entreprise, ils doivent impérativement comprendre le danger de cette notion de « privilège blanc » et tout le risque de violence et d’injustice qu’elle porte en son sein et ainsi réaliser l’importance de la combattre vigoureusement et de ne pas lui céder un seul pouce de terrain.

Pour finir, rappelons que le meilleur antidote à toute cette folie progressiste, à la fois pour l’individu mais aussi pour la société, reste la religion chrétienne et la foi en Jésus Christ. Non seulement la vraie foi permet au sentiment religieux de s’exprimer de façon saine et nous évite de nous prosterner devant de fausses idoles ou des faux dieux mais surtout, elle nous rappelle que nous avons tous été pardonnés par le Christ, mort sur la Croix pour nos péchés, et qu’à ses yeux, il n’y a plus de blanc, ni de noir, d’esclave ou d’homme libre car tous ne font plus qu’un en Jésus Christ (Galates 3:28).

Pour aller plus loin :

Stratégie de subversion (Bezmenov)

Des boucs émissaires

Du Triomphe de la Croix

De la religion de l’Homme

De la guerre hors limites

Du racisme

Si une communauté n’est pas acceptée, c’est qu’elle ne donne pas de bons produits, sinon elle est admise sans problème. Si elle se plaint de racisme à son égard, c’est parce qu’elle est porteuse de désordre. Quand elle ne fournit que du bien, tout le monde lui ouvre les bras. Mais il ne faut pas qu’elle vienne chez nous imposer ses mœurs.” Philippe de Gaulle, De Gaulle mon père, entretiens avec Michel Tauriac.

En France, le racisme n’est pas une opinion, c’est un délit.

Fidèle à cette logique, l’Assemblée Nationale a voté en 2018 la suppression de toute mention de race dans la Constitution. Or dans le même temps, les « racisés », le plus souvent issus des minorités visibles, revendiquent une appartenance et une culture raciales et exigent un traitement de faveur au nom de ces dernières.  Alors, race ou pas race ?

A cause de la lourde charge historique, morale et politique dont il est porteur, ce débat a pris pour l’essentiel la forme d’un jeu sur les mots. D’un côté, l’étude de plus en plus fine du génome humain a révélé que les différences génétiques entre les populations humaines sont relativement faibles et le plus souvent dues à des adaptations locales liées à des pressions environnementales spécifiques. Mais d’un autre côté, les différences entre « groupes humains » ou « populations » n’en sont pas moins réelles et se manifestent par des caractéristiques physiologiques précises. Par exemple, les noirs africains possèdent une meilleure densité musculaire qui en fait d’excellents coureurs mais également  une forte densité osseuse qui en fait en revanche de piètres nageurs.  Sur le plan des pathologies, alors que les populations noires et moyen-orientales sont touchées par la drépanocytose, les populations occidentales sont plus susceptibles d’être atteintes par la sclérose en plaques.

Les différences physiologiques entre les groupes humains vont au-delà des caractéristiques physiques pour atteindre parfois  le domaine de l’incompatibilité biologique. Il est par exemple impossible de réaliser une greffe de moelle osseuse entre un blanc et un noir et beaucoup plus difficile de réussir une greffe de foie entre ces deux ethnies. Récemment, l’Allemagne s’alarmait de ne pas avoir assez de stocks de sang d’origine extra-européenne car les transfusions entre européens de souche et les nouveaux venus posent des problèmes de rejet et de compatibilité. 

Ces faits sur lesquels la communauté scientifique rechigne à s’exprimer peuvent choquer mais certains considèrent qu’il est temps de faire entrer cette réalité dans le débat public. En 2018, le généticien de Harvard, David Reich, juif et démocrate de surcroît, publia dans le New York Times une tribune qui fit grand bruit. Dans ce texte, Reich affirmait que les différences génétiques entre les populations allaient au-delà de la simple couleur de peau et pouvaient concerner des éléments plus complexes comme la taille, la susceptibilité à certains types de maladie mais aussi le comportement et les capacités cognitives. Pour Reich, il est dangereux et antiscientifique de nier les différences  génétiques parfois significatives entre les différents groupes humains de peur d’encourager le racisme.

En France, cette information fut très peu reprise. Dans le Monde, l’entrepreneur Laurent Alexandre réagit à cette information en affirmant que «  la science doit parfois s’effacer devant le principe d’égalité fondamentale entre les hommes» préférant ainsi défendre le dogme plutôt que de faire avancer la science et oubliant au passage qu’un scientifique doit, comme l’enseignait le physicien Richard Feynman, être habité par une honnêteté foncière et d’accepter tous les résultats, même ceux qui vont à l’encontre de sa thèse.

S’il existe bel et bien des différences génétiques entre les différents groupes humains contribuant, dans une certaine mesure, à déterminer leurs capacités et leurs comportements, il ne faut pas oublier, comme l’a démontré Joseph Henrich, que l’évolution humaine a été façonnée par une coévolution gène-culture ayant rendu l’être humain extrêmement sensible à la notion de culture partagée ainsi qu’aux différences comportementales et culturelles. Dans les sociétés occidentales dans lesquelles, depuis les années soixante-dix, le multiculturalisme a été imposé et présenté comme un souverain bien, c’est en réalité,  au-delà de la question raciale et ethnique, la question de la cohabitation entre peuples de différentes cultures qui se pose.

Dans une étude qui fit grand bruit, le grand sociologue américain Robert Putnam démontra qu’au sein d’un quartier, l’augmentation de la diversité ethnique et culturelle conduisait à l’effondrement de la confiance entre les communautés mais  également au sein des communautés elles-mêmes. Dans le même registre, le sociologue et philosophe finlandais Tatu Vanhanen démontra que les sociétés multiethniques et multiculturelles sont multiconflictuelles et qu’il existe chez l’être humain une tendance naturelle au “népotisme ethnique”. Pour être convaincu de la conflictualité apporté par le multiculturalisme, il suffit de comparer les États-Unis, toujours marqués par la ségrégation et la violence malgré l’avancée des droits civiques, ou le Brésil, autre creuset multiethnique et culturel, à des nations ethniquement et culturellement homogènes comme le Japon, la Nouvelle-Zélande ou la Corée.  

Enfin, sur le plan culturel, le chercheur hollandais Geert Hofstede a démontré et modélisé les différences culturelles fondamentales entre les peuples et les conséquences de ces différences sur leurs formes d’organisation, leur rapport à l’autorité et leur gestion du risque.

