De la méta-arnaque

Article publié le 18 juin par Martin Geddes sous le titre original « Decline and fall of the meta-fraud »

Traduit de l’anglais par Stanislas Berton

Si j’avais fait la promotion de cet article avec une accroche vous promettant la liste de mes recettes au chocolat préférées, cela aurait été un mensonge pur et simple. Même si j’adore le chocolat, vous ne trouverez ici aucune suggestion sur la meilleure façon de le consommer. Votre perte de temps sera limitée à quelques secondes, le temps de réaliser l’inadéquation entre la promesse et le texte. Cela ne m’aura rien rapporté, si ce n’est une perte de réputation. Cela aurait été stupide mais en aucun cas une arnaque.

Si j’avais décidé de promouvoir le nouveau « GeddesCoin », une crypto-monnaie qui « vous garantit de revenir riche, satisfait ou remboursé », cela aurait été en revanche une véritable arnaque. Je pourrais créer cette monnaie et la vendre pour des euros en expliquant tous les avantages qu’elle possède et en vous rassurant sur la protection financière (inexistante) y étant attachée. Cela pourrait m’enrichir, de façon temporaire mais ensuite, j’irais probablement en prison pour vous avoir dépouillé de votre argent.

Ce que je voudrais vous inviter à considérer dans cet article est l’idée d’une méta-arnaque. Il s’agit d’une activité dans laquelle je redéfinis le succès (et le résultat associé) d’une façon qui me profite, mais de façon indétectable. La société dans son ensemble va partager ma fausse définition de la nature de l’activité, de même que la moralité des profits ou des pertes qu’elle peut impliquer. Tous les moyens disponibles vont être mis à contribution pour forcer l’adhésion à ce système fondamentalement truqué : vous pouvez même être puni pour avoir essayé de stopper l’escroquerie !

Pour comprendre comment le pouvoir est utilisé et détourné, il est essentiel de bien saisir que l’arnaque peut se produire à différents niveaux d’abstraction. Au plus bas niveau, nous sommes face à l’équivalent d’un pickpocket qui outrepasse une limite physique tout en étant généralement considéré comme un criminel. Au plus haut niveau, il s’agit d’une subversion du langage et de la spiritualité qui inverse le bien et le mal, de manière à ce que le crime soit applaudi et récompensé. Entre ces deux extrêmes, il existe une multitude de formes et de formats d’arnaques qui bénéficient de différents niveaux d’acceptation par les institutions.

Le génie de la méta-arnaque est d’être, pour l’essentiel, au-dessus des lois et au-delà de tout reproche dans la vie de tous les jours. L’injustice devient normalisée et après le passage du temps, des décennies, des siècles ou des millénaires, il n’est plus possible de la remettre en question. Il s’agit d’une attaque portant sur la culture et la nature même de la société qui conduit à la création d’une classe de rentiers et de bénéficiaires perpétuels. Les victimes sont souvent mises à contribution pour défendre les violences qu’elles subissent et dénoncer tous ceux qui cherchent à y mettre un terme.

La méta-arnaque du Covid-19 a été conçue des décennies à l’avance, avec de multiples preuves de planification à long terme (brevets, laboratoires bactériologiques et des données erronées sur les bénéfices de la vaccination) et de programmation prédictive (cérémonies olympiques, séries télévisées). Dans le cas du Covid-19, la méta-arnaque consiste à vous tuer au nom de votre santé et de votre bien-être ; une inversion totale de ce qui est juste et réel. Cette maltraitance organisée simultanément par tous les niveaux de pouvoir a révélé le gouvernement en tant que forme génocidaire de la méta-arnaque : le taux de mortalité « toute cause » a déjà connu une augmentation de 20% à cause de la « piqûre ».

Dans le cas plus général du gouvernement, le cirque des taxes, des lois et des budgets contribue à se concentrer sur l’obéissance à un processus (de destruction des libertés) et non au but premier, la protection (du bien commun). Plutôt que de servir à protéger les droits de l’individu (NdT : il s’agit là d’une conception typiquement anglo-saxonne du droit, très différente de la conception française fondée sur la défense du bien commun], le gouvernement est devenu une véritable mafia qui viole les droits fondamentaux et détruit les libertés individuelles. Le « crime sans victime », une contradiction dans les termes, est devenu la norme législative ; si vous pouvez être emprisonné parce que vous avez fait pousser un plant de cannabis pour votre usage personnel, vous n’êtes pas un être humain libre. Si votre parlement prétend être souverain mais que le peuple n’a pas son mot à dire sur la façon dont il délègue sa souveraineté, sa prétention à la légitimité est une méta-arnaque.