Au-delà de ses considérations savantes, comment imaginer une cohabitation harmonieuse entre des peuples dont les postulats philosophiques se trouvent en tous points opposés ? Comment imaginer une cohabitation entre la philosophie de l’émancipation propre à l’Occident et celle de la soumission propre à l’islam ? Entre une civilisation où la religion est avant tout une loi et une autre marquée depuis des siècles par la séparation des pouvoirs temporels et spirituels?

Nier la différence entre les populations humaines et les cultures, c’est nier la véritable diversité du monde et s’interdire de penser les problèmes que celle-ci peut poser.

Soucieux d’assurer la cohésion de son groupe d’appartenance et menacé par des groupes culturellement et physiologiquement distincts, l’être humain n’a pu que devenir « raciste », c’est-à-dire capable d’identifier rapidement les différences ethniques et culturelles et capable de ne faire société qu’avec des individus partageant avec lui, sur ces deux points, des caractéristiques communes. Parfois cruels, injustes et imprécis, les préjugés raciaux ne sont rien de moins que ce que les psychologues comportementaux appellent des heuristiques : des raccourcis mentaux développés au cours de l’évolution pour permettre un jugement rapide sur une situation.

Plutôt que de refuser d’admettre la réalité des différences aussi bien physiologiques que culturelles entre les groupes humains et les problèmes posés par leur cohabitation imposée, certains préfèrent s’accrocher au dogme du vivre-ensemble et continuent à affirmer que « nous sommes tous du même sang ». A ce stade, il ne s’agit plus de science ou de politique mais d’ignorance, voire d’une forme pathologique de dissonance cognitive.

Le refus de reconnaître les différences entre les groupes humains ne pose pas seulement la question de la censure d’une vérité scientifique au nom d’un dogme politico-religieux. Il met aujourd’hui en péril l’ensemble de la civilisation occidentale. Dans les années 30, l’Union Soviétique dénonça la génétique comme science contre-révolutionnaire pour lui préférer le lyssenkisme, science inventée par un paysan, Trofim Lyssenko, décidé à appliquer « la dialectique marxiste aux lois de la nature ».

Condamnés par le régime, des milliers de biologistes et de généticiens furent persécutés et emprisonnés. Les conséquences de ce choix pour l’URSS furent dramatiques. Aujourd’hui, en refusant de reconnaître les différences entre les groupes humains et les conséquences désastreuses de leur cohabitation imposée, l’Occident est en train de mourir d’un lyssenkisme politique.

De l’islam

Avec vos lois démocratiques nous vous coloniserons ; avec nos lois coraniques, nous vous soumettrons” Youssef Al Quaradawi

A en juger par le traitement réservé à l’islam en France, un grand nombre de politiques, de journalistes et de français n’ont jamais eu la curiosité  de lire le Coran ou de s’intéresser à la pensée ainsi qu’à la théologie islamique.

Sur le sujet, il est bon de rappeler quelques notions de base :

1-Pour les musulmans, l’islam représente la révélation ultime, celle qui rend caduque toutes les précédentes (judaïsme et christianisme). Chrétiens et juifs sont dans l’erreur. Pour ne plus l’être, ils devraient se convertir à l’islam. L’athéisme, lui, est considéré comme une abomination absolue.

2-Le Coran est incréé. C’est la parole de Dieu en direct, contrairement aux Évangiles où la parole de Dieu passe par la médiation de l’homme.  Le Coran étant incréé, il s’agit pour les musulmans  d’une perfection absolue.  A ce titre, il ne saurait être soumis à  aucune modification, ni réforme. Dans l’histoire, toute les tentatives de réformer le Coran n’ont jamais abouti ou ont été sauvagement réprimées.

3-Cette loi de Dieu étant une perfection révélée dans le cadre de l’ultime révélation, elle a vocation à s’appliquer à la terre entière.  La paix promise par l’islam, c’est la paix d’un monde entièrement régi par la loi de Dieu, la charia. Quand un musulman dit : «que la paix soit avec toi », c’est une invitation à se convertir à l’islam.

4-Pour l’islam, le monde est divisé en deux domaines. D’un côté, le Dar Al Islam, la demeure de l’islam où la charia est appliquée et où vivent les croyants. De l’autre côté, le Dar El Arb, la demeure de la guerre, que les musulmans doivent conquérir et où vivent les mécréants. Aujourd’hui, l’Europe est considérée comme le Dar El Arb par excellence

5-La conquête et l’agression sont des éléments fondamentaux de l’islam car ils sont encouragés par Allah et le prophète. L’islam s’est diffusée dans le monde via la conquête militaire et dans le Coran, un grand nombre de versets sont sans aucune ambiguïté sur le sort qui doit être réservé aux non-musulmans :

Le Coran, sourate 60, verset 4 « Entre vous et nous, l’inimitié et la haine sont à jamais déclarées jusqu’à ce que vous croyiez en Allah. »

Le Coran, sourate 2 verset 193 : « Et combattez-les jusqu’à ce qu’il n’y ait plus d’association et que la religion soit entièrement à Allah seul. S’ils cessent, donc plus d’hostilités, sauf contre les injustes. »

Le Coran, sourate 4 verset  56-57 : « Certes, ceux qui ne croient pas à nos versets  nous les brûlerons bientôt dans le feu. Chaque fois que leurs peaux auront été consumées, Nous leur donnerons d’autres peaux en échange afin qu’ils goûtent au châtiment. Allah est certes Puissant et Sage ! »

6-Les terroristes ne sont en aucun cas des croyants dévoyés  non représentatifs de l’islam. Au contraire, ils appliquent le Coran à la lettre et respectent scrupuleusement la volonté d’Allah.

Le Coran sourate 47 verset 4 : « Lorsque vous rencontrez les mécréants, frappez-les au cou. Puis quand vous les avez dominés, enchaînez-les solidement. »

Le Coran sourate 95, verset 4: « Allah accorde sa préférence à ceux qui se battent plutôt qu’à ceux qui restent à la maison. Il a  distingué ses combattants en leur accordant une immense récompense. »

7-La laïcité ainsi que les droits de l’homme sont  incompatibles avec l’islam. L’islam ne reconnaît  en effet ni la liberté de conscience (l’apostasie y est punie de mort), ni l’égalité hommes/femmes, ni l’égalité tout court (les mécréants ont le statut de dhimmi), sans parler du sort qu’il réserve aux homosexuels et autres « déviants ». L’islam est la religion de la soumission (islam) alors que la civilisation européenne et le christianisme promeuvent l’émancipation.

8-Pour le musulman, les lois de dieu (la charia) priment sur la loi des hommes (la res publica). En islam, il n’existe aucune distinction entre le religieux et le politique, entre le temporel et le spirituel. Le chef politique étant également commandeur des croyants, la laïcité y est impossible. A la lecture du Coran, véritable code civil,  il apparaît clairement que l’islam est un projet politico-juridique sous couvert de religion. Parler d’islam politique est un pléonasme. Par essence, l’islam est politique.

9-Avant même d’être un projet politico-juridique, l’islam est une nation. La nation de l’islam, c’est l’oumma, la communauté des croyants. Même si de fortes dissensions existent au sein de l’oumma, entre shiites et sunnites par exemple, les musulmans sont solidaires contre les mécréants. Comment peut-il y avoir d’appartenance à une communauté nationale si les musulmans se définissent avant tout par leur pratique religieuse?

10 – Qui sont les musulmans “modérés” ? Croient-ils-ou non qu’« il n’y a pas d’autres dieux qu’Allah et que Mahomet est son prophète ». S’ils le croient, ils placent alors  la loi de leur dieu au-dessus de la loi des hommes.  S’ils ne le croient pas, ils ne sont pas musulmans. De plus, le jour où les « radicaux » voudront imposer l’islam en France, les « modérés » seront-ils  majoritairement du côté des mécréants ou de leurs frères musulmans ?

11-L ’ « islam des lumières » vanté par certains a toujours été ultra-minoritaire. Toute les tentatives de réformer l’islam ou d’en sortir (Ataturk en Turquie, Nasser en Egypte) ont échoué. L’islam qui s’impose est toujours le “vrai” islam, le plus fidèle à la lettre comme à l’esprit du Coran. C’est d’ailleurs cette version qui est diffusée avec des moyens considérables par les monarchies pétrolières comme l’Arabie Saoudite ou le Qatar.

12- En France, les musulmans se sont déjà vus offrir l’occasion de pleinement s’assimiler. En 1870, les décrets Crémieux proposèrent aux algériens l’obtention de la nationalité française en échange du rejet de l’islam. Contrairement aux juifs, les musulmans algériens préfèrent conserver le « statut personnel », la charia, plutôt que de devenir pleinement français. Si les musulmans ont refusé de s’assimiler en 1870 pourquoi le feraient ils en 2019?

13- En France, l’assimilation ne progresse pas. Selon un récent sondage, 27% des musulmans  pensent que la charia devrait primer sur les lois de la République. Ce chiffre monte à près de 50% pour les jeunes générations.  Notons également qu’entre 1989 et aujourd’hui,  la proportion de musulmans allant prier le vendredi à la mosquée a doublé s’établissant aujourd’hui à près de 40%. Toutes les études confirment que les jeunes générations sont bien plus religieuses et radicales que celles de leurs parents.

14-Dès son origine, l’islam a su avancer masqué à chaque fois qu’il était trop faible pour s’imposer. Pour ce faire, il a développé un principe dissimulation stratégique: la taquiya. La taquiya permet aux musulmans de prétendre respecter les règles de la société d’accueil jusqu’au moment où ils se trouvent assez forts et nombreux pour prendre le pouvoir et imposer la loi islamique. Le mouvement des frères musulmans est passé maître dans cet art. 

15-En réalité, il existe deux Coran: le Coran de la Mecque et le Coran de Médine. Le premier a été rédigé à l’époque où Mahomet et ses disciples se trouvaient en position minoritaire. Il est celui qui contient tous les versets appelant à la tolérance et à la concorde sur lesquels s’appuient ceux qui présentent l’islam comme une religion de paix et d’amour (sourate 2 verset 256 par exemple). Ceux ci oublient de dire que ces verset ont été abrogés par le Coran de Médine, “coran de combat” rédigé après l’Hégire alors que Mahomet, désormais en exil, devient un véritable chef de guerre et appelle sans ambiguïté à la soumission et aux massacres des mécréants (versets 5 et 29 dits “de l’épée” de la sourate 9). La règle de l’abrogation (Nâskh oua Mansûkh) permet de prendre uniquement en considération le dernier verset révélé, celui de Médine, et donc d’entretenir en permanence un double discours visant à duper les mécréants.

16-l’islamisation de l’Europe est un projet prévu de longue date, à la fois par le mouvement des Frères Musulmans mais aussi par les nations islamiques elles-mêmes . Réunie à Doha en 2000, l’organisation de la coopération islamique a publié un document dans laquelle elle détaille les actions à mener pour islamiser l’Europe : construction de mosquées, lobbying, voile dans l’espace publique, enseignement de l’arabe à l’école etc…

17-Incapable de l’emporter dans le cadre d’un affrontement direct, l’islam a développé une double stratégie pour conquérir l’Europe vieillissante : la démographie et les droits de l’homme. Comme l’a dit le président algérien Boumedienne en 1974 “le ventre de nos femmes nous donnera la victoire” et comme l’a dit le prédicateur Youssef Al Quaradawi “Avec vos lois démocratiques nous vous coloniserons ; avec nos lois coraniques, nous vous dominerons.”

Si la France ne veut pas devenir une république islamique, il va falloir qu’elle ouvre les yeux et qu’elle comprenne que face à l’islam, seules deux attitudes sont possibles: se soumettre ou se battre.

Pour aller plus loin:

Le Projet, Alexandre del Valle (L’Artilleur)

Islam et judéo-christianisme, Jacques Ellul (PUF)

Stratégie de l’action islamique culturelle à l’extérieur du monde islamique

De la bienveillance

Il n’y a pas de trêve avec les Furies/ Ton visage si bienveillant/Est le drapeau blanc qu’elles ignorent

R.S. Thomas

C’est un ajout récent à la novlangue de l’époque que l’on retrouve à toutes les sauces et sur toutes les langues.

Aujourd’hui, rien ne semble plus important que de cultiver sa bienveillance. Pas un politique, un journaliste, un psychologue, un manager ne manque à l’appel pour nous rappeler l’importance d’être bienveillant.