Le système juridique sert désormais à couvrir le trafic d’êtres humains et la méta-arnaque consiste à remplacer la Common Law ou les droits naturels par le droit maritime ou d’entreprise. Des doubles juridiques fictifs sont créés et les humains réels se retrouvent forcés de considérer comme légitimes des tribunaux corrompus et leurs agents comme la police laquelle fait désormais respecter la politique du gouvernement et non la loi. Des associations juridiques véreuses couvrent leurs propres escroqueries et leurs alliés mafieux dans la finance, la politique et l’industrie. Cette corruption remonte à l’empire romain et a été normalisée pendant des siècles en occident.

Puisque que nous parlons de la finance, l’industrie bancaire n’est censée être rien de plus qu’une assurance déguisée, chargée de quantifier le risque de faillite pour cause d’endettement. La méta-arnaque consiste à obtenir un monopole sur la définition de l’insolvabilité et de redéfinir l’insolvabilité en tant que liquidité. L’insolvabilité, c’est quand vous n’avez plus assez d’actifs pour payer vos dettes, sans prendre en compte quand elles sont dues; la liquidité, c’est la capacité à payer à échéance. Chaque crise de la solvabilité est désormais résolue en imprimant de l’argent pour un sauvetage du système, fournissant ainsi de la liquidité. (Plus d’infos ici). [NdT : voir également notre article sur le « Casse du siècle »]

En pratique, cela conduit au transfert invisible des pertes d’entités protégées, comme les petites banques, à des acteurs plus importants, comme les grandes banques, et au bout du compte, à la sphère publique. Bien qu’ils soient tous en faillite, tous les gouvernements continuent de fonctionner (pensez par exemple aux dettes de la sécurité sociale américaine) ; ce mécanisme fait remonter la dette aux entités supranationales, comme l’Union Européenne, ou globales, comme le Forum Économique Mondial et son « Grand Reset ». La méta-arnaque sur la définition de l’insolvabilité (et le sauvetage répété des institutions financières pour éviter les faillites) conduit à une centralisation progressive du pouvoir. 

En retour, cela incite les banquiers centraux à déclencher des guerres qui leurs permettent d’effacer leurs propres dettes et de saisir des actifs réels, comme l’or, à leurs créanciers. La méta-arnaque d’une « industrie de la défense » ne sert qu’à défendre les intérêts des puissants sans aucune responsabilité envers les plus faibles. Il s’agit là d’une inversion du code de l’honneur du guerrier et le contraire de la paix et de la sécurité. Cette gigantesque escroquerie est protégée par la méta-arnaque de l’industrie des médias, spécialisée dans la fabrication d’illusions crédibles et non dans le reportage sur des événements réels.

La santé a été redéfinie par Big Pharma et la médecine rockefellerienne comme la suppression des symptômes. Cette méta-arnaque oppose les « traitements » aux mécanismes naturels d’immunité et de guérison qui n’offrent aucune perspective de profit. Des domaines entiers sont fondés sur le mensonge comme l’oncologie qui ignore les parasites ou la psychiatrie qui s’avère incapable de fournir des mesures objectives pour prouver l’existence d’un trouble. Nous sommes arrivés à une situation absurde où des personnes qui choisissent de s’appuyer sur la protection éprouvée fournie par leur système immunitaire sont montrées du doigt parce qu’elles refusent les thérapies géniques proposées par des criminels notoires.

L’éducation est une méta-arnaque où l’accumulation de connaissances et l’endoctrinement sont applaudis et où la véritable sagesse et la pensée critique sont critiquées comme déviantes et incitant à la haine. Ce processus est l’exact opposé du véritable apprentissage qui est souvent une activité autodidacte qui se déploie tout au long de la vie sur une variété de sujets, exotériques ou ésotériques. Les professeurs exercent un pouvoir sur leurs élèves plutôt que d’être là pour les guider et les aider à apprendre par eux-mêmes. Si vous éduquiez un enfant sur la notion de souveraineté, il pourrait bien quitter l’école et vous n’auriez plus de boulot en tant que professeur !