La bienveillance : un mot bonbon pour une époque guimauve qui ne sait plus que mâcher mou.

En réalité, cette injonction permanente à la bienveillance devrait nous inquiéter.

En psychologie, plus un mot est employé, plus il cache en réalité son contraire.

Les métropoles dites apaisées sont celles où la criminalité est la plus grande et les parangons de vertu affichée sont souvent ceux qui, en privé, succombent aux plus grands vices.

L’appel à la bienveillance, c’est la réponse à la véritable dureté de l’époque, à sa violence, à son hypocrisie. Cet appel désespéré à la bienveillance, c’est demander un cocon, un refuge, un répit.

Arrêtez le massacre s’il vous plaît ; soyez bienveillant, je vous en prie.

Naïveté de l’époque qui croit qu’il suffira d’appeler à la bienveillance pour être épargné.

Si l’époque est mauvaise, les valeurs dévoyées et les chefs incapables, alors il faut reformer tout cela, par la force si nécessaire. Ce n’est pas en appelant à la pitié, autre nom de la bienveillance, que les choses risquent de changer.

Car cette bienveillance est un poison qui nous affaiblit et nous tue à petit feu.

Tous les systèmes vivants sont régis par des boucles de renforcement positives ou négatives.

Confronté à un choc ou à une agression, un système peut durcir la zone attaquée ou faire comme ce ver de terre décrit par Nietzsche qui se recroqueville davantage pour réduire ses chances de se faire à nouveau piétiner.   La bienveillance, c’est la deuxième option.

Notre corps est plus sage que nous. Attaqué par des virus ou des bactéries,  il développe des défenses immunitaires et fait monter notre température pour tuer l’envahisseur.

Promouvoir la bienveillance, c’est à l’inverse devenir comme ces américains obsédés par les germes qui cherchent à vivre dans les environnements les plus aseptisés possibles et qui finissent par ne plus avoir la moindre défense immunitaire. C’est aussi devenir comme cette nouvelle génération d’étudiants désormais incapables de supporter un débat un peu vif ou un remontage de bretelles en règle et qui se réfugient dans des safe space sur les campus ou se sentent agressés par la moindre critique.

« Tout ce qui ne te tue pas, te rend plus fort » disait Nietzsche.

Ou comme le disait mon arrière-grand père, boulanger de son état : « Si tu ne supportes pas la chaleur, ne rentre pas dans le fournil ».

Ce n’est pas la bienveillance qu’il faut demander mais l’estime et le respect.

Ces derniers ne sont pas dus, ils se méritent et ils se gagnent.

Au lieu de nous affaiblir, ils nous renforcent.

Au lieu de nous ramollir, ils nous endurcissent.

Etre contre la bienveillance, c’est en réalité rendre un immense service à notre époque.

Les temps qui viennent vont être durs, très durs.

Le monde qui vient n’est pas celui de la bienveillance mais de la guerre et de la lutte.

Alors au lieu d’appliquer la pommade dérisoire de la bienveillance sur les petits bobos de nos esprits fragiles, nous ferions mieux d’apprendre à prendre des coups et à en donner.

Pour aller plus loin:

Deadwood

De l’information de la matière

A en croire, les « experts » l’économie serait avant tout une question de taille.

Nous vivons dans un monde où les fusions et acquisitions d’entreprise sont saluées par les marchés, où l’Union Européenne est présentée comme un moyen de « peser » face à la Chine et où les décideurs politiques répètent à l’envi qu’une « puissance moyenne » comme la France ne peut plus prétendre exercer une influence décisive sur les affaires du monde.

Ce type de raisonnement, malheureusement fort répandu, témoigne d’une méconnaissance complète des mécanismes qui régissent la création de la valeur et de l’influence.

Dans ses livres « La Nouvelle Grille » et « Eloge de la Fuite », le neuropsychiatre Henri Laborit a proposé une théorie remarquable de l’action humaine ainsi qu’une explication de la « préférence pour l’abstraction » dans la constitution des hiérarchies. Selon Laborit, la seule chose qui compte dans toute activité humaine, c’est la façon dont nous « informons la matière », c’est-à-dire la quantité mais aussi la qualité d’information que nous injectons dans une action donnée.

Pour être bien comprise, cette notion très abstraite  mérite quelques exemples concrets.

Les journées ont 24h pour tout le monde. Or, en 24h, certains se contenteront de manger et de dormir tandis que d’autres construiront des machines ou écriront des pages de poésie qui traverseront les siècles. A un niveau fondamental, explique Laborit, la différence entre ces différentes formes d’utilisation de l’énergie réside dans la façon dont la matière aura été informée.

Celui qui se contente de manger et de dormir suit simplement l’information contenue dans ses gènes laquelle vient ensuite informer son système cérébral et hormonal.  A l’inverse, celui qui construit une machine rajoute des couches d’information supplémentaire : il doit posséder la dextérité suffisante née de la pratique ou de l’exemple d’un maître (transmission de l’information), il doit posséder des outils (matière dans laquelle de l’information a été injectée pour les façonner), il doit posséder une connaissance des propriétés des matériaux qu’il travaille et enfin, à un niveau d’abstraction ultime, il connaît les lois de la physique et de la chimie qui régissent l’univers ce qui lui permet d’informer de façon encore plus précise son action.

Pour Laborit, plus la matière est « chargée » d’information de qualité plus l’action est efficace et l’influence grande.

Prenons un autre exemple : le choix d’un divertissement de deux heures.

Un spectateur A  va regarder une émission de divertissement classique à la télévision.

Un spectateur B va jouer à un jeu vidéo de résolution de puzzle.

Dans le même laps de temps, le spectateur B se divertira mais fera travailler ses réflexes, sa coordination œil-main, sa capacité de résolution de problème, son orientation visuelle et spatiale et s’il a choisi de jouer en anglais, il pratiquera un apprentissage passif de la langue.  Sur la même durée de divertissement, l’expérience du spectateur B sera beaucoup plus riche en informations.

Pour toutes les actions et les destinées humaines, la différence se joue sur la façon dont nous informons la matière. Plus, la matière est « chargée » en information de qualité, plus nous en retirons des bénéfices.  Pour Laborit, ceci explique pourquoi toutes les hiérarchies humaines pratiquent la « prime à l’abstraction »: plus nous allons vers l’abstraction et les lois générales, plus nos actions reposent sur des couches et des couches d’information accumulées.

A cette théorie, j’ajouterai le commentaire suivant :

Plus nous sommes proches des lois de la Nature, plus nous informons avec succès la matière.

Si nous connaissons les lois d’anatomie humaine, nous pouvons soigner plus efficacement. Si nous connaissons les lois de la physique et de la chimie, nous pouvons construire des outils plus efficaces.  Si nous connaissons les grandes lois anthropologiques et psychologiques, nous pouvons mieux diriger les hommes. Si nous connaissons les lois de la Nature, nous pouvons vivre comme des sages. Confucius, de même que les présocratiques, avait compris cela de façon intuitive :

« A soixante dix ans, j’agissais en toute liberté sans jamais transgresser aucune règle ».

Pour informer efficacement la matière, il faut observer le monde et déterminer les lois qui le régissent. C’est l’essence même de la méthode scientifique, qui reste à ce jour la meilleure méthode pour extraire de l’information de qualité et la transmettre. Notons cependant que certaines lois, comme celles de la physique quantique ou de la psychologie, ne peuvent pas être saisies par une conception trop étroite de la logique. Comme l’a très bien expliqué Nicholas Taleb, certaines choses sont logiques, même si, en apparence, elles ne semblent pas être rationnelles. Le Zen par exemple, nous enseigne que pour agir efficacement, il faut justement ne pas chercher à agir, paradoxe apparent qui cache en réalité une compréhension fine et empirique des automatismes cérébraux et de ce qu’on appelle aujourd’hui l’état de « flow ».

Cette recherche permanente de l’information de qualité suppose d’établir des hiérarchies et de faire le tri  entre la camelote qui contient de l’information de faible qualité et la pépite qui en contient de grandes quantités. Pour dire les choses autrement, il vaut mieux  lire Balzac ou Dostoïevski que le dernier roman de gare à succès. Cette recherche implique  également de se défier des systèmes politiques ou culturels qui produisent de l’information de mauvaise qualité ou empêchent d’en acquérir de la bonne.  Les croyances religieuses peuvent par exemple se révéler très intéressantes sur le plan de la psychologie et de la cohésion du groupe mais peuvent aussi empêcher la compréhension des lois de la  nature et bloquer l’acquisition d’informations nouvelles sur le monde.

Par conséquent, il est absurde de réfléchir en termes de taille. La mesure clé devrait toujours être celle de la « densité informationnelle ».

Sur le plan politique et culturel, le peuple juif constitue la preuve vivante de la validité de cette théorie. Petit par la taille, quelques dizaines de millions de personnes, ce peuple de survivants exerce depuis des millénaires une influence décisive sur les affaires du monde : fondateur de deux grands  monothéismes (n’oublions pas que Jésus était un juif qui s’est rebellé contre la loi juive), banquier des rois (Fugger, Rothschild), maître des arts (Kubrick, Spielberg), des sciences (Einstein, Kahneman) et du commerce. Malgré sa petite taille, le peuple juif a joué un rôle considérable dans l’histoire de l’Humanité. Comment ? En informant correctement la matière.

En effet, il est remarquable de constater que le peuple juif a su, au cours des millénaires de son histoire, injecter de l’information de qualité dans son ADN culturel :   exposition volontaire à une pression évolutive forte en se déclarant « peuple élu », solidarité communautaire forte via des rituels excluant les goyim,  identité spécifique et fierté vis-à-vis de cette dernière , culture qui valorise la connaissance et l’esprit critique plutôt que l’obéissance aveugle.  A tous les niveaux, la culture juive a su accumuler un ensemble de mèmes particulièrement adaptés ce qui explique à la fois sa survie mais aussi sa prééminence.

De leur côté, l’Europe et notamment la France, exercèrent également une influence décisive sur l’Histoire du monde en dépit de leur faible taille.

Le monde doit à la France la première université, la première faculté de médecine, l’invention du vaccin, du moteur à explosion, du cinéma et de la photographie pour ne citer que les inventions les plus connues et les plus spectaculaires. Pendant des siècles, ce petit coin de terre située au bout de l’Europe fut un concentré de génie capable d’influencer durablement la marche du monde. Recevant les jésuites envoyés par Louis XIV à sa cour, l’empereur de Chine fut tellement impressionné qu’il désigna la France comme « le pays du Lys et de la Méthode ».

Si les choses ont bien changé, ce n’est pas parce que la France est devenue un  « petit pays » ou une « puissance moyenne », c’est parce que fonctionnant désormais sur un mauvais logiciel culturel transmettant de mauvais mèmes et privée d’un chef capable d’en changer, elle n’arrive plus à “informer correctement la matière”.

Du leadership

On guide les moutons, on conduit le bétail, on mène les Hommes. Soyez le chef que je vais suivre, suivez le chef que je suis ou écartez-vous de mon chemin.

George S. Patton

Dans une langue, les mots représentent toujours la partie émergée de la pensée.

Pour ce qui concerne l’autorité ou la direction, le français part toujours de la tête (capita) qui nous donne le mot « chef ». Le chef commande, dirige ou encadre. Placé à la tête du corps social, il ordonne et les membres obéissent. Pour la langue et la pensée française, l’autorité est verticale et s’inscrit dans un ordre « naturel » ainsi que dans une logique géométrique qui se retrouve également dans l’architecture classique et les jardins à la française.

L’approche anglaise est toute autre.

En anglais, le chef est un « leader » et « to lead » signifie conduire, guider, mener.

Le leader n’est pas une tête placée  « en haut » mais un guide placé  « devant ». Posté en première ligne, non seulement le leader s’expose davantage mais pour que les autres le suivent, il doit être capable de les entraîner à sa suite. Pour la langue et la pensée anglaise, l’autorité est horizontale, dynamique mais surtout, elle n’est jamais totalement acquise car elle ne procède pas d’un ordre « naturel ».

Ces différences radicales  dans l’approche et la conception du leadership expliquent en grande partie pourquoi les managers français sont, années après années, systématiquement classées parmi les plus mauvais au monde et pourquoi le monde anglophone est parvenu à imposer son modèle et sa domination économique à l’ensemble de la planète.

Tout le paradoxe de la culture française, comme l’a démontré Geert Hofstede,  est d’être à la fois individualiste mais en même temps marquée par la distance hiérarchique et le concept d’honneur.