Je travaillais autrefois dans les télécoms [NdT : Martin Geddes est un professionnel mondialement reconnu des télécoms. Il occupa notamment le poste de directeur du département « Innovation et design » chez British Telecom] et je n’arrivais pas à comprendre pourquoi ceux qui poussaient la 5G ne semblaient pas du tout intéressés par des innovations radicales susceptibles d’améliorer la fiabilité et l’efficacité des systèmes. Au même moment, les régulateurs étaient captivés par des notions purement verbales comme la « neutralité du réseau » ne pouvant pas être objectivement mesurées ou garanties de façon satisfaisante. Maintenant, je comprends la méta-arnaque : il ne s’agit pas d’une industrie des télécommunications dont l’objet serait les systèmes de communication à haut-débit mais de la fonction support d’une industrie du télécontrôle : armes électromagnétiques, surveillance de masse, des « smart cities » sous la forme de goulags à ciel ouvert, l’internet des « corps contrôlés » et la surveillance généralisée via une « autonomie » orwelliennne.

Il ne s’agit pas là des seuls exemples: la religion organisée usurpe la spiritualité pour en faire une méta-escroquerie [NdT : nous sommes en désaccord complet avec Martin Geddes sur ce point, notamment en ce qui concerne la Sainte Église catholique. La véritable méta-escroquerie est la défense d’une « spiritualité » moderne relativiste, subjective et dépourvue de structure, de doctrine et de dogmes.] Les ONG piratent l’action caritative et répandent la corruption ; les services sociaux détruisent les familles et confient les enfants à des pervers ; le féminisme prive les femmes de la possibilité de fonder une famille pour en faire des esclaves imposables ; pour les jeunes hommes, la compétition sportive vient remplacer l’acquisition de véritables compétences guerrières. Chaque inversion corrompue de la culture naturelle semble tellement aller de soi que remettre en cause ses postulats vous condamne à l’exclusion sociale.

Les systèmes furtifs de mise en esclavage fonctionnent mieux que ceux qui reposent sur des barreaux et des chaînes visibles. La méta-arnaque est le mécanisme par lequel ces systèmes sont mis en place et progressivement déployés. Les méta-arnaques réussissent parce qu’elles sont conçues pour être difficiles à détecter, fonctionnent à grande échelle et sont remarquablement durables : chacune d’entre elles est une « nouvelle norme » qui exclut l’idée qu’un système rival puisse être légitime. Par nature, elles conduisent à des sociétés totalitaires, qu’elles soient communistes, fascistes ou transhumanistes.

La destruction simultanée de toutes ces méta-arnaques interconnectées est à la fois inimaginable pour la plupart des gens et le plus grand changement susceptible d’affecter une société humaine, à moins d’aller s’installer sur une autre planète ou dans une autre dimension. Le Grand Réveil consiste en une transformation de notre société afin de permettre la révélation de ces arnaques au plus grand nombre, ce qui passe par un processus empirique. Pour dépasser et transcender ces systèmes et ses institutions de méta-arnaque, nous devons passer par leur révélation et leur effondrement.

L’élimination de la méta-arnaque est un processus paradoxal dans le sens où il suppose de faire « bouillir la grenouille trop vite ». Par exemple, le lent processus de transformation du marxisme « rouge » en environnementalisme « vert » se trouve perturbé par l’augmentation brutale du prix de l’énergie et les pénuries, ce qui pousse en retour la population à remettre en causes les explications officielles. Le déclin et la chute de l’empire des méta-escrocs ressemble peut être à la fin de la société telle que nous la connaissons mais c’est en réalité le début de la véritable civilisation.

Note du Traducteur :

1) Les « Lumières » et leur corollaire, le « Progrès » furent une immense méta-arnaque philosophique et spirituelle dont l’Occident subit encore les conséquences désastreuses. En tant que traduction politique  de cette idéologie, la Révolution Française fut également une gigantesque arnaque, la première « révolution de couleur » de l’Histoire, un coup d’état mené avec autant de cynisme que d’habileté par les ennemis de la France, de l’Église et de la monarchie. Comme l’écrivait Talleyrand : « Bien agiter le peuple avant de s’en servir… »

2) Totalement inconnu en France, Martin Geddes, auteur de plusieurs livres, de dizaines d’essais et d’un travail colossal de réinformation sur les réseaux sociaux, est un des acteurs majeurs du Grand Réveil et l’un de ses plus grands intellectuels. C’est pour moi un honneur et une fierté d’avoir introduit son travail en France et de proposer des traductions de ses textes sur mon site. Tous les écrits de Martin Geddes, libres de droits et en accès libre, peuvent être consultés ici.

Pour aller plus loin:

Des bonnes questions

Des blessures des guerres de l’information

Dépasser Babylone

Du coup d’état numérique

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