Ces traits étaient parfaitement adaptés à un peuple de paysans, de petits commerçants, d’artisans et surtout de soldats dirigés par un roi, institution prenant en charge de façon quasi-exclusive les questions de leadership. Mais aujourd’hui, dans une république et dans un monde où l’économie et l’entreprise occupent un rôle central, cette absence de véritable culture du leadership  en France contribue grandement à son affaiblissement et à sa perte d’influence.

 Les Français ne seront jamais des anglais et des américains et c’est une véritable absurdité de croire qu’il soit possible ou même souhaitable de chercher à modifier l’ADN culturel des peuples.

 Le leadership est-il donc incompatible avec cette anthropologie française ?

Napoléon Bonaparte apporte sur ce point le plus brillant des contre-exemples.

Ennemi juré des anglais, Napoléon sut  appliquer, parfois même bien mieux qu’eux, des principes de leadership qui sont encore enseignés aujourd’hui dans les meilleures écoles de management.

Quelles sont les caractéristiques qui distinguent le leader d’un bon chef ?  

En premier lieu, un leader comprend que le leadership est bien plus qu’une formule creuse de séminaire pour cadre dirigeants. C’est une façon de vivre, un filtre avec lequel on regarde le réel.

Comme le dit John Maxwell, les leaders abordent tous les sujets avec un regard de leader.

Que cela signifie t’il concrètement ?

Tout d’abord, les leaders voient ce que les autres ne voient pas.

Pensant toujours à long terme, ils détectent l’opportunité et devinent le véritable potentiel d’une personne ou d’une idée. Brillant officier d’artillerie, Napoléon vit comment utiliser le siège de Toulon puis la campagne d’Italie pour se forger une réputation nationale et surtout comment profiter des troubles nés de la révolution française pour prendre le pouvoir et faire de la France un nouvel empire romain.

Surtout, le véritable trait distinctif du leader se trouve dans son rapport aux autres.

Un vrai leader comprend et applique les règles suivantes :

1-Le potentiel d’un leader est déterminé par les gens dont il s’entoure

Un leader est toujours à l’affut des talents. Dès qu’il en repère un, il cherche à l’intégrer le plus rapidement possible à son organisation. Combien de jeunes et brillants soldats furent sortis du rang par Napoléon pour devenir maréchaux, ducs et même rois dans le cas de Murat ou Bernadotte ? Même si ces derniers représentaient une menace pour lui, Napoléon préférât travailler avec des esprits brillants comme Talleyrand et Fouché  car il savait qu’un leader entouré de médiocres devient lui-même médiocre.  

2-Un leader assuré n’a pas peur de donner du pouvoir aux autres

Une fois la confiance acquise, le leader n’a pas peur de déléguer et de laisser une large autonomie à ses collaborateurs  tout en fixant un cadre clair et des objectifs précis. Napoléon développa une doctrine militaire laissant une grande autonomie à ses corps d’armées et à ses généraux leur permettant ainsi de prendre de vitesse des adversaires beaucoup moins agiles et plus lourds à manœuvrer.

3-Un leader sait qu’il faut un leader pour faire naître un leader

Au début de son parcours, le leader cherche des mentors qui vont l’aider à devenir  un leader en lui confiant des responsabilités.  Par la suite, il deviendra lui-même un mentor pour une nouvelle génération de leaders. Au début de sa carrière, Napoléon se plaça sous la protection de Barras qui lui confia ses premières responsabilités. Devenu général puis  premier consul, il n’aura de cesse d’essayer de faire émerger des leaders, que ce soit parmi ses généraux ou dans sa propre famille.

4-Un leader comprend que pour progresser, il faut être capable de sacrifier.

Un leader doit être capable de se détacher des notions de statut, de carrière et même parfois même faire des sacrifices financiers pour atteindre par la suite une position d’influence et de leadership plus importante. Qu’il soit général ou empereur, Napoléon alla toujours risquer sa vie sur les champs de bataille pour être au plus près de ses troupes. Un autre leader, De Gaulle, général et sous-secrétaire d’Etat à la défense, prit le risque de tout perdre, il fut même condamné à mort par Vichy, pour devenir  leader de la résistance. Un grand leader a toujours du « skin in the game ».

5-Un leader n’a réussi que dans la mesure où il a trouvé quelqu’un pour lui succéder.

Véritable mentor, il cultive en permanence un vivier de jeunes leaders afin que l’organisation qu’il a créée ne connaisse jamais une crise de leadership et survive à son départ ou à sa mort. Même s’il échoua sur ce point, Napoléon  fit tout ce qui était en son pouvoir pour assurer la pérennité de sa dynastie. Il créa une noblesse d’empire, plaça sa famille et ses maréchaux sur les trônes d’Europe et épousa la fille de l’empereur d’Autriche qui lui donna un fils : le roi de Rome.

Napoléon, comme tous les grands leaders, avait compris une chose essentielle.

« Un chef additionne ses forces en s’entourant de disciples ; un leader multiplie les siennes en s’entourant de leaders. »

Aujourd’hui, l’absence de véritable culture du leadership fait des ravages en France,  aggravés par l’incompétence des élites et la vision court-termiste de l’époque.

De nombreuses entreprises pourtant performantes doivent fermer ou sont reprises par des investisseurs étrangers car leurs dirigeants n’ont pas correctement prévu leur succession. Peu valorisés et mal soutenus, les Français les plus brillants partent à l’étranger où une véritable culture du leadership les identifie et leur confie des responsabilités. Sur le plan politique, les anciens partis désormais moribonds vont d’échecs en échecs incapables de faire émerger un nouveau leadership tandis que l’opposition reste prisonnière  d’un milieu, d’une famille ou d’un clan.  Enfin, au lieu de confier des responsabilités aux leaders de demain, la génération du baby-boom s’accroche à ses postes, à ses prébendes et à ses privilèges.

Un pays sans leaders est un pays sans avenir et la France attend désespérément le vrai leader qui viendra redresser la barre et la sauver du naufrage.

Pour aller plus loin :

Les 21 lois du leadership, John Maxwell

De la dédiabolisation

Les cosaques zaporogues écrivant une lettre au sultan de Turquie – Ilia Répine

« Ils m’ont condamné à vingt ans d’ennui/ Pour avoir essayé de changer le système de l’intérieur »  chantait Leonard Cohen. Les partis politiques ou les candidats qui décideraient de se rendre plus présentables aux yeux de l’opinion publique en adoptant des stratégies de dédiabolisation feraient bien de méditer les paroles du poète.

Même si la politique, comme l’art de la guerre, reste fondé sur la dissimulation, aucune victoire n’a jamais été remportée en refusant de désigner clairement l’ennemi et aucun mouvement politique de rupture n’a jamais réussi à l’emporter en jouant le jeu du système auquel il prétend s’opposer.  

Comment cela s’explique-t-il ?

Tous les groupes humains sont fondés sur des hiérarchies. Même si les élites sont détestées et méprisées, le peuple sait que ce sont elles qui, malgré tout, définissent quelles idées et quelles opinions peuvent vous valoir d’être exclu du corps social. Par conséquent, toute véritable rébellion  commence toujours par contester au groupe dominant son statut et par le refus de se soumettre à sa hiérarchie de valeurs pour en imposer une nouvelle.

A l’inverse, la stratégie de dédiabolisation prouve qu’en réalité, « l’opposition » a  implicitement intégré la domination de l’élite actuelle et qu’elle se soumet à sa hiérarchie plutôt que de chercher à la remplacer. Loin d’être une ruse habile, c’est en réalité une stratégie de soumission qui place de surcroît ceux qui l’ont adopté dans une position très inconfortable : à eux de donner des gages et d’éviter les « dérapages ». Au lieu de se placer en juges du système qu’ils prétendent combattre, ils se retrouvent en permanence sur le banc des accusés.

Les partisans de la dédiabolisation feraient mieux de s’inspirer de la campagne de  2016 de Donald Trump à l’élection présidentielle américaine. Plutôt que de tenter de plaire à un système qui le considérait comme un guignol, un incapable et un raciste, Donald Trump choisit plutôt  de l’attaquer de front sans lui laisser le moindre répit.  

Plutôt que de chercher à être respectable et loué par les médias, Donald Trump préféra gagner la confiance du peuple. Plutôt que de faire profil bas et rester dans le politiquement correct, il commença sa campagne en désignant ses prédécesseurs comme une bande d’imbéciles et les immigrés clandestins comme des criminels et des violeurs. Au lieu de se soumettre au tempo médiatique, il imposa le  sien à coups de provocations, de mesures chocs et de coups d’éclat. Par sa méthode, son style et surtout par son refus de se plier aux règles du jeu, Donald Trump prouva aux électeurs américains qu’il était un véritable candidat antisystème capable de défier la hiérarchie établie pour lui imposer son propre système de valeurs.  En juin 1940, De Gaulle ne fit pas autre chose en déclarant, seul, inconnu, devant une table en bois quelque part dans Londres, qu’il n’était ni un gouvernement en exil, ni l’armée française mais la France et que ce n’était pas lui qui était illégitime mais bien Vichy.

L’histoire nous apprend qu’en politique, sur les sujets critiques, les finasseries et autres calculs subtils ne mènent jamais à rien. La prise du pouvoir représente toujours une prise de risque, une lutte à mort entre deux hiérarchies concurrentes. Témoin de ce combat, le peuple rejette toujours le camp sur lequel il sent planer l’odeur de la soumission et de la peur pour favoriser celui qui, convaincu de sa légitimité et de la supériorité absolue de son modèle, a osé affirmer que lui seul détenait la vérité et que tous les autres étaient dans l’erreur.

De la liberté d’expression

Article initialement publié sur Twitter le 15 mai 2020 à l’occasion de l’examen de la Loi Avia

Je voudrais partager ici quelques réflexions suite au vote de la Loi Avia par le Parlement.

Passons sur le fait qu’en confiant non pas à la justice française mais à des acteurs privés la décision de censurer ou non un contenu, l’Etat abdique son autorité régalienne et se met en marche vers le terrifiant futur décrit par de nombreuses œuvres de science-fiction: un monde où les grandes entreprises ont remplacé les états et où les citoyens sont devenus leurs esclaves.

Mais laissons ce sujet, aussi important soit-il, de côté pour nous pencher sur le sujet central de cette loi : la liberté d’expression. A force de nous concentrer sur le mot, nous finissons parfois  par perdre de vue la fonction première de la chose, ce que la « liberté d’expression » permet et le rôle qu’elle joue dans un système social complexe.

En réalité, ce que permet la liberté d’expression c’est la régulation du système social et la transmission de l’information au sein de ce dernier. Pour parler de façon savante, la liberté d’expression permet, dans une logique cybernétique, l’existence de boucles de rétroaction positives (positive feedback loops). Pour dire les choses autrement : des problèmes s’accumulent dans le système avec des conséquences négatives très concrètes pour les citoyens (pauvreté, insécurité…). Au bout d’un moment, le mécontentement des citoyens atteint un seuil critique ce qui les conduit à exprimer leur colère  d’abord en privé, puis en public, de façon de plus en plus virulente. Ces manifestations alertent les dirigeants sur l’existence du problème et sur sa gravité. Craignant de perdre leurs places et comprenant le risque posé à la stabilité du système, ils entreprennent de résoudre le problème, faisant ainsi retourner celui-ci à un état stable.

La liberté d’expression n’est pas importante en tant que telle mais tout simplement parce qu’elle permet la circulation fluide de l’information au sein d’un système complexe afin de maintenir sa stabilité.

A l’inverse, l’absence de liberté d’expression ou des restrictions trop importantes de cette dernière empêchent l’information de circuler au sein du système et les problèmes d’être résolus.

L’expression du mécontentement des citoyens peut être empêchée mais les problèmes qui lui ont donné naissance ne disparaissent pas pour autant : ils continuent de s’accumuler au sein du système comme autant de risques cachés. En apparence, tout semble aller pour le mieux jusqu’au jour où les problèmes non résolus et les mécontentements accumulés franchissent un seuil critique et  font exploser tout le système, occasionnant à cette occasion des dégâts bien plus importants que si les problèmes avaient été résolus à l’origine.

La chute de l’URSS offre le parfait exemple d’une telle logique à l’œuvre.  

Pendant des décennies, par le biais de la propagande, de la répression et d’indicateurs trafiqués, le système soviétique parvint à maintenir l’illusion de la puissance, de la prospérité et étouffer toute contestation porteuse de réforme. Un jour, le seuil critique fut atteint, le système explosa et l’empire soviétique s’effondra en quelques mois comme un château de cartes.

Or depuis quelques décennies, confrontées à de nouveaux problèmes et à de nouvelles sources de mécontentement, les démocraties libérales se sont peu à peu éloignées des principes qui leur avait pourtant permis de triompher l’Union Soviétique pour adopter le mode de fonctionnement de cette dernière.

Sur le plan économique, la « mondialisation heureuse », « la nouvelle économie» et les « excellentes performances financières  des grands groupes » cachent en réalité une paupérisation croissante, un chômage endémique et un endettement sans équivalent dans l’histoire qui menace la stabilité du système financier dans son ensemble et risque de faire des générations futures les esclaves à vie de la dette.

Sur le plan social, l’immigration de masse, le multiculturalisme et le communautarisme augmentent l’insécurité physique et culturelle, détruisent l’unité de la Nation et vont, dans certains cas, jusqu’à menacer la continuité historique de certains peuples sur leurs propres sols.

Sur le plan politique, les « élites » ont fait sécession et entrepris de mettre en œuvre un projet politique, économique et social dans le mépris le plus complet du peuple et de sa volonté. Dans le même temps, ils se sont assurés de jouir d’une impunité totale et de n’être jamais confrontés de façon directe aux conséquences de leurs décisions.

En toute logique, un mécontentement immense a vu le jour au sein du peuple mais son expression est rendue à chaque jour un peu plus difficile par des restrictions de plus en plus importantes placées sur la liberté d’expression, restrictions dont la loi Avia représente  l’un des derniers avatars.

Ceux qui aujourd’hui cherchent à restreindre la liberté d’expression n’ont de toute évidence pas appris les leçons de l’histoire : limiter la liberté d’expression revient à casser le thermomètre. Cela n’empêche pas pour autant la température de monter.

Du gaslighting politique

En psychologie, le terme « gaslighting » ou détournement cognitif désigne une technique de manipulation mentale dans laquelle le bourreau cherche à faire douter la victime de la réalité de son agression, de sa souffrance ou de sa santé mentale. Cette technique est particulièrement utilisée par les sociopathes  ou par les auteurs de violences conjugales.

Une fois ce terme présenté, il apparait clairement que les peuples européens, et le peuple en français en particulier, subissent depuis plusieurs années une gigantesque opération de gaslighting de la part de  classes dirigeantes, des  médias et des minorités.

La tentative la plus éhontée de gaslighting est sans aucun doute celle menée par l’islam. Pour comprendre, commençons par rappeler qu’en France, entre 2012 et 2018, 263 personnes ont été tuées par le terrorisme islamique. Rappelons ensuite  qu’en France, des quartiers entiers sont devenus enclaves étrangères islamisées de fait  d’où sont peu à peu chassés les juifs et les français « mécréants ». Rappelons aussi qu’année après année, provocation après provocation, l’islam impose  un peu plus ses lois et ses coutumes dans l’espace public : viande hallal, port du voile, burkini, mosquées… Rappelons enfin que les Français n’ont jamais été consultés sur leur consentement à l’implantation massive d’une population islamique sur une terre historiquement chrétienne.

Dans les faits, le peuple français subit une agression culturelle, et parfois physique permanente, qui menace à terme son existence  et son identité. Et pourtant, ce sont bien les  musulmans  qui ne cessent de se présenter comme les malheureuses victimes d’une société française « raciste » et « islamophobe », trouvant dans le moindre des faits divers l’occasion de se victimiser un peu plus.

Magnifique exemple  de gaslighting où les agresseurs cherchent, et  le plus souvent parviennent, à culpabiliser les agressés !

La même technique est utilisée dans le domaine  économique et social par la classe dirigeante 

Voilà plus de quarante ans que le peuple français subit les conséquences de choix économiques et politiques désastreux : les champions industriels sont vendus à la découpe, la France périphérique laissée à l’abandon, la qualité des services publics ne cesse de se détériorer. Confronté à la réalité du quotidien, le peuple français  voit bien que la France va de plus en plus mal, qu’elle perd son identité et qu’une population étrangère s’y installe et s’y comporte comme en pays conquis. A raison, le peuple  interpelle ses dirigeants et  leur demande des comptes.

Que font les responsables ?

Ils pratiquent le gaslighting en rejetant la faute sur les français.

Si la France va mal, ce n’est pas parce que ceux qui la dirigent sont médiocres ou incompétents.

C’est parce que les Français sont fainéants, qu’ils ne travaillent pas assez, qu’ils ne sont jamais contents et d’ailleurs, ils n’apprécient pas la chance qu’ils ont d’avoir des dirigeants capables d’une pensée aussi subtile que complexe. Si les Français arrêtaient d’être un peuple de « gaulois réfractaires » qui fument des clopes, roulent au diesel et refusent d’embrasser cette diversité qui est une « chance pour la France » peut-être que les choses iraient un peu mieux pour eux.

Magnifique exemple de gaslighting où, une fois de plus, le bourreau cherche à culpabiliser sa victime.

Les exemples de manipulation cognitive sont tellement nombreux qu’ils pourraient être multipliés à l’infini.

Comment la victime peut-elle sortir de ce cercle vicieux ?

Que faire quand pendant des décennies tout un peuple a été victime de sévices psychologiques, de surcroît de la part de ceux qui étaient censés le protéger et l’informer ?  

Première étape : arrêter de culpabiliser, faire confiance à son instinct et admettre que, pendant des années, nous avons  été manipulés par des pervers.

Deuxième étape : Ne plus accorder le moindre crédit aux manipulateurs et les chasser du pouvoir et des plateaux télévisés.

Troisième étape : Si jamais ils reviennent, en jurant que cette fois, ils ont compris et qu’ils vont changer, ne pas tomber dans le piège et garder la porte bien fermée. S’ils insistent, répondre à coups de fusil.

Même si, balayées par le vent du réel, les effluves du  gaslighting sont en train de se dissiper, trop de Français continuent de culpabiliser de penser ce qu’ils pensent et de voir ce qu’ils voient.  

Pour sortir le peuple français de cette spirale infernale, il faut commencer par l’aider à reprendre confiance en lui et combattre impitoyablement tous les manipulateurs qui cherchent à l’affaiblir et à le faire douter